S'exprimer, s'engager

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En 1969, quand des mouvements franco-ontariens - dont l'ancienne Association canadienne-française de l'Ontario (ACFO) - ont réclamé la francisation totale de l'Université d'Ottawa, l'affaire a fait du bruit pendant quelques semaines avant d'être doucement remisée sur les tablettes d'une mémoire collective trop souvent défaillante. Ces jours-ci, le projet de création d'une université de langue française en Ontario revient de nouveau à l'avant-scène, et il importe, cette fois, de ne pas le laisser sombrer dans l'oubli !

Voilà pourquoi il faut souhaiter le succès de la vaste entreprise de consultation, opportunément intitulée États généraux sur le post-secondaire en Ontario français, que viennent de lancer le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) avec ses partenaires de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) et de la FESFO (élèves du secondaire franco-ontarien). En effet, l'un des grands mérites de cet effort, au-delà de la consultation elle-même, sera de susciter et d'entretenir pendant au moins une année un débat collectif sur cette question au sein de la communauté et dans les médias.

On ne s'en cachera pas : pour le moment, une collectivité peu informée demeure sans doute largement indifférente à l'existence ou pas d'institutions universitaires franco-ontariennes. Les groupes les plus sensibilisés proviennent, comme il se doit, des milieux scolaires, institutionnels et associatifs. Mais la mobilisation de centaines, voire de milliers d'étudiants, de professeurs et de militants franco-ontariens ne suffira pas pour vaincre les obstacles administratifs et politiques qui se dresseront devant eux. Il faudra, à un certain moment, le soutien d'un public plus vaste et cela n'est jamais facile. On n'a pas des dossiers comme Montfort à tous les jours...

Il faut cependant commencer quelque part et l'initiative de lancer des « États généraux » arrive à point. Les consultations régionales à l'automne 2013, prévues pour Timmins, Sudbury, Toronto, Windsor et Ottawa, permettront de dresser un portrait réaliste de la situation qu'ont dû et que doivent toujours affronter les étudiants francophones désireux de poursuivre des études universitaires en français dans les différentes régions de l'Ontario. À partir du vécu des témoins qui, espérons-le, viendront se faire entendre en grand nombre, il sera relativement facile de dresser une liste de doléances, et d'objectifs à atteindre.

La tenue d'un sommet en février 2014 permettra, affirment les organisateurs des États généraux, de préparer « les grandes lignes d'un plan d'action communautaire pour le post-secondaire en Ontario français pour la prochaine décennie ». Une mise en garde ici : s'il y a, certes, mérite à planifier à plus long terme, l'établissement d'une université de langue française en Ontario nécessite des décisions et des engagements gouvernementaux à très court terme, voire immédiats. Et il faut battre le fer pendant qu'il est chaud !

Même en conjuguant tous les moyens d'action, y compris les médias sociaux qu'il ne faudrait surtout pas négliger, le degré de mobilisation requis pour ébranler les pouvoirs sera difficile à maintenir. Les porte-étendards étudiants actuels auront terminé leurs études dans quelques années et passeront à autre chose. Les dirigeants d'associations franco-ontariennes changent, d'année en année. La relève sera-t-elle à la hauteur devant l'immobilisme des structures gouvernementales et les hésitations des institutions universitaires « bilingues » ? Peut-être bien que oui, mais il y a là un motif de miser davantage sur le court terme.

Pour le moment, la parole est offerte à ceux et à celles qui voudront bien la prendre. L'enjeu - une éventuelle gestion des programmes universitaires de langue française par les francophones eux-mêmes - est de taille pour les Franco-Ontariens. C'est l'occasion ou jamais de s'exprimer et de s'engager. Et ainsi, d'écrire une page d'histoire.

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