La relève, c'est «entreprendre»

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Claude Savoie

Collaboration spéciale

Le Droit

CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE / On positionne trop souvent le processus de relève dans un contexte négatif. Les fondateurs deviennent des «cédants», on insiste sur l'abandon, la retraite, la sortie, la perte de pouvoir et le retrait. Pas surprenant que les entrepreneurs refusent d'y penser.

S'il est bien accompagné, le processus de relève devient, au contraire, un enrichissement personnel, un nouveau défi, une stratégie entrepreneuriale plutôt qu'une stratégie de sortie.

Les fonctionnaires qui s'occupent de relève et les professionnels techniques situent les aspects humains à l'intérieur d'une logique transactionnelle alors que c'est le contraire. Le transfert de propriété est un aspect d'un processus dont les éléments dominants devraient être le transfert de direction, le transfert de pouvoir et le transfert de savoir. Le transfert de propriété fonctionne toujours, ce sont les autres transferts qui posent problème et qui amènent un taux d'échec alarmant.

Pour les repreneurs

La relève, c'est «entreprendre» pour les repreneurs qui devront apprendre à comprendre et à diriger une entreprise existante avec ses employés, ses clients, sa culture, ses succès antérieurs et ses faiblesses. Pour les repreneurs, c'est aussi développer des capacités de leadership, prendre de plus en plus de pouvoir et assumer des risques. Entreprendre, c'est prendre ce qui existe et le faire évoluer. Le grand défi des repreneurs consiste à devenir des «entrepreneurs», des «visionnaires», à percevoir les demandes émergentes du marché, l'évolution technologique et à être en mesure d'assurer la mutation de tous les réseaux relationnels dans et hors de l'entreprise.

Pour les fondateurs

Pour les fondateurs aussi, le processus de relève c'est «entreprendre». Entreprendre une nouvelle carrière dans et hors de l'entreprise. Le fondateur qui a généralement été un homme orchestre capable de tout faire devra développer de nouvelles habiletés en planification du long terme, trouver les meilleures personnes pour diriger, créer les conditions favorables pour cette nouvelle direction, identifier l'«âme» de l'entreprise qu'il connaît bien puisqu'il en est le créateur, mais qu'il parvient difficilement à décrire.

Le fondateur devra transmettre son rêve initial, sa passion, ses connaissances, sa prudence, ses habiletés et la somme de décennies d'expérience. Il devra entreprendre ces changements en visant de grands objectifs, cesser de travailler «dans» l'entreprise et travailler «sur» l'entreprise avec un horizon sur plusieurs générations. Le fondateur recrée une nouvelle entreprise, mais une entreprise «pérenne» que les repreneurs devront réaliser avec de nouvelles idées, de nouveaux moyens et de nouvelles personnes, mais en gardant la même «âme». Transférer une entreprise,c'est transférer une âme avant de transférer des actions ou des actifs.

Claude Savoie est président de Dixit Coaching, membre du Groupe Relève Québec et Mentor (Diamant) pour le réseau M de la Fondation de l'entrepreneurship.




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