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Aide gouvernementale à Bombardier : Plainte du Brésil à l'OMC

D'après le Brésil, Bombardier a bénéficié d'investissements gouvernementaux... (Paul Chiasson, La Presse canadienne)

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D'après le Brésil, Bombardier a bénéficié d'investissements gouvernementaux totalisant 2,5 milliards $ US l'an dernier, et l'octroi de nouvelles sommes risque de provoquer d'autres « distorsions » dans le secteur aéronautique, au détriment des intérêts brésiliens.

Paul Chiasson, La Presse canadienne

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La Presse Canadienne

Le dernier prêt octroyé à Bombardier par le gouvernement Trudeau ravive les tensions commerciales avec le Brésil, qui passe de la parole aux actes en déposant une plainte contre le Canada auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en lui reprochant de subventionner son secteur aéronautique.

L'organisation établie à Genève, en Suisse, a confirmé mercredi que les autorités brésiliennes - qui en ont particulièrement contre l'avion commercial CSeries - demandent des consultations dans le cadre du système de règlement des différends.

D'après le Brésil, la multinationale québécoise a bénéficié d'investissements gouvernementaux totalisant 2,5 milliards $ US l'an dernier, et l'octroi de nouvelles sommes risque de provoquer d'autres « distorsions » dans le secteur aéronautique, au détriment des intérêts brésiliens.

« Nous sommes convaincus que certains programmes sont des subventions », a affirmé Carlos Cozendey, sous-secrétaire général aux affaires économiques du ministère brésilien des Affaires étrangères, au cours d'un entretien téléphonique avec La Presse canadienne.

L'an dernier, Bombardier a reçu 1 milliard $ US de l'État québécois contre une participation de 49,5 pour cent dans le programme de la CSeries et l'entreprise a également cédé 30 pour cent de sa division ferroviaire à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) pour 1,5 milliard $ US.

Critiques à ottawa

Pendant ce temps à Ottawa, l'opposition n'a pas tardé à critiquer la décision du gouvernement Trudeau, les conservateurs dénonçant l'utilisation de l'argent des contribuables pour une entreprise « qui n'en avait pas besoin pour continuer ».

À l'entrée des caucus, mercredi, le jeune député conservateur Garnett Genuis a indiqué qu'il aurait été préférable que le gouvernement appuie un agrandissement de l'aéroport Billy-Bishop à Toronto, ce qui aurait permis de soutenir du même coup Bombardier. Son collègue québécois Gérard Deltell a un peu plus tard abondé dans le même sens.

« Si le gouvernement veut vraiment aider Bombardier, ce que l'on dit au gouvernement, c'est de baisser les taxes et les impôts pour toutes les entreprises, mais aussi, permettez à la CSeries d'atterrir à Toronto, ce qu'on ne permet pas actuellement ! Quel signal curieux que l'on envoie à travers le monde entier ! On est très fier de dire que c'est le meilleur avion au monde, que c'est fantastique, que c'est tout beau, mais on ne lui permet pas d'atterrir devant la ville principale du Canada », a accusé M. Deltell.

Quant au chef néo-démocrate Thomas Mulcair, il souhaite avoir l'assurance que les emplois liés au prêt fédéral demeureront bel et bien au Canada.

Arrivée tardive

À Québec, le premier ministre Philippe Couillard a reconnu que l'aide du fédéral à Bombardier arrive « tardivement ».

L'annonce d'un prêt de 372 millions $ à l'avionneur québécois pour l'avion d'affaires Global 7000 et le CSeries est « un premier pas », a souhaité le premier ministre, en Chambre, mercredi. 

« Cette aide est arrivée tardivement, on aurait souhaité qu'elle arrive avant, a déclaré M. Couillard. Mais je crois que c'est peut-être la première d'autres interventions. »

Le gouvernement du Québec a investi 1,3 milliard $ dans une coentreprise avec Bombardier dédiée à la CSeries en 2015.

Le chef de l'opposition péquiste, Jean-François Lisée, s'explique mal le deux poids deux mesures d'Ottawa face au Québec. Lorsque l'industrie automobile de l'Ontario, les projets hydro-électriques de Terre-Neuve ou les sables bitumineux de l'Alberta ont besoin d'aide, le gouvernement répond présent, a affirmé le chef péquiste. Mais quand l'aéronautique québécoise bat de l'aile, Ottawa met moins d'argent et refuse de prendre des risques. « Quand notre tour vient, bien, ce n'est jamais notre tour, a dit M. Lisée. Je pense qu'on serait mieux de faire l'indépendance du Québec. »

À la Coalition avenir Québec, le chef François Legault continue à accoler l'étiquette « amateur » au premier ministre pour la négociation de son entente avec Bombardier. Selon lui, Québec aurait dû investir son 1,3 milliard $ dans l'ensemble de l'entreprise, pas uniquement dans la filiale plus risquée de la CSeries. Il juge que Québec n'a pas obtenu des garanties d'emploi à la hauteur de son investissement et du risque supporté.

Le solidaire Amir Khadir dénonce que l'aide fédérale serve « essentiellement à aller renflouer les emplois en Ontario ». Il voit dans ce dossier la démonstration que les « grandes corporations » peuvent « faire à peu près à leur guise ».

Avec Le Soleil




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