L'importance du réseautage

Lorsqu'elle a décidé de se lancer en affaires en 2012, Véronique Joubert se... (123RF)

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Byline Isabelle BriseboisLe Droit AffairesPATRICK WOODBURY, LeDroit
Isabelle Brisebois

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Le Droit

Lorsqu'elle a décidé de se lancer en affaires en 2012, Véronique Joubert se sentait bien seule. Sans le sou et sans clientèle, la jeune conseillère en régimes d'assurance collective a pris son courage à deux mains et s'est pointée à une activité du Réseau des jeunes femmes d'affaires du Québec. Elle n'avait aucune idée qu'elle venait d'ouvrir une nouvelle porte vers l'une des expériences les plus enrichissantes de sa vie.

Présidente de l'aile jeunesse du Réseau des femmes d'affaires du Québec (RFAQ) depuis 2013, la fondatrice d'Unixia groupe conseils raconte avec passion cette soirée où elle a mis les pieds dans une salle bondée de personnes qui lui étaient inconnues. «Quand tu n'as jamais fait de réseautage, c'est très intimidant, se souvient-elle. Tu dois briser la glace. Mais les femmes sont immédiatement venues vers moi. Je suis repartie avec plusieurs cartes professionnelles de femmes prêtes à m'aider et gonflée à bloc par le dynamisme ambiant.»

Née à Sept-Îles, elle est issue d'une famille d'entrepreneurs. Avec ses deux soeurs, elle a grandi dans la «shop» de ses parents, un centre de mécanique pour véhicules lourds et de distribution de pièces. Laver les planchers, expédier et recevoir la marchandise, conduire un chariot élévateur et faire la comptabilité comptent parmi les nombreuses tâches qu'elle a exécutées au fil des ans. 

Bien qu'elle adorait travailler au sein de l'entreprise familiale, celle qui a aussi la «bosse des maths» a décidé de s'installer à Montréal en 2004 pour faire des études en actuariat. Diplôme en main, elle a décroché un emploi chez Normandin Beaudry, où elle a appris son métier dans le département des assurances collectives. Après un passage dans une autre firme, elle s'est rendue toutefois à l'évidence : fonder son entreprise était la seule voie possible.

«Mes valeurs sont profondément ancrées en moi, insiste-t-elle. Peu importe les conditions dans lesquelles nous évoluons, même les plus stressantes, le respect est primordial. Sans oublier la rigueur et l'objectivité qui sont essentielles en actuariat. Dans le milieu, j'ai croisé beaucoup de courtiers qui pensent plus à leurs poches qu'à celles des clients. Je ne pouvais plus accepter ça.»

En 2012, elle crée Unixia dont la mission est de négocier et maximiser des contrats d'assurance collective de tous genres pour des entreprises allant de 10 à 1000 employés. Elle mettra six mois avant de trouver un premier contrat. «J'ai frappé à de nombreuses portes closes, dit-elle. À 26 ans, on se demande comment être crédible devant un client potentiel. Grâce au RFAQ, j'ai réussi à passer au travers de cette période difficile. » 

Mentorat, partage de contacts, conseils, conférences, maillage avec une femme d'affaires chevronnée, sont autant de services offerts par l'organisme. Fondé en 1981, le RFAQ compte 2 000 membres, dont 500 pour l'aile jeunesse qu'elle préside. «Tout le monde peut venir aux activités de l'aile jeunesse, précise-t-elle. Par contre, nous les axons sur les besoins de la relève d'affaires. Selon nos critères, une «jeune femme d'affaires» est âgée de moins de 40 ans ou possède une entreprise depuis moins de 10 ans.»

Au Québec, l'entrepreneuriat demeure un secteur encore largement dominé par les hommes. Ces derniers sont près de deux fois plus nombreux à entreprendre (10,4 %) que les femmes (5,3%). Elles sont d'ailleurs plus orientées vers le travail autonome (48,0 %) que les hommes (32,2%) (Indice entrepreneurial québécois 2016 du Réseau M).

«Quand le RFAQ a été fondé, les femmes n'avaient pas accès aux chambres de commerce, fait-elle valoir. J'ai 31 ans et je viens d'une génération où l'égalité des sexes est une évidence. Pourtant, la réalité est tout autre. Dans la grande entreprise, seulement 1 % des fournisseurs proviennent d'entreprises à propriété féminine.»

Selon Véronique Joubert, il faut avoir de la confiance en soi - ce que ses parents lui ont inculqué - pour se lancer en affaires et réussir. «Les femmes doutent d'elles. Nous pouvons avoir accompli un million de tâches durant la journée, nous nous tapons sur la tête pour le bout inachevé. Les hommes voient surtout le côté positif des choses et se félicitent tout haut de leurs réalisations. Au RFAQ, nous nous efforçons de cultiver ce sentiment et d'encourager les femmes à foncer. Que l'épanouissement et le succès de mes membres découlent de cette synergie féminine, voilà ma plus grande fierté.»

Le RFAQ organise des activités en Outaouais, l'aile jeunesse n'y étant toutefois pas encore implantée. Renseignements : www.rfaq.ca.




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