Transactions d'envergure à la Caisse de dépôt

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Le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) tourne la page sur une année 2015 ponctuée de transactions d'envergure et entre dans une nouvelle année au cours de laquelle les yeux de plusieurs Québécois seront rivés sur sa filiale destinée aux infrastructures.

Son président et chef de la direction, Michael Sabia, ne s'en cache pas: 2016 sera un test pour CDPQ Infra, qui poursuit l'évaluation de deux projets majeurs, soit un système de transport collectif sur le nouveau pont Champlain ainsi que le train de banlieue visant à desservir l'ouest de Montréal.

«Nous avons encore beaucoup de travail à faire, explique-t-il au cours d'une entrevue avec La Presse Canadienne visant à dresser le bilan des 12 derniers mois. Nous avons certainement développé quelques idées novatrices.»

Depuis l'adoption en juin dernier du projet de loi l'autorisant à réaliser de grands projets d'infrastructures au Québec, CDPQ Infra se penche sur la faisabilité de ces deux projets qu'elle piloterait du début à la fin, assurant le financement, la réalisation ainsi que l'exploitation.

Les évaluations se poursuivent, mais certains détails pourraient être divulgués vers la fin de 2016. Entre-temps, l'investisseur institutionnel devrait déployer un processus de consultation auprès des intervenants concernés, comme les municipalités, ce qui ne s'annonce pas de tout repos.

«C'est ma préoccupation principale, souligne M. Sabia. Est-ce que nous serons en mesure de dégager des compromis entre les intérêts de tous les maires et municipalités pour nous donner la marge de manoeuvre pour faire quelque chose?»

Les deux projets étudiés par CDPQ Infra nécessiteront des investissements de quelque 5 milliards $ et pourraient être complétés d'ici 2020, d'après les estimations initiales.

Bien au fait des nombreux reportages ayant détaillé d'importants dépassements de coûts de projets du ministère des Transports du Québec au fil des ans, le dirigeant de la Caisse concède que le respect des budgets représente un «défi».

«Je pense que notre avantage est la créativité provenant de perspectives fraîches, croit M. Sabia. Si l'on étudie n'importe quel projet depuis 10 ans, il est parfois difficile de voir d'autres façons de faire des choses. Nous voulons réaliser les projets au meilleur prix.»

Même si le gouvernement fédéral de Justin Trudeau n'imposera pas de péage sur le futur pont Champlain, le grand patron de la CDPQ estime que cela aura peu d'impact sur le projet de transport collectif étudié.

«Je ne suis pas sûr, mais je doute qu'il y ait un impact notable, estime-t-il. Il y en aura un, mais la question sera de savoir s'il est significatif ou non.»

Par ailleurs, sans se prononcer sur la décision d'Ottawa de faire passer de 65 à 125 milliards $ l'enveloppe destinée aux investissements en infrastructures au cours de la prochaine décennie, M. Sabia espère que les autorités fédérales s'intéresseront au modèle proposé par CDPQ Infra.

D'après lui, cela encouragerait une «idée novatrice» dans laquelle des caisses de retraite pourraient mener d'importants projets de A à Z.

«Nous allons en 2016 débuter des conversations avec le gouvernement (fédéral) pour mieux comprendre leurs intérêts, affirme-t-il. Je pense que pour le gouvernement du Canada, cela représente une occasion d'appuyer l'innovation dans le financement des infrastructures.»

2015: infrastructures, immobilier et Bombardier

Si 2015 a eu son lot de volatilité et que la croissance économique mondiale n'a pas été au rendez-vous, cela n'a pas empêché la CDPQ d'effectuer des investissements «résilients» afin de poursuivre la diversification de son portefeuille.

Au cours des 12 derniers mois, l'institution a entre autres acquis une participation dans le réseau ferroviaire Eurostar, contribué à la création d'une plateforme de coinvestissement au Mexique, investi dans le secteur britannique des télécommunications, acquis un réseau de transmission d'électricité en Australie et, bien sûr, mis la main sur une participation de 30% dans Bombardier Transport.

«Oui, nous avons fait beaucoup d'investissements, concède M. Sabia, sans tomber dans le triomphalisme. Du côté des infrastructures, je pense que c'est entre 3 et 3,5 milliards $.»

Cela a gonflé la taille du portefeuille d'infrastructures de la Caisse - dont l'actif total s'élevait à 240,8 milliards $ en date du 30 juin dernier - à plus de 13 milliards $.

Sa filiale immobilière, Ivanhoé Cambridge, n'a pas été en reste. Avec son partenaire Blackstone, elle a notamment acquis le plus grand complexe d'appartements résidentiels de Manhattan, à New York, dans le cadre d'une transaction évaluée à 5,3 milliards $ US. Cette filiale a également, accompagnée de Callahan Capital Properties, acheté l'immeuble à bureaux Three Bryant Park, dans le quartier Midtown Manhattan, pour 2,2 milliards $ US.

Toutefois, si 2015 a été fertile du côté des acquisitions, cela ne veut pas dire que la prochaine année le sera autant, prévient M. Sabia, qui refuse de se fixer une cible précise à ce chapitre.

«Ce n'est pas une question liée à la quantité des investissements, dit-il. Notre responsabilité est de faire des bonnes transactions. En 2015, je pense que nous avons réussi. En 2016, nous allons essayer.»

Revenant sur l'investissement de 1,5 milliard $ US dans Bombardier Transport, M. Sabia a vanté la position de l'entreprise sur la scène internationale, prévenant néanmoins qu'il y avait «encore du travail à faire pour améliorer l'exécution».

Selon lui, la multinationale devra éviter des situations comme ce qui se passe actuellement à Toronto, où la Ville songe à intenter des poursuites judiciaires en raison d'une série de problèmes entourant la livraison de nouveaux tramways - un dossier qui a fait couler beaucoup d'encre.

«Il faut améliorer l'exécution parce que ce n'est pas la bonne façon de faire les choses», affirme M. Sabia.

Comme il l'a déjà fait au cours de la dernière année, le grand patron de la CDPQ a endossé le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, le qualifiant «d'opérateur de calibre mondial».

Selon M. Sabia, le dirigeant de Bombardier, qui a entre autres complètement remanié la haute direction du constructeur d'avions et de matériel roulant, a la bonne équipe en place.

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