La relève n'est pas une défaite !

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À peine 12 % des entreprises disposent d'un plan de relève.

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Claude Savoie

Collaboration spéciale

Le Droit

CHRONIQUE / Je ne suis pas un «cédant».

Trop souvent, l'expression «cédant» désigne des entrepreneurs qui entament un processus de relève. Quelle façon dégradante de désigner des personnes créatives, dynamiques et responsables ! Céder est un synonyme de «perdre», «abandonner», «renoncer». Les entrepreneurs ne renoncent pas et n'abandonnent pas !

Entreprendre un processus de relève, c'est voir loin, au-delà de son espérance de vie, c'est mettre en place une série d'actions devant mener à la pérennité de l'entreprise, à la préservation des emplois, au maintien de son identité personnelle. Une telle personne n'est pas un cédant, c'est un FONDATEUR.

Ce terme «cédant» associe le processus de relève à une démarche négative. Céder c'est un peu «décéder» et devant cette finalité, les propriétaires de PME, résistent, retardent jusqu'à ce qu'il soit trop tard, ou à tout le moins très tard. À peine 12 % des entreprises disposent d'un plan de relève.

Il n'est pas surprenant que les propriétaires de PME résistent à entreprendre un processus de relève, s'ils se sentent dévalorisés. Entreprendre un processus de relève représente un engagement à long terme, cinq à dix ans, et plus si possible pour mettre en place l'équipe capable de continuer l'oeuvre commencée, pour former les successeurs, déléguer du pouvoir et transmettre du savoir.

Assurer la pérennité

Durant la longue période nécessaire aux transferts de direction, de savoir et de pouvoir, le propriétaire de PME assumera une grande responsabilité : coordonner la pérennité de son entreprise. Il sera moins actif dans les opérations, mais il prendra du recul, analysera davantage, pourra enfin planifier à long terme. Il deviendra «président du conseil» et travaillera à la croissance de son entreprise pour les prochaines générations et non seulement pour les prochains mois.

Plus de temps libres

Le Fondateur se dégagera graduellement des tâches quotidiennes, aura davantage de temps libre, mais il apprendra beaucoup, réfléchira davantage, enrichira son expérience, deviendra plus humain, plus sage et surtout il gardera son identité d'entrepreneur.

Pas une défaite !

Envisager la relève entrepreneuriale comme une défaite, une perte et une démission mettra en danger la pérennité de l'entreprise, encouragera le fondateur à s'accrocher aux problèmes quotidiens et empêchera la mise en place harmonieuse de l'équipe de relève. Le «cédant» trouvera tous les moyens nécessaires pour ne pas céder et l'entreprise disparaîtra comme c'est actuellement le cas de 70 % des PME.

Rester le fondateur

Un processus de relève est une démarche enrichissante pour le fondateur qui se sentira de plus en plus utile, efficace, essentiel et heureux. Il sentira que ses nombreuses années d'efforts permettront à l'entreprise de continuer à se développer au cours des prochaines générations. Sa vie aura un sens, il est et restera le «Fondateur».

Claude Savoie est président de Dixit Coaching, membre du Groupe Relève Québec et Mentor (Diamant) pour le réseau M de la Fondation de l'entrepreneurship.

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