Nancy Raymond: animée par les défis

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La présidente de Steamatic Canada, Nancy Raymond

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Byline Isabelle BriseboisLe Droit AffairesPATRICK WOODBURY, LeDroit
Isabelle Brisebois

Collaboration spéciale

Le Droit

Juin 2016. De son lit d'hôpital, Nancy Raymond livre son plus grand combat, celui pour sa vie. Femme d'affaires aguerrie et farouchement déterminée, elle lutte au même moment pour sa carrière alors qu'elle tente d'acquérir Steamatic Canada. Portrait d'une battante.

La fibre entrepreneuriale, Nancy Raymond la nourrit depuis toujours. Fille d'Alain Raymond, propriétaire de Toitures Raymond, elle accompagne dès son jeune âge son père à la rencontre de clients. Rigueur, intégrité et respect sont autant de valeurs qu'il lui inculquera et qui jusqu'à ce jour forgent son parcours. 

Après avoir abandonné ses études collégiales, elle fait un saut dans l'entreprise familiale où elle accomplira une multitude de tâches. Âgée de 23 ans, elle quitte pour la fonction publique où elle occupera divers postes à Statistique Canada, notamment comme gestionnaire.

« Après sept ans, j'avais fait le tour, se souvient-elle. Je gagnais concours après concours, je plafonnais, je sentais que je m'éteignais. J'ai remis ma démission, j'avais besoin de nouveaux défis. »

Une première bannière

Elle rencontre son père pour lui faire part de son désir de revenir dans l'entreprise familiale, là où malheureusement aucune place n'était disponible. 

Néanmoins, il lui présentera des gens d'affaires cherchant à céder leur entreprise, faute de relève. C'est ainsi qu'elle fera l'acquisition d'une succursale en nettoyage et rénovation après sinistre dont la bannière, Première Générale, était implantée en Outaouais. 

« Ce qui m'allumait, c'est d'avoir la main partout, dit-elle, les yeux brillants. Chaque jour, je venais au bureau, enceinte de quatre mois, totalement passionnée par les défis à relever. Pour moi, il n'y avait qu'une seule voie, la voie du succès. J'y mettais tout mon coeur et ma détermination, donc l'échec me semblait impossible. »

Deux ans plus tard, en 2007, elle achète les droits d'utilisation de ladite bannière pour l'ensemble de la province, laquelle regroupe huit franchisés. Elle devient alors la première femme au Québec à opérer une bannière dans ce domaine dominé par les hommes. 

Tripler son chiffre d'affaires

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« Les grands donneurs d'ouvrage sont les compagnies d'assurance, précise-t-elle.  Aucune ne me connaissait à l'époque. J'ai travaillé très fort pour défoncer des portes. Tout ce que je voulais, c'était une rencontre en personne. TD Assurance a été la première à me donner une chance, à m'accréditer comme fournisseur. Ce fut l'une des belles journées de ma carrière. » 

Nancy Raymond pavera sans arrêt la voie de son succès pendant dix ans, faisant tripler son chiffre d'affaires tout en étant à la tête de 18 franchisés et de 300 employés. Tout cela grâce à son engagement indéfectible et à sa capacité à établir de solides relations avec la clientèle.

Puis, arrive le jour où sa vision d'avenir ne concorde plus avec celle du réseau Première Générale. Elle remet donc la marque de commerce, mais conserve ses relations de partenariat avec les 18 affiliés et part à la recherche d'une autre bannière qu'elle pourra faire grandir. 

Un coup de coeur

Elle fait la rencontre de Claude Bigras, propriétaire de GDI, dont fait partie Steamatic Canada, une entreprise de nettoyage et restauration après sinistre jouissant d'une solide notoriété et connue notamment pour sa technique exclusive de séchage à froid sous vide pour sauver des documents. 

« J'ai eu un coup de coeur pour Steamatic Canada qui était en bonne santé financière mais dont la croissance stagnait, fait-elle valoir. L'entreprise n'était pas à vendre, mais j'ai réussi à convaincre M. Bigras - mon ange d'affaires - que la compagnie pouvait devenir la référence dans le domaine s'il me la cédait.»

Mais les choses ne se passent pas comme prévu. Le 1er juin, elle tombe gravement malade et se retrouve à l'hôpital entre la vie et la mort. Pendant ce temps-là, ce qui devait être une simple fusion-acquisition avorte. Ses 18 franchisés décident de rester avec Première Générale, ceux-là mêmes qui devaient servir de levier financier pour l'acquisition de Steamatic Canada. Nancy Raymond doit maintenant repartir à zéro.

75 franchisés d'ici cinq ans

« La force d'un gestionnaire, c'est de savoir bien s'entourer. Quand je suis sortie de l'hôpital en juillet, j'avais trois semaines pour convaincre mes partenaires financiers de me suivre alors que mon plan d'affaires venait de changer du tout au tout. J'ai une équipe formidable et sans elle, je n'aurais pas pu mener à terme cette acquisition », se rappelle-t-elle, émue.

Cette équipe est constituée de sept membres, dont d'anciens directeurs de compagnies d'assurances et d'experts en sinistres. Quelque 36 franchisés font partie de Steamatic Canada, dont 25 au Québec. D'ici cinq ans, elle compte en avoir 75. 

« Steamatic est une marque reconnue mondialement, souligne-t-elle. Au Canada, nous sommes parmi les dix plus importantes entreprises dans le domaine. Le modèle québécois est très performant et je veux l'exporter dans toutes les provinces. On se distingue notamment par le service à la clientèle, les délais de traitement des demandes, la force du réseau et la formation. Ma réussite dépend du succès de mes franchisés et je vais tout faire pour que nous devenions la référence au pays. »

Formée par des entrepreneurs

Mère de trois enfants et épouse d'un homme d'affaires, Nancy Raymond voit l'avenir avec un optimisme contagieux. Autodidacte douée et inspirée, elle a toutefois senti le besoin de faire des études, son choix s'arrêtant sur le programme élite de l'École d'Entrepreneurship de Beauce.

« J'ai obtenu mon diplôme en 2015, lance-t-elle avec fierté. Tout le Québec Inc est là, les professeurs étant de réputés entrepreneurs. On te sort de ta zone de confort, on ébranle tes plus grandes certitudes. J'y ai acquis une redoutable confiance en moi, ce qui m'a aidée à affronter les obstacles de juin dernier.

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