L'importance d'une vision commune

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Geneviève Turcot

Collaboration spéciale

Le Droit

Les enjeux humains : voilà les grands responsables de la plupart des échecs de transferts d'entreprises. Il faut être capable de mettre ses émotions de côté et de faire front commun avec la relève pour une transaction réussie.

Conseillère senior au Centre de transfert d'entreprise du Québec, Nathalie Desjardins forme et accompagne des entrepreneurs dans le processus de transfert d'entreprise. «Ce que les entrepreneurs doivent comprendre, c'est que c'est impossible de vendre son entreprise seul. Ça prend toute une équipe et ce, que la relève soit familiale ou externe. Souvent dans le cas d'une relève familiale, les enfants vont avoir recours aux services du même comptable que les parents, puisque souvent ce dernier travaille pour l'entreprise depuis plusieurs années et la connaît très bien», explique Nathalie Desjardins. Mais pour éviter une potentielle source de conflits, elle conseille plutôt aux enfants d'engager leur propre comptable.

«C'est difficile pour un entrepreneur de mettre un chiffre sur son entreprise, c'est très subjectif.»

Conflit de générations

Selon la Fondation de l'entrepreneurship, près 38 000 entrepreneurs seront prêts pour la retraite ou à effectuer le transfert de leur entreprise d'ici 2020. Les statistiques de 2016 de l'Indice entrepreneurial québécois démontrent que 42,2 des jeunes québécois (18-34 ans) ont l'intention d'entreprendre. Un chiffre qui a triplé depuis les débuts de l'Indice en 2009.«Ce n'est pas évident lorsqu'on se retrouve avec deux générations à la même table. Souvent, la relève arrive des bancs d'école avec des méthodes de gestion et des connaissances différentes, prévient Nathalie Desjardins. 

Le modèle instauré par les entrepreneurs baby-boomers, à savoir les longues semaines de travail, peut ne pas plaire à une nouvelle génération qui dispose d'outils technologiques qui lui permet de travailler autant sans être aussi présente dans l'entreprise. «Il faut apprendre à trouver un juste milieu et surtout, trouver une vision commune pour l'entreprise le temps que les propriétaires et les releveurs seront ensemble dans l'entreprise.»

Un bon moyen pour établir cette vision commune est d'organiser des conseils de famille. «Des réunions formelles avec un ordre du jour où tout le monde peut partager sa vision pour l'entreprise, pas un simple souper de famille !»

La conseillère n'hésite pas à utiliser des tests psychométriques afin d'identifier les styles de gestion de tout un chacun. «Ces tests permettent d'identifier, par exemple, si le propriétaire est plus intuitif ou la relève plus rationnelle. Identifier son style de gestion permet de mieux se comprendre.»

Il peut aussi être tentant pour la relève de tout chambouler dans l'entreprise. «Il faut d'abord observer comment les choses se passent et graduellement, apporter ses idées. La clef du succès, c'est de tout mettre par écrit, de mettre des échéances pour chaque objectif. Ne rien mettre sur papier est une grave erreur», poursuit Nathalie Desjardins, qui sera en Outaouais le 5 avril prochain pour offrir l'atelier En route vers un transfert d'entreprise gagnant. Cet atelier s'adresse aux propriétaires qui souhaitent commencer à préparer leur relève.

Au Québec, 99,8% des entreprises sont des PME et 51% d'entre elles n'ont pas de plan de relève, selon la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante. Une étude de 2014 de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et de la firme Raymond Chabot Grant Thornton indique d'ailleurs que  5700 à 10 000 PME québécoises pourraient fermer leurs portes faute de relève au cours de la prochaine décennie. 

Sur le terrain, Nathalie Desjardins observe que la relève est là, c'est plutôt les occasions d'affaires qui sont difficiles à cerner. «Les propriétaires ne s'affichent pas. Certains entrepreneurs ne veulent pas parler de relève, car ils ont peur de nuire à leurs clients ou à leurs employés. Mais c'est plutôt le contraire. Un bon plan de relève peut être rassurant autant pour les employés que pour les clients. Sans plan de relève, suffit parfois d'une maladie pour que l'entreprise ferme.»

Pour plus d'informations sur la formation qu'offrira Nathalie Desjardins, visitez le site de la Chambre de commerce de Gatineau, www.ccgatineau.ca.




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