Enfin, les «super-infirmières»

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En annonçant un investissement de 117 millions $ pour créer 500 postes d'infirmières praticiennes spécialisées (IPS) en soins de première ligne d'ici 2019, le gouvernement québécois prend une excellente décision, bien qu'elle soit limitée et tardive. En effet, d'autres provinces ont une longueur d'avance sur le Québec. Le mieux étant l'ennemi du bien, il faut accueillir avec satisfaction la décision annoncée par le ministre de la Santé, Yves Bolduc, et saluée par la Fédération des médecins omnipraticiens et l'Ordre des infirmières.

Les nouvelles infirmières en soins de première ligne s'ajouteront à celles qui se spécialisent en cardiologie, néonatalogie et en néphrologie. Elles épauleront les omnipraticiens en assumant des tâches qui étaient autrefois réservées aux médecins, comme la prescription de médicaments et d'examens diagnostiques, certains traitements médicaux et différentes techniques invasives, comme des sutures de plaies ou des drainages d'abcès. Elles pourront assurer le suivi de grossesse jusqu'à 32 semaines ainsi que le suivi de l'état de santé de patients ayant des problèmes de santé courants ou des maladies chroniques diagnostiquées. Enfin, elles se livreront à des activités de promotion, de prévention et d'éducation à la santé.

À chaque fois qu'une telle annonce est faite, on a tendance à croire que la mesure annoncée ou les budgets alloués vont régler instantanément et comme par enchantement les problèmes du réseau de santé. Il n'en est rien. Il faut du temps, de la vision et beaucoup de patience en espérant que les ressources seront au rendez-vous et que les blocages naturels ou professionnels ne se manifesteront pas comme à chaque fois qu'on essaie de faire des incursions dans les chasses gardées des ordres professionnels. Il semble bien que, dans le cas des IPS, ces réserves et ces défenses naturelles aient été levées. Et c'est tant mieux !

L'arrivée éventuelle des «super-infirmières», moyennant que les ressources soient toutes au rendez-vous pour leur formation et leur intégration, n'est pas une panacée. Elle améliore l'accessibilité et permet aux omnipraticiens de prendre plus de patients à leur charge. Elles s'ajoutent à d'autres mesures comme les ordonnances collectives qui autorisent les pharmaciens, depuis 2002, à faire le suivi en étroite collaboration avec un médecin de la médication de patients souffrant de maladies chroniques comme les cardiaques et les diabétiques.

On conviendra qu'il faut encore ouvrir les vannes de la formation et des budgets pour qu'éventuellement on voie apparaître dans le réseau des « super-infirmières » dans des domaines comme la gérontologie et la santé mentale. Encore faut-il que les composantes d'un réseau déjà au bord de la rupture soient capables d'en piloter la formation. Dans le réseau de santé, rares sont les décisions qui donnent des résultats instantanés.

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