Quarante années au Droit

L'avenir de ceux qui luttent

ÉDITORIAL / L'avenir est à ceux qui luttent. Il est rare que... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

Agrandir

Etienne Ranger, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

ÉDITORIAL / L'avenir est à ceux qui luttent. Il est rare que la devise d'une institution soit aussi inspirante.

Celle du quotidien LeDroit illustre bien la vision de ceux qui l'ont fondé et l'engagement de ceux et celles qui la perpétuent. «Leur premier devoir était de publier un journal quotidien afin de mieux renseigner notre peuple», soulignait-on en une de notre première édition du 27 mars 1913.

À titre d'éditorialiste, je m'y suis référé à certaines reprises pour appuyer un argument, dénoncer une injustice et ouvrir sur une réflexion d'avenir. Cette devise demeure d'actualité. Au cours de ces 40 dernières années, notre journal est resté fidèle à ses racines, surtout lorsqu'il s'est vu replongé à ses origines pour porter le flambeau de la résistance au rapetissement. Nous avons accompagné la francophonie ontarienne et l'Outaouais québécois avec la conviction d'y jouer un rôle de bâtisseur.

L'année 2014 marque donc pour moi un passage. Je garde de ces années d'information et d'opinion des souvenirs impérissables qui m'ont enrichi et m'ont fait grandir. À titre d'éditorialiste au Droit, je me suis toujours fait un point d'honneur d'adopter une approche équilibrée et respectueuse des événements sur lesquels un journal se prononce, des personnes qui s'impliquent dans leur communauté ou au service des autres, et des acteurs dont nous jugeons les faits et gestes.

Quand on prend position, que l'on condamne ou que l'on appuie, il est dans l'ordre des choses de se mouiller, de se compromettre. Il est aussi du devoir de l'éditorialiste de faire la part des choses et d'amener le lecteur à mieux comprendre l'actualité, les événements, les personnes. La prise de position en est le résultat, non pas une fin en soi. Le but de l'éditorialiste n'est pas de mettre tout le monde d'accord mais d'accompagner le lecteur à se faire une opinion sans l'imposer. L'éditorialiste fait partie de la grande chaîne de l'information. Je me suis toujours considéré journaliste avant d'être éditorialiste ou chroniqueur.

Je n'ai pas compté le nombre d'éditoriaux que j'ai écrits. Certains étaient inspirés. D'autres beaucoup moins. Je me suis sans doute contredit. J'ai cependant gardé à l'esprit les lignes directrices et les valeurs qui ont guidé LeDroit tout au long de son histoire et qui demeurent toujours pertinentes, et en particulier la défense et la promotion de la langue et de la culture française, de ses acteurs, de ses communautés et de ses institutions. Je demeure convaincu que les grandes avancées de la francophonie ontarienne et canadienne n'auraient pas été possibles sans l'engagement et la détermination de notre quotidien ainsi que de tous ses artisans. J'en ai fait partie et j'en suis fier.

En ces temps où l'avenir des journaux est remis en question, il est important de ne jamais perdre de vue le rôle de l'information et de l'opinion dans notre société. La forme évolue. Les modes changent. Les supports se diversifient. Le fond, la substance et les gens demeurent. Je suis arrivé au métier quelques années alors que notre journal regroupait près de 425 employés sur la rue Rideau, à Ottawa. J'ai vécu le passage à l'informatique et la transformation provoquée par les nouvelles technologies de l'information.

Ces dernières transforment notre façon de faire de l'information et notre modèle d'affaire. Tous ces changements profonds ébranlent nos certitudes et nous obligent à nous remettre en question. Nous l'avons déjà fait en 1989.

Au-delà de ces transformations, je demeure convaincu qu'il restera toujours chez nous de la place pour une information régionale de qualité, engagée, respectueuse des personnes, de la société et des institutions, qui provoque sans blesser, qui informe sans déformer, qui éveille les consciences sans les abrutir. Au quotidien LeDroit qui m'a accueilli, à ceux et celles qui l'animent, à tous nos lecteurs et lectrices, à mes collègues de l'information et de l'opinion tout au long de ce passage, je dis: Merci!

L'avenir est à ceux qui luttent.

-30-

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer