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Les micro-entreprises : petites mais essentielles

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On compte plus de 632 000 micro-entreprises au Canada, et près de 78% d'entres-elles sont issues du secteur des services.

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Les micro-entreprises constituent le plus grand groupe de PME au pays. Elles représentent 54% de tous les employeurs du secteur privé. Portrait d'un secteur au coeur de l'économie canadienne.

«Aujourd'hui, l'entrepreneuriat est valorisé et la créativité est encouragée. Nous sommes bien loin de l'époque où l'entrepreneur était un marginal qui travaillait seul dans son garage ou dans son sous-sol. Il y a 70 universités au Canada qui offre des programmes d'entrepreneuriat aujourd'hui, et 30 d'entres-elles ont des incubateurs qui créent de petits écosystèmes dans les diverses régions au pays», souligne Martine Spence, professeure titulaire à l'École de gestion Telfer de l'Université d'Ottawa. 

Les micros en chiffres

L'Ontario et le Québec sont les provinces qui présentent les plus faibles ratios de PME par milliers d'habitant, avec 36,3 et 34,7 respectivement, alors que l'Alberta et l'Île-du-Prince-Édouard affichent les plus hauts taux au pays avec 50,0 et 48,7. On compte plus de 632 000 micro-entreprises au Canada, et près de 78% d'entres-elles sont issues du secteur des services. 

Les services professionnels, scientifiques et techniques arrivent premiers (103 809 entreprises), suivis par la construction (85 701) et les autres services (69 795).  Les services de santé (60 206) et le commerce au détail (53 060) sont aussi des pôles importants. 

Les petites entreprises (1 à 99 employés) représentent 97,9% de toutes les entreprises au Canada, elles jouent donc un rôle de premier plan dans la création nette d'emplois.

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Martine SpenceProfUniversite d OttawaLe Droit AffairesEtienne Ranger LeDroit

Pour Martine Spence, plusieurs grandes tendances peuvent expliquer ces chiffres. «Il y a bien sûr les crises économiques. On n'a qu'à penser à l'impact de la fermeture de Nortel qui a mené plusieurs ingénieurs à lancer leur micro-entreprise. Mais il y a surtout une plus grande facilité à se lancer en affaires. Les nouvelles technologies y sont pour beaucoup.»

Citant l'immense succès de la plateforme de commerce électronique Shopify, Martine Spence rappelle qu'il n'a jamais été aussi facile de se lancer en affaires sur le web.

Être son propre patron

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Nicole C. Beauchamp a fondé en 2006 sa micro-entreprise, Communications Mordicus.

Martin Roy, Le Droit

La professeure cite une statistique éloquente, tirée d'une étude de Harper Business. «90% des employés des grandes entreprises sont frustrés. Ils ne peuvent pas mettre à profit leur créativité.» Un dur constat qui fait écho au parcours de Nicole C. Beauchamp, qui a fondé en 2006 sa micro-entreprise, Communications Mordicus. Après une trentaine d'années à occuper des postes  de gestion en communications et en relations publiques et médiatiques, cette professionnelle native de Sudbury a eu envie de faire les choses à sa façon.

«J'avais besoin de sentir que je pouvais faire une différence, de ne pas juste être un numéro dans une grande boite», explique celle qui offre des services de rédaction et de relations médias.

Selon Nicole C. Beauchamp, le contexte de la région de la capitale nationale est propice à la création de micro-entreprises. «Outre le taux d'éducation qui est élevé, on a beaucoup de personnes qui ont développé des expertises en travaillant au gouvernement et dans de grandes associations, des habiletés formatées pour répondre aux besoins des clients», explique l'entrepreneure.

Place aux femmes

En 2014, 15,7% des PME étaient détenues par des femmes. «Ces données ne sont pas surprenantes, poursuit Martine Spence. Les femmes cherchent souvent, en créant leur entreprise, à briser le fameux plafond de verre quand elles sentent qu'elles ne peuvent plus avancer dans leur carrière. Elles sont aussi à la recherche d'un équilibre entre le travail et la famille.»

Petite entreprise = gros intérêt

Martine Spence le répète, les entrepreneurs sont des gens qui travaillent en moyenne plus d'heures par semaine (plus de 50 heures) et qui faute de régime de retraite, travaillent jusqu'à un âge avancé. «La très grande majorité des entrepreneurs sont en mode survie. L'accès difficile au financement est l'un des grands responsables de ces difficultés.» 

Dans son plus récent rapport sur les indicateurs relatifs au financement des PME, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) indique que les micro-entreprises sont jusqu'à six fois plus susceptibles de se voir refuser un prêt bancaire. Et quand il y a un prêt, ce dernier est accompagné d'un taux d'intérêt en moyenne de 2,28 points de pourcentage au-dessus du taux préférentiel. 

La principale source de financement des petites entreprises demeure les actifs personnels (49%) et les cartes de crédit (30%). Le financement participatif est encore fort marginal alors que seulement 0,1% des entrepreneurs y ont recours. 

«Il faut vraiment avoir les poches creuses quand on démarre son entreprise. C'est important d'avoir accès à des fonds personnels, car les premiers paiements peuvent prendre beaucoup de temps à rentrer. C'est très difficile d'atteindre un certain équilibre, il faut être prêt à faire face à cette insécurité», prévient Nicole C. Beauchamp, qui croit que les belles années des consultants sont maintenant révolues. «Les réductions au gouvernement, le gel des dépenses ont fait très mal à notre secteur. Nous sommes facilement passés de bonnes années où le salaire pouvait atteindre les six chiffres à moins de 40 000 $ pour les mêmes services.»

Des vocations durables

«Les gens qui se lancent en affaires sont souvent portés par un désir de changer le monde, de redonner à la société. On retrouve beaucoup de micro-entreprises avec une mission de développement durable. On n'a qu'à penser à tout le mouvement biologique», ajoute Martine Spence.

Natalie Lavigne a développé une expertise en développement... (Etienne Ranger, Le Droit) - image 5.0

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Natalie Lavigne a développé une expertise en développement durable avec sa micro-entreprise Ecovox.

Etienne Ranger, Le Droit

Une réalité qui colle bien à la consultante Natalie Lavigne, qui a développé une expertise en développement durable avec sa micro-entreprise Ecovox. Depuis 2007, elle met à profit son bagage en communications aux services d'entreprises et d'organismes qui souhaitent soit promouvoir leurs politiques vertes ou encore implanter une nouvelle façon de faire les choses.

«J'avais besoin de sentir que j'avais un impact avec mon travail, explique Natalie Lavigne, qui a suivie en 2008, une première formation sur les changements climatiques avec Al Gore. Un moment déterminant qui l'a amené à poursuivre des études de 2e cycle en éco-conseil à l'Université du Québec à Chicoutimi. Après neuf ans en affaires, l'entrepreneure franco-ontarienne a resserré son créneau en se spécialisant en éducation. 

Elle travaille, entre autres, avec l'Université d'Ottawa, le Collège Algonquin, mais aussi auprès du Conseil des écoles catholiques du Centre-est (CECCE) afin de mettre en avant leurs politiques de développement durable. « J'ai la chance de pouvoir influencer un élève à la fois, c'est comme souffler sur une petite flammèche. C'est le fun à voir ! »

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