La fin du pétrole sur l'île d'Anticosti?

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Pendant une entrevue à une station de radio, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a soulevé la possibilité d'interrompre l'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti.

Adrian Wyld, La Presse Canadienne

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Québec, QC

Le premier ministre Philippe Couillard a évoqué vendredi l'éventualité que le gouvernement du Québec se retire du projet d'exploration des gisements d'hydrocarbures sur l'île Anticosti.

Dans une entrevue radio, M. Couillard a une fois de plus pris ses distances d'une éventuelle exploitation du gaz et pétrole de schiste qui se trouve sur cette île du golfe du Saint-Laurent.

Après avoir affirmé qu'il ne souhaite pas être responsable du «délabrement» de ce milieu insulaire sauvage, M. Couillard est allé plus loin concernant l'exploitation des hydrocarbures sur l'île.

«Moi je n'en veux pas de développement des hydrocarbures sur Anticosti», a-t-il dit.

Alors que le gouvernement du Québec est un partenaire financier des projets d'exploration préliminaire en cours à Anticosti, le premier ministre a indiqué qu'un retrait était possible avant l'échéance des contrats.

Des forages stratigraphiques ont été amorcés en 2014, dans le cadre de la première phase d'exploration. La prochaine étape sera celle des forages de puits de pétrole qui pourraient nécessiter le recours à la fracturation hydraulique, un procédé controversé nécessitant l'injection de composés chimiques.

Sur les ondes de la station montréalaise 98,5FM, vendredi, M. Couillard a répété que son gouvernement doit gérer les retombées d'ententes conclues par l'ex-première ministre péquiste Pauline Marois avec les entreprises présentes sur l'île.

«On est pris avec un contrat où il y a des forages qui doivent être terminés mais sans fracturation hydraulique, a-t-il dit. La ligne qu'on a fait dans le sable, c'est: écoutez, faites votre forage normal, avec des carottes sans injection dans le sous-sol. Mais avant de passer à la deuxième phase, un instant, on va faire des vérifications.»

Interrogé sur l'éventualité que le gouvernement utilise les clauses qui lui permettraient de se retirer de ces ententes, le premier ministre a indiqué que cette option pourrait être envisagée.

«C'est ce qui va probablement arriver mais je pense que c'est utile d'avoir ces études, de toutes façons, pour bien connaître ce milieu-là et tous les autres milieux», a-t-il dit.

Le cabinet du ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, n'a pas été en mesure de préciser à quelles conditions le gouvernement pourrait se retirer d'Anticosti, les contrats en vigueur étant confidentiels.

En février 2014, Mme Marois avait annoncé deux ententes avec des entreprises pour un investissement à terme de 115 millions $ dans l'exploration des hydrocarbures d'Anticosti.

Une filiale d'Investissement Québec, Ressources Québec, devait injecter 56,6 millions $ dans une coentreprise dont les partenaires sont Pétrolia, Corridor Resources et Maurel & Prom, avec qui la phase de forages stratigraphiques a été effectuée.

L'accord prévoyait également que Ressources Québec verse 13,3 millions $ à Corridor pour une participation additionnelle dans la coentreprise.

Investissement Québec n'a pas révélé la hauteur des sommes versées pour les travaux jusqu'ici, mais une source a indiqué à La Presse Canadienne qu'ils se situaient à quelque 24 millions $.

Une seconde entente pour la création d'une coentreprise avec la société Junex prévoyait que Ressources Québec débourse 90 millions $ pour un autre projet d'exploration sur l'île.

Aucune somme n'a cependant été versée jusqu'ici puisque les conditions de l'entente exigeaient que Junex trouve un partenaire, ce qui n'est pas le cas actuellement, a indiqué la porte-parole d'Investissement Québec, Chantal Corbeil.

L'échéancier des travaux d'exploration prévoit que la décision d'aller de l'avant avec la deuxième phase d'exploration avec fracturation hydraulique dans trois puits soit prise d'ici le début de l'année prochaine.

Un rapport d'évaluation environnementale stratégique, qui inclura une analyse de la viabilité commerciale des hydrocarbures d'Anticosti, doit également être présenté au début de 2016.

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