L'Outaouais, toujours sous le radar de Québec

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Rarement un acronyme n'aura été si mal adapté à la réalité qu'il décrit. L'ESSOR, c'est l'Enquête sociale et de santé outaouaise régionale. Elle a été menée en 2013 auprès de 2644 répondants de 18 ans et plus répartis dans les cinq Centres de santé et de services sociaux (CSSS) de la région.

Sans être catastrophique, cette enquête dresse un bilan à la fois mitigé et réaliste de l'état de santé de la région avec des différences notables entre les CSSS en fonction de l'éducation, de l'emploi et des revenus. Grosso modo, nous sommes aussi obèses, fumeurs et «buveurs», sédentaires et stressés qu'avant. Ce n'est guère reluisant mais c'est stable. On fume moins. Bravo!

On pourrait se consoler en se comparant, mais cette enquête nous offre peu ou pas de comparaisons avec les autres régions du Québec ou du Canada.

En effet, il semble difficile de mesurer les mêmes facteurs et les mêmes perceptions au même moment sur l'ensemble d'une région, d'une province ou du pays. Par exemple, le taux de tabagisme en 2012 était de 16% au Canada alors que 24,4% des répondants à l'ESSOR disent fumer de façon régulière ou occasionnelle, en baisse par rapport à 2005 alors que le taux était de 29,9%.

D'autre part, cette enquête révèle que la proportion de personnes en surplus de poids est de 59% en Outaouais, en hausse par rapport à 2005, et que 20,9% peuvent être considérés comme obèses.

Une autre donnée fort inquiétante de cette enquête est l'augmentation du pourcentage de répondants qui se disent limités dans la participation à des activités.

De 2005 à 2013, cette proportion est passée de 13% à 18%. Cela signifie donc qu'une personne sur cinq éprouve encore plus de difficulté à se livrer à ses activités à la maison, à l'école ou au travail.

Or, parmi les stratégies pour lutter contre l'obésité, l'Agence de santé publique du Canada note l'importance des services de santé et des interventions cliniques ciblant les individus, sans oublier les interventions communautaires et les politiques publiques.

C'est donc dire que le bilan de l'ESSOR doit être évalué en fonction des moyens à la disposition de l'Outaouais pour lutter, informer, éduquer et soigner. À quoi sert-il de dresser un bilan si l'Outaouais n'a ni les outils ni le personnel nécessaire pour infléchir des tendances qui ne font qu'aggraver le retard et les carences de son système de santé?

Lors de sa visite récente en Outaouais, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a tenu des propos énigmatiques sur la réalisation du projet de faculté satellite de médecine dans la région en affirmant qu'une décision sera prise avant la fin du mandat des libéraux en 2018.

Les propos du ministre sont à la fois étranges et fort inquiétants.

Et, pas plus tard qu'hier, le premier ministre Couillard en a rajouté une couche à nos collègues de la radio du 104,7 FM en affirmant que «le problème est très simple» (sic): «La structure d'enseignement de la faculté de médecine de l'Université McGill rend beaucoup plus difficile le transfert complet du cours comme cela a été le cas pour l'Université de Montréal et l'Université de Sherbrooke.»

Ce n'est pas d'hier que l'Outaouais est tenu pour acquis et passe sous le radar de Québec, comme nous le révélait cette semaine le bilan de l'actualité d'Influence Communication. Et que la population se fasse rouler dans la farine, comme l'indiquent les propos du premier ministre Couillard et du ministre Barrette sur la faculté satellite de médecine de McGill, ne fait que rendre encore plus grave le bilan de santé de l'Agence de la santé publique de l'Outaouais.

Nous exigeons d'avoir l'heure juste sur cette question. La patience de l'Outaouais a ses limites.

Partager

À lire aussi

  • La faculté satellite au-dessus de l'urgence

    Santé

    La faculté satellite au-dessus de l'urgence

    Les éléments commencent à se préciser dans le dossier de la future faculté satellite de médecine familiale de l'Université McGill à Gatineau, mais... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer