L'Université élargit ses horizons

La rectrice de l'Université Saint-Paul, Chantal Beauvais... (Etienne Ranger, Le Droit)

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La rectrice de l'Université Saint-Paul, Chantal Beauvais

Etienne Ranger, Le Droit

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Byline Isabelle BriseboisLe Droit AffairesPATRICK WOODBURY, LeDroit
Marc Gauthier

Collaboration spéciale

Le Droit

Elle est devenue religieuse pour changer le monde. Puis elle a compris qu'elle pouvait faire la même chose dans le monde laïque. Aujourd'hui, elle dirige une des plus grandes institutions du savoir de la capitale fédérale. Chantal Beauvais est rectrice de l'Université Saint-Paul depuis 2009.  Le slogan de l'Université? «Changer la face du monde !»

«J'aime les défis, prendre des risques, j'ai l'esprit entrepreneurial», reconnaît Chantal Beauvais. Dans son cas, le défi était de taille : donner un air de jeunesse à une université créée en 1848 par les Oblats de Marie Immaculée.

Défi relevé.  Depuis son arrivée à la tête de l'institution de la rue Main à Ottawa, la clientèle étudiante a bondi de 50 %, les voyants budgétaires ne sont plus au rouge et un étudiant sur cinq provient de l'étranger. Des publicités sur fond orangé sont apparues un peu partout dans les médias. Et pour la première fois de son histoire, l'Université a lancé une campagne de souscription de plus de 15,7 millions de dollars, avec pour objectif de faire rayonner l'université encore plus loin.

Chantal Beauvais est une redoutable femme d'affaires. Dans sa bouche, des expressions comme «coûts de revient par étudiant, plan d'affaires, compétition internationale» sont courantes. Mais attention, l'Université Saint-Paul conserve néanmoins son ADN catholique et engagé.

«Nous sommes ici pour avoir un impact social. Nous demeurons une école d'humanité», précise la rectrice. 

Un bateau lent à tourner

La première femme laïque à diriger l'Université Saint-Paul a imposé des changements qui ont causé bien des bouleversements à l'interne. «Le changement a été difficile à gérer, c'était le chaos au début, autant parmi le personnel que chez les étudiants. Les réactions ont été viscérales envers mes propositions», admet la dame originaire de Rouyn-Noranda. Mais comme la communication est la chose la plus importante pour elle, son message a fini par être accepté. Et le bateau universitaire est en train de bouger. Des ententes ont été conclues avec une vingtaine d'universités à travers le monde (Australie, France, Irlande, Philippines, entre autres) permettant aux étudiants de compléter leur formation ailleurs. Des ponts ont aussi été bâtis avec La Cité et le Collège Boréal pour ajouter un aspect plus technique à la formation de base de l'Université.

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La rectrice de l'Université Saint-Paul, Chantal Beauvais

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Et pour augmenter sa clientèle francophone, Saint-Paul s'est rapprochée des conseils scolaires francophones d'Ottawa. L'idée est d'élargir la clientèle du premier cycle pour augmenter le financement de l'institution et ultimement, pour ajouter de nouveaux programmes. 

«On gère l'université comme une entreprise sociale. Nos profits, on les réinvestit ici».

Ce mélange de coeur et d'entrepreneuriat lui vient de sa formation. Chantal Beauvais est docteur en philosophie et détient un diplôme d'études supérieures en administration publique de l'ENAP. Elle a également suivi des cours à la prestigieuse Université Harvard, sur le courage et ...la gestion du chaos!

Des budgets difficiles à boucler

Cette ouverture sur le monde, Chantal Beauvais l'exécute dans des conditions financières difficiles. La province réduit ses subventions d'un pour cent par année et les frais de scolarité sont plafonnés. Il faut donc augmenter la clientèle étudiante, jusqu'à 1 500 si possible, pour obtenir un meilleur équilibre financier, prévoit la rectrice. Et comme les études en théologie ou en droit canonique ont de moins en moins la cote, il faut se tourner vers des programmes plus pratiques, plus intégrés au marché du travail, poursuit-elle. Cet automne, par exemple, Saint-Paul a lancé un programme en Innovation sociale afin d'amener les gens à gérer des coopératives, des organismes de charité ou d'économie sociale. Des ateliers seront conçus pour aider l'étudiant à mettre ses connaissances en pratique.

Troisième mandat ?

Chantal Beauvais, qui en est à son deuxième mandat à titre de rectrice, aimerait bien obtenir un renouvellement pour une période de trois ans. «Il y a encore plein de choses à faire», dit-elle.  Peut-être n'a-t-elle pas encore réussi à changer la face du monde, mais l'ancienne religieuse est réellement en train de changer le visage de l'Université Saint-Paul, tout en lui conservant son âme.




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