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Des rayons de culture sur les deux rives de l'Outaouais

La Librairie du Soleil... (Etienne Ranger, Le Droit)

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La Librairie du Soleil

Etienne Ranger, Le Droit

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Byline Hugues TheoretPATRICK WOODBURY, LeDroit
Hugues Théorêt

Collaboration spéciale

Le Droit

« Plaise au roi de me donner cent livres. Pour acheter livres et vivres. De livres je me passerais. Mais de vivres je ne saurais.» Cet adage du poète français Clément Marot (1496-1544) pourrait certainement convenir à des Parisiens de la Renaissance en manque de pain, mais pas à Francine Mercier-Chevrier, présidente et fondatrice de la Librairie du Soleil, dont la vie entière repose sur les livres.

Son parcours dans l'univers du livre est fait de plusieurs chapitres dont le premier s'écrit dans son enfance à Notre-Dame-de-la-Salette, en Outaouais. «Nous étions dix enfants à la maison et, dans mon souvenir, nous avons toujours été entourés de livres», confie-t-elle. 

La passion du livre

Ce goût du livre l'a suivi tout au long de son parcours. Dès l'âge de 20 ans, elle occupe un premier emploi à la Librairie Classique à Hull. En 1988, Francine Mercier-Chevrier décide de faire le saut et d'ouvrir sa propre librairie.

«Les débuts ne furent pas faciles, concède-t-elle. La librairie a débuté dans le sous-sol de notre maison à Aylmer qu'on a dû hypothéquer pour financer le démarrage de l'entreprise. Nous avions tout de même 6 000 titres dans nos rayons, le minimum pour être agrégée comme libraire. C'est certain que la collection Que sais-je ? nous a aidé un peu», dit-elle avec un sourire en coin.

Puis, la librairie a occupé ses premiers locaux à l'angle des boulevards Mont-Bleu et de la Cité-des -Jeunes. La Librairie du Soleil a ensuite fait des petits. L'entreprise a ouvert une seconde succursale à Gatineau puis une troisième à Ottawa en 1996 lorsque Francine Mercier-Chevrier a acheté la Librairie Trillium alors en faillite. 

«Nous avons fermé la succursale de Gatineau car c'était un peu trop pour moi. Nous avons continué depuis ce temps avec les succursales de Hull et Ottawa», poursuit-elle. 

En 2002, la succursale d'Ottawa déménage ses pénates dans l'édifice actuel de la rue George dans le Marché By. Pendant ce temps, de l'autre côté de la rivière, la succursale de Hull occupe successivement des locaux de Mont-Bleu, de la Place Fleur de Lys, de la Place Cartier et l'immeuble actuel situé au 55, boulevard Saint-Raymond. 

Des libraires comme employés

Malgré ces déménagements successifs, la Librairie du Soleil a toujours gardé la même recette gagnante. «Il est important d'avoir des employés stables qui ont une passion pour les livres. Pour moi, nos employés sont des libraires et non des vendeurs de livres. Cela fait toute la différence au niveau du service à la clientèle», explique-t-elle. Elle compte sur des employés qui ont entre 10 et 15 ans d'expérience. Pour elle, cela vaut de l'or : «J'ai toujours eu de bonnes relations avec nos employés. La preuve est que j'ai d'anciens employés qui reviennent nous voir comme ce fut le cas lors du dernier Salon du livre de l'Outaouais.»

Mais au-delà du personnel, Francine Mercier-Chevrier croit que le succès de son entreprise repose sur la saine gestion. «Il faut savoir bien gérer ses inventaires et garder un taux de retour le plus bas possible. Le défi est de faire les bons choix de livres en fonction de la demande», précise-t-elle. 

De 7 à 77 ans 

À l'image des albums de Tintin, la Librairie du Soleil s'adresse à une clientèle de 7 à 77 ans. Mais elle diffère d'une succursale à l'autre. La clientèle de Gatineau repose surtout sur de jeunes familles, des étudiants, des amateurs de littérature plus classique, tandis que celle d'Ottawa rejoint davantage des étudiants universitaires, des fonctionnaires fédéraux,  des touristes et des diplomates. 

Aujourd'hui, la Librairie du Soleil compte dans ses deux succursales plus de 60 000 titres, ce qui constitue le plus grand inventaire de toutes les librairies de l'Outaouais. Les ventes de livres représentent 95 % du chiffre d'affaires, le reste étant absorbé par la vente de jeux éducatifs. La fondatrice de la librairie ne pourrait certainement pas accomplir toutes ses tâches sans l'aide de ses employés et de ses nouveaux associés, Jean-Philip Guy, directeur de la succursale d'Ottawa, et copropriétaire de la Librairie du Soleil, et Maude Verret, directrice et actionnaire de la succursale de Gatineau. 

Des défis à relever

Malgré son succès, Francine Mercier-Chevrier ne reste pas assise sur ses lauriers. Elle a encore beaucoup de défis à relever. En 1988, explique-t-elle, il n'y avait pas de magasins à grande surface et de vente de livres dans les pharmacies. Aujourd'hui, la concurrence vient de partout. C'est sans compter les livres numériques et les ventes en ligne qui font particulièrement mal aux librairies indépendantes. La Librairie du Soleil doit aussi composer avec une baisse notoire d'achats de livres du gouvernement fédéral qui s'approvisionne maintenant en ligne ou achète des livres numériques. «Le passage au numérique est une réalité avec laquelle il faut vivre, mais il y aura toujours une clientèle fidèle au livre papier, en particulier pour le livre jeunesse car les enfants ne lisent pas sur des tablettes électroniques», rassure-t-elle. Francine Mercier-Chevrier accorde d'ailleurs beaucoup d'importance à sa clientèle jeunesse à la succursale de Gatineau. «Je vois souvent des grands-parents venir acheter des livres pour leurs petits-enfants. Ils contribuent ainsi à transmettre aux jeunes le goût de la lecture. J'en suis fière car la réussite scolaire et la lecture vont de pair», croit-elle.

En 2018, la librairie soufflera ses 30 bougies. La fondatrice a-t-elle prévu des activités spéciales pour souligner cet anniversaire ? «Nous voulons faire un événement, mais je n'y ai pas encore vraiment songé», répond-t-elle. Pourquoi ne pas écrire un livre sur ses trente années d'expérience en librairie ? Il se vendrait comme des petits pains chauds.




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