La consommation d'eau virtuelle, une réalité stupéfiante

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Le concept d'eau virtuelle ressemble un peu à celui d'empreinte écologique: c'est quelque chose que nous ne voyons pas, mais qui existe bel et bien.

L'eau virtuelle est l'eau qui sert à fabriquer tous les produits de consommation.

Vous pouvez calculer votre empreinte personnelle sur l'eau sur le site waterfootprint.org. Si notre société veut réduire un jour son empreinte écologique, il faudra nécessairement abaisser cette consommation indirecte d'eau. 

Consommation personnelle

Quand on calcule sa consommation personnelle d'eau virtuelle, on reste tout simplement estomaqué par l'ampleur du volume d'eau qu'on utilise sans le savoir.

En plus des 400 litres d'eau que chaque Canadien utilise quotidiennement pour ses besoins domestiques, les chiffres touchant l'eau cachée dans sa consommation sont faramineux: ce sont plus de deux millions de litres d'eau virtuelle par année qui sont ainsi utilisés pour assurer notre confort individuel ou 5500 litres par jour. Nous sommes les deuxièmes plus grands utilisateurs de cette eau dans le monde, tout juste après les États-Unis.

Ainsi, ce sont quatre litres d'eau qui sont utilisés pour extraire un litre de pétrole albertain des sables bitumineux, 10 litres d'eau sont requis pour nous donner une feuille de papier ordinaire; 30 litres pour une tasse de thé, 40 litres pour une tranche de pain, 70 litres pour une pomme, 75 litres pour un verre de bière, 140 litres pour un café, 200 litres pour un verre de lait.

Certains produits de consommation cachent encore plus d'eau virtuelle: un kilogramme de café torréfié nécessite 21000 litres, un kilo de boeuf 15500 litres, un kilo de fromage 5000 litres, un kilo de poulet 4000 litres et un combo hamburger-frites 2400 litres.

Tous ces chiffres, facilement disponibles sur Internet, permettent de faire de meilleurs choix de consommation, non pas dans le but de se priver de quelque chose que l'on aime, mais bien dans celui de remplacer certains produits à fort impact sur l'eau par d'autres qui en ont un plus faible.

Un grand exportateur

Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce concept d'eau virtuelle peut conduire l'humanité à une meilleure conservation de l'eau réelle et ainsi mieux protéger les lieux pauvres en eau.

Pour les pays riches en eau comme le Canada, il est approprié de produire des biens et services qui demandent beaucoup d'eau et de les vendre aux pays qui souffrent d'une pénurie d'eau.

Ceci permet au Canada d'attirer des entreprises qui ont besoin de beaucoup d'eau pour manufacturer leurs produits, ce qui est bon pour l'emploi et l'économie de notre pays.

Le Canada est déjà un grand pays exportateur net de cette ressource virtuelle. Ses biens manufacturés vendus partout dans le monde contiennent environ 275 milliards de mètres cubes d'eau virtuelle, ce qui fait que chaque Canadien donne plus de 8 millions de litres d'eau par année aux autres citoyens de la planète qui achètent nos biens, ou 22000 litres par citoyen sur une base quotidienne.

À l'opposé, vous l'avez bien compris, ceci permet aux pays qui manquent d'eau d'acheter des produits de consommation dont la fabrication exige beaucoup d'eau et de garder leur précieuse eau pour leurs besoins domestiques.

Pensons au Sri Lanka, au Japon, aux Pays-Bas et à la Chine qui sont d'importants importateurs nets de ce type d'eau.

Ces pays ont compris qu'il n'est pas écologiquement et économiquement rentable d'utiliser d'immenses ressources financières pour aller chercher de l'eau presque inaccessible dans le sol pour fabriquer certains produits, alors qu'ils peuvent le faire autrement.

Conflits à prévoir

L'eau virtuelle qui voyage ainsi de par le monde va éventuellement devenir source de conflits commerciaux.

Par exemple, plusieurs états américains sont déjà en grave pénurie d'eau et les États-Unis continuent d'exporter quelque 800 milliards de mètres cubes d'eau virtuelle sous forme de biens manufacturés.

L'Australie et la Chine font de même alors que ces pays s'assèchent systématiquement.

Lorsque toute leur eau réelle aura été transformée en eau virtuelle dans les produits manufacturés, que vont boire leurs citoyens?

Et que fera le Canada quand ces puissants alliés demanderont de l'aide?

 

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