Ma journée empoisonnée

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Je m'en doutais un peu. Mais je ne savais pas à quel point je m'empoisonne moi-même sans le savoir. C'est en lisant le rapport récent du Environmental Working Group que j'en ai pris vraiment conscience. Le rapport (Not so sexy : the health risks of secret chemicals in fragrance) a identifié et comparé les produits chimiques qui ne font pas partie de la liste déclarée des ingrédients mais qui sont quand même détectés dans les cosmétiques, autant masculins que féminins, que nous appliquons sur notre peau quotidiennement. En moyenne, 14 ingrédients chimiques secrets non listés sur les étiquettes font partie de ces cosmétiques. Le pire cosmétique est le Seventy Seven de American Eagle avec 24 produits cachés de fragrance, suivi par le Coco Chanel avec 18, puis le Curious de Britney Spears avec 17, etc. Ma curiosité piquée au vif, je me suis mis à examiner les produits chimiques qui touchaient à ma peau et qui doivent entrer en moi régulièrement à très petites doses. C'est ahurissant comme situation !

 

Crème à rasage

J'ai donc commencé par le commencement. Comme la plupart d'entre vous, ma journée s'amorce dans la salle de bain. Je me rase d'abord. Ma crème à rasage contient, entre autres choses, de l'acide palmitique, de la tréthanolamine, de l'acide stéarique, de l'isopentane, de l'oléate de glycéryl, des extraits de feuilles d'aloès sans que je connaisse les produits impliqués, du PTFE, du PEG-90M, du PEG-23M, de l'hydroxyéthyl de cellulose, du sorbitol, du propylène glycol, de la fragrance/parfum, de l'isobutane et du bleue 1. Ma crème après-rasage contient un peu moins de produits mais je ne sais toujours pas ce que renferme la cire émulsifiante et l'huile de fragrance Drakkar noir qui forment la base de cette concoction. Je passe ensuite dans la douche.

Mon shampooing contient du lauryl sulfate d'ammonium, de la cocamide

DEA, du cocamidopropyl de betaine, du propylparaben, du méthylparaben, de l'imidazolidinyl urique, de l'acide citrique et du parfum. Mon gel de douche est fabriqué avec du stéaryl d'alcool, du cyclopentasiloxane, de l'alcool cétylique, du stéaramidopropyl de diméthylamine, de l'acide glutamique, du panthénol,

de l'éther éthyl panthényl, du diméthicone, de l'alcool benzylique, de la fragrance/parfum, de l'EDTA, du méthylchloroisothiazolinone et du méthylisothazolinone.

Après la douche, le désodorisant que j'applique me fournit du cyclopentasiloxane, du propylène glycol, du diméthicone, du trisiloxane, du PEG/PPG-18/18 diméthicone et de la fragrance/parfum. Donc, après seulement une demi-heure d'activité au début de la journée, la peau de mon corps a déjà absorbé au moins 40 produits chimiques en très petites doses. Je n'ai pas encore mis mes vêtements qui ont été lavés et asséchés avec des produits qui contiennent également des fragrances et parfums.

À ma grande surprise, ces derniers font partie de tous les cosmétiques et autres produits que je viens de vous énoncer. Ils forment en réalité un amalgame de 3100 produits chimiques qui constituent la base des formulations secrètes de nos parfums de toutes sortes. Ce sont eux qui donnent l'odeur particulière d'une marque par rapport à l'autre.

Un trou béant dans la loi canadienne sur la santé permet aux compagnies de les cacher sous l'appellation « fragrance « ou « parfum «. Certains, comme le galaxolide et le tonalide, se retrouvent dans le sang ombilical des femmes enceintes, lesquels peuvent interférer avec le système endocrinien de la mère et du bébé. Beaucoup de parfums contiennent du phtalate de diéthyle, une substance qui nuit au développement normal des organes génitaux mâles et qui cause des anomalies au sperme. Par conséquent, ne pas identifier de tels produits dans la liste des ingrédients n'aide personne. Qui sait, ce n'est peut-être pas 40 produits chimiques qui entrent en moi après le réveil matinal mais bien une centaine ! Pas moyen de le savoir. Et je ne suis même pas sorti de chez moi. Je n'ai pas encore affronté le smog de la circulation, l'air recyclé des édifices, les produits de conservation dans ma nourriture.

Il ne faut donc pas se surprendre si le taux de cancer de toutes sortes ne cesse d'augmenter dans notre société et que celui-ci constitue dorénavant la première cause de mortalité des Canadiens. Nous sommes vraiment en contact avec des centaines de produits chimiques à tous les jours de notre vie. Si, comme moi, vous décidez d'être plus prudents avec les cosmétiques et d'utiliser des produits plus sécuritaires, il faut consulter plus souvent le site Internet www.safecosmetics.org.

 

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