Nouveau ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles

James Moore connaît peu le Québec

« Je fais de mon mieux chaque jour pour comprendre les besoins des artistes du... (Archives, La Presse)

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Archives, La Presse

NATHÄLLE MORISSETTE
La Presse

« Je fais de mon mieux chaque jour pour comprendre les besoins des artistes du Québec. Mais comprenez-moi, je suis un anglo de Colombie-Britannique. Je ne suis pas un expert. »

Voilà la réponse franche et directe de James Moore à la délicate question « Connaissez-vous bien la culture québécoise ? » Le ministre, on le comprend rapidement, ne s'est pas précipité au cinéma pour voir des films comme Babine, Un été sans point ni coup sûr ou encore C'est pas moi je le jure, des longs métrages québécois parus récemment.

Dans son vaste et lumineux bureau de la colline parlementaire, assis confortablement dans un fauteuil installé près d'un immense drapeau canadien et d'une grande bibliothèque, le ministre prend le temps d'expliquer calmement, dans la langue de Molière, son point de vue par rapport aux décisions impopulaires prises par les troupes conservatrices dans le domaine des arts.

S'il se dit conscient du mécontentement qui règne au Québec à la suite des compressions de 45 millions que les conservateurs ont effectuées en culture, M. Moore, âgé d'à peine 32 ans, lance un message clair les programmes abolis étaient inefficaces.

« Ces programmes qui existaient dans le passé, je ne vais pas les remettre en place tels quels, dit-il tout en prenant fièrement une gorgée de son Venti Mocha grand format, acheté au Starbucks du coin. C'est clair que ce n'était pas efficace, ce n'était pas dans l'intérêt des artistes. »

Et va-t-il renouveler le Fonds canadien de télévision (FCT) qui viendra à échéance le 31 mars 2009, dans lequel le gouvernement fédéral verse environ 120 millions ? Le ministre, également député de la circonscription de Port MoodyWestwoodPort Coquitlam en Colombie-Britannique, assure qu'il « n'a pas l'intention d'éliminer le FCT ».

La patience est de mise

Compressions obligent, les représentants du milieu culturel québécois souhaitent ardemment rencontrer le grand patron de Patrimoine Canada. Au lendemain de la prestation de serment du ministre Moore, l'Union des artistes (UDA), l'Institut national de l'image et du son (INIS), le Conseil québécois du théâtre et bien d'autres organismes ont manifesté le désir de s'asseoir avec lui pour discuter de leurs besoins et de leurs inquiétudes.

« Pour ceux et celles qui ont des préoccupations par rapport à ce qui est arrivé dans le passé, dit-il tout en croisant les mains devant lui, ce que je veux c'est travailler avec eux pour trouver les meilleures solutions pour notre communauté artistique et culturelle. »

Impossible toutefois de savoir si les principaux intéressés pourront discuter avec M. Moore au début de l'année 2009.

« Je vais le faire aussitôt que possible. C'est tout ce que je peux vous dire pour le moment. » Par ailleurs, son manque de connaissances de la culture québécoise ne l'empêchera pas d'être à l'écoute du milieu des arts de la Belle Province, assure l'homme à la carrure imposante.

« Je ne veux pas donner l'impression à la communauté culturelle et artistique du Québec que je pense que j'ai toutes les réponses à leurs besoins, souligne-t-il. Je veux travailler avec eux, pas imposer mes idées. »

Et quelques secondes avant l'ultime poignée de main qui sonne la fin de l'entrevue, James Moore lance un ultime message « J'ai de grandes ambitions pour construire des ponts avec les organismes qui ont des vrais besoins et qui veulent enrichir notre pays culturellement. »

Le message est lancé.

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