Une femme de tête et de coeur

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La directrice générale du Mouvement d'implication francophone d'Orléans, Marie-Claude Doucet

Patrick Woodbury, Le Droit

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Byline Isabelle BriseboisLe Droit AffairesPATRICK WOODBURY, LeDroit
Isabelle Brisebois

Collaboration spéciale

Le Droit

Gérer la croissance. Voilà le défi que la directrice générale du Mouvement d'implication francophone d'Orléans (MIFO) relève avec brio et passion depuis son entrée en fonction en 2003. Avec un budget annuel de deux millions de dollars et une centaine d'employés à son arrivée, Marie‑Claude Doucet gère aujourd'hui une enveloppe budgétaire de huit millions de dollars et une équipe de 300 employés. Tout ça en restant directement branchée sur la communauté francophone.

Lauréate du Prix d'excellence du RGA dans la catégorie Dirigeante de l'année et Personnalité de la semaine Radio-Canada/LeDroit en avril dernier, Marie-Claude Doucet connaît le MIFO de fond en comble. Depuis 20 ans, elle y a occupé divers postes, dont ceux d'animatrice et de coordonnatrice des programmes parascolaires.

«En 2003, le Centre des arts Shenkman représentait notre plus grand défi, se souvient-elle. C'était six ans avant l'ouverture et on travaillait à définir la place des francophones au sein de cet établissement géré par Ottawa. Les attentes du public et des partenaires étaient très élevées. La ville a su répondre à nos besoins, soit de bâtir un lieu de diffusion à la fine pointe de la technologie, dont l'acoustique, pour offrir la meilleure expérience qui soit aux spectateurs.»

C'est donc dans ce nouvel établissement qu'une quarantaine de spectacles professionnels des arts de la scène sont présentés durant la saison, une augmentation de 400 % en 13 ans.

Acquis immobilier

Néanmoins, la majorité des activités se déroule au centre culturel. Ouvert en 1985, cet édifice situé au 6600, rue Carrière à Orléans «aura besoin d'une cure de rajeunissement très prochainement.» Services de garde préscolaires et parascolaires, école de musique, activités et cours pour enfants, adultes, retraités et semi-retraités donnent vie à l'endroit. Sans oublier la galerie d'art et la programmation hors les murs, comme les camps d'été dans les écoles ou les projections de films dans les cinémas de la région.

«Le MIFO est propriétaire de l'édifice et du terrain sur la rue Carrière, ce qui est un acquis important pour la communauté franco-ontarienne, fait-elle valoir. Peu d'organismes francophones ont cette chance. Souvent, ils doivent louer un édifice ou des locaux pour offrir leurs services.»

Saine gestion financière

Les services à l'enfance et à la jeunesse constituent la plus importante source de revenus du MIFO, des revenus plus stables, à l'abri des fluctuations, contrairement à ceux provenant de la programmation artistique. Vache à lait, donc, que ces revenus ?

«L'argent de ces services pourrait pallier les difficultés financières provenant de la programmation artistique, précise-t-elle. Mais ce serait une mesure tout à fait exceptionnelle. Nous recevons des subventions, aussi, de ce côté. Et puis nous avons l'équivalent de trois mois de frais d'opération mis de côté, grâce à une saine gestion financière.»

Un million pour les rénovations

Plus que saine, on la qualifiera aussi d'extrêmement rigoureuse cette gestion financière. Le MIFO a réussi à amasser, au fil des ans, un million de dollars qui serviront à rénover le centre.

«Nous n'avons fait aucune collecte de fonds pour y arriver. On a accumulé des excédents en se serrant la ceinture, sans jamais perdre de vue l'objectif de faire peau neuve afin de mieux répondre aux besoins grandissants de la clientèle, dit-elle fièrement. Ce montant nous sert également de levier financier pour convaincre différents bailleurs de fonds d'investir avec nous.»

Fidéliser la clientèle

Une clientèle, d'ailleurs, que le MIFO tente de fidéliser dès la garderie, les tout-petits étant les futurs spectateurs du Centre des arts Shenkman. Le fil conducteur entre les nombreux services offerts ? La qualité.

« Les arts sont là pour faire réfléchir, ils nous renvoient à nous-même, au monde dans lequel on vit, soulève-t-elle. Ils créent des souvenirs. Ces émotions ressenties dans une salle, on essaie de les faire vivre aux jeunes, notamment en offrant des tournées d'artiste dans les écoles. »

Si bien que de père en fille, on fréquente le MIFO, la communauté étant très attachée à «son » centre. Marie-Claude Doucet et son équipe cherchent d'ailleurs à développer des systèmes qui donneront un portrait plus précis de la clientèle, question de mieux gérer la croissance qui ne semble pas s'essouffler.

«Tout est une question d'attitude. C'est ce que mon père, Claude Doucet, a toujours dit, lance-t-elle, un brin d'émoi dans la voix. Au travail, il cherchait le côté positif des choses, peu importe la situation, ce qui lui a valu le respect et l'affection des gens. Comme dirigeante, cet aspect humain m'inspire profondément et guide mes actions au quotidien.»

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