Obama, l'incarnation de la diversité culturelle

Rencontré dans une mosquée de Philadelphie, Hoch Berg... (Patrick Duquette, LeDroit)

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Rencontré dans une mosquée de Philadelphie, Hoch Berg pense que le nouveau président sera à la hauteur des attentes immenses placées en lui.

Patrick Duquette, LeDroit

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Dieu est partout, mais si vous voulez mon avis, il habite sûrement Philadelphie.

Philadelphie, où nous avons abouti dans une mosquée, hier, après avoir voulu assister à une messe gospel chantée par des Noirs.

J'avais dit à mon collègue de la radio, Philippe Boucher : « On va à une messe gospel, il y aura plein de Noirs, on les interroge sur Obama et ça nous donnera un reportage terrible pour lundi matin. »

Sauf que l'église gospel trouvée sur Internet était presque vide. Par contre, il y avait cette mosquée juste à côté.

Une mosquée un peu incongrue dans ce quartier du nord de Philadelphie peuplé de manoirs cossus en pierre de taille, entourés de murs monumentaux.

Une mosquée fréquentée non pas par des Arabes, mais, d'après ce qu'on a pu en juger, par les riches habitants blancs du quartier.

Des gens comme Hoch Berg, 67 ans, converti à l'Islam depuis 35 ans. Il est psychologue dans un pénitencier du New Jersey.

Un homme chétif, doté d'une voix envoûtante de gourou, qui ferme imperceptiblement les yeux en écoutant nos questions.

Il fait partie de la communauté sufi, des musulmans ouverts aux autres confessions religieuses. D'ailleurs, les baptistes, les presbytériens et les Juifs du quartier sont bienvenus à la prière quotidienne.

Trois fois par jour, Hoch Berg lance l'appel à la prière. Pas trop fort, dit-il. Faut quand même pas déranger la quiétude du voisinage.

La communauté sufi momifie ses morts. Ils ont même un permis municipal pour les enrouler de bandelettes.

« Nous les momifions la journée même de leur décès, a-t-il affirmé. Nous lavons leur corps à notre propre maison funéraire. Et nous avons aussi notre propre cimetière. »

Hoch Berg a voté pour Obama. Il le compare à Kennedy. Obama, dit-il, suscite de grands espoirs à une époque de grande morosité.

Il pense que le nouveau président sera à la hauteur des attentes immenses placées en lui. « Il a démontré qu'il est là pour les gens. Durant la campagne électorale, il est venu livrer un discours à Philadelphie. Il n'y avait presque personne en raison de la neige et du froid. Pourtant, Obama a parlé à des pauvres avec toute la fougue et l'éloquence dont il est capable, comme s'il s'adressait à 20 000 personnes. Alors que Bush misait sur la division, Obama veut réunifier le pays et les gens. Il incarne aussi la diversité culturelle du pays.

« La première chose que je ferais si j'étais à sa place, ce serait de donner du boulot aux gens. On a plus d'un million de personnes en prison aux États-Unis, la plupart noirs ou hispaniques. Il faut leur donner un coussin social pour qu'ils aient une chance de s'en sortir, sinon ils vont gaspiller leur vie en prison. »

Après notre visite, nous sommes descendus au centre-ville par la rue Lancaster. On a traversé les quartiers noirs de Philadelphie.

Des immeubles abandonnés, défigurés. Des graffitis. Des commerces fermés. Des attroupements au coin des rues. Une pauvreté inimaginable à Gatineau où un immeuble abandonné, un seul, suffit à faire la manchette (pensez aux condos inachevés de la rue de l'Aviron ou à l'hôtel Chez Henri).

Ici aussi, des églises. Et des gens, des Noirs, qui marchent dans la rue pour s'y rendre.

Le centre historique de Philadelphie est magnifique. Avec, comme attrait central, le Independance Hall, un bâtiment de briques rouges où a été signée la déclaration d'indépendance des États-Unis.

Au centre d'interprétation, des Noirs se faisaient photographier avec une reproduction grandeur nature de Barack Obama.

Il y avait Beatrice Laurence et son fils Devonte de Miami. Comme notre groupe, ils vont assister demain à l'assermentation d'Obama à Washington.

« J'ai voté pour Obama dans l'espérance d'un changement, d'un changement qu'on espère pour le meilleur », dit-elle.

Le fait qu'Obama soit noir n'a pas joué un rôle déterminant dans son choix. « Au-delà de la couleur, nous avons besoin d'un président capable d'incarner le changement. Oui, il y a encore du racisme aux États-Unis, je ne serai certainement pas en désaccord avec cela. Mais Obama me semble surtout une personne honnête, préoccupé par le sort de chacun de nous. Et c'est cela qui peut faire une vraie différence. »

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