Une laiterie vachement innovante

«La qualité est au sommet de nos priorités,... (Patrick Woodbury, Le Droit)

Agrandir

«La qualité est au sommet de nos priorités, et ce, depuis le début», convient Georges Émond, pdg de La Laiterie de l'Outaouais.

Patrick Woodbury, Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Geneviève Turcot

Collaboration spéciale

Le Droit

En l'espace de sept ans seulement, La Laiterie de l'Outaouais, projet né d'un désir collectif de maintenir une laiterie dans la région, s'est hissée parmi les meilleures de l'industrie. Rencontre avec son président et directeur général Georges Émond qui ne jure que par une seule règle : la qualité.

«La qualité est au sommet de nos priorités, et ce, depuis le début», convient Georges Émond. Le lait produit à Gatineau atteint une durée de vie en laboratoire de 35 jours, et de 29 jours sur les tablettes. Des chiffres à rendre jaloux les géants de l'industrie. La microlaiterie réussit à obtenir ces résultats avec une gestion minutieuse des conditions sanitaires, mais aussi parce qu'elle repose sur un modèle d'économie de proximité.

«Nous offrons le lait le plus frais sur le marché», assure le président, qui a développé sa passion pour la gestion de la qualité sur les bancs de l'Institut de technologie agroalimentaire de St-Hyacinthe, où il a étudié en transformation laitière.

«Le lait arrive ici à 15h, il est pasteurisé à 21h et embouteillé le lendemain à 5h, puis à 6h, il prend la route vers les marchands. On peut donc dire qu'un consommateur peut acheter un litre de lait qui, la veille, était encore dans la vache !», lance en riant Georges Émond.

Volume en croissance

Quand en 2006 la laiterie locale Le Château annonce sa fermeture, la nouvelle crée une onde de choc dans la région. Un comité est rapidement créé et bien des manches sont retroussées pour mettre en branle ce projet qu'allait devenir La Laiterie de l'Outaouais.

À titre d'actionnaire principal, Georges Émond savait que la laiterie Le Château laissait derrière elle un volume suffisant pour soutenir cette nouvelle entité. Et depuis l'ouverture de la Laiterie en 2010, le volume a augmenté chaque année.

Acheter local

Reste que la consommation de lait est en déclin. Au Canada, la consommation moyenne de lait annuelle est passée de 89 litres par habitant en 1997 à 69 litres en 2016. Des statistiques qui n'effraient pas trop le principal intéressé, qui y voit là plutôt un argument pour pousser l'innovation.

«C'est difficile de pointer une seule raison pour expliquer la baisse de la consommation du lait. On retrouve maintenant sur le marché d'autres produits, comme le lait d'amande et le lait soya. Puis, il y a le vieillissement de la population. Mais je demeure confiant, le lait c'est un aliment qui est imprégné en nous, qui est à la base de notre alimentation.»

Doubler les chiffres

Le président-directeur général de la Laiterie de l'Outaouais,... (Patrick Woodbury, Le Droit) - image 3.0

Agrandir

Le président-directeur général de la Laiterie de l'Outaouais, Georges Émond

Patrick Woodbury, Le Droit

Si le lait a moins la cote auprès des consommateurs, l'agriculture de proximité et la popularité grandissante de l'achat local a permis à la Laiterie de l'Outaouais de se bâtir une fidèle clientèle.

«Entre 35 et 40% des consommateurs de la région optent pour notre produit», explique Georges Émond, qui cite en exemple les laiteries locales du Lac-Saint-Jean qui réussissent à aller chercher jusqu'à 80% du marché. «Nous pouvons donc nous aussi aspirer à doubler nos chiffres dans une région comme la nôtre.»

C'est d'ailleurs pourquoi les artisans de la Laiterie ont trimé dur pour multiplier les points de vente. En plus des marchés à grande surface, les produits sont maintenant disponibles dans davantage de dépanneurs. La Laiterie lorgne aussi le marché ontarien et son potentiel million de consommateurs.

Place à l'innovation

L'innovation rime avec de nouveaux produits. Aux différents types de lait déjà disponibles, dont le très populaire lait au chocolat, la Laiterie a ajouté un lait sans lactose.  Un yogourt à boire sera également offert prochainement, grâce notamment à une subvention récente du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec.

La Laiterie est aussi en plein processus de certification afin de produire un lait biologique. Ce lait, aussi issu de producteurs locaux, sera pasteurisé en premier afin de ne pas être en contact avec le lait traditionnel. Le lait bio de l'Outaouais pourrait être commercialisé d'ici quelques mois. Déjà, d'importants distributeurs ont démontré un intérêt pour ce nouveau lait. Bien qu'encore marginale (le lait biologique représente 1,19 % de la production laitière totale au Canada), la demande pour le lait biologique est en hausse au pays avec une croissance annuelle de près de 20%.

L'innovation passe aussi par une multitude de détails et de démarches peaufinées par l'équipe de la laiterie pour qui Georges Émond ne tarit pas d'éloges. «Je crois beaucoup dans la nouvelle ère de gestion où les employés sont vus comme des collaborateurs. C'est d'ailleurs la force de la Laiterie.»

Les quelque 30 employés de l'entreprise sont membres de la Coopérative de travailleurs actionnaire de la Laiterie de l'Outaouais, qui possèdent 12% des parts de l'entreprise sociale. Un autre 12% des actions est détenu par la Coopérative des consommateurs de la Laiterie de l'Outaouais, qui regroupe 800 membres.

Les exemples d'innovation sont nombreux. «Ici, les caisses vides sont refroidies dans nos frigos avant que le lait n'y soit déposé, afin de limiter les échanges thermiques et de maintenir la qualité du produit.»

Une laiterie engagée

L'engagement communautaire reste aussi l'un des grands pôles de l'entreprise. Impliquée dans diverses causes sociales, mais aussi éducatives - les étudiants se succèdent dans les bureaux pour colliger des études de cas - la Laiterie souhaite aussi doubler son implication en 2017.

«Les causes sont nombreuses et il y a tellement de choses que nous pouvons faire pour redonner à notre communauté», de conclure Georges Émond.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer