Le projet Zibi franchit une autre étape

Le promoteur du projet Zibi, Windmill, fait face... (Martin Roy, LeDroit)

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Le promoteur du projet Zibi, Windmill, fait face à une opposition qui se fait de plus en plus persistante.

Martin Roy, LeDroit

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Windmill Developments a traversé une étape supplémentaire, samedi, qui mènera l'entreprise à son objectif ultime qu'est le développement commercial et résidentiel des îles Chaudières et Albert.

De plus en plus, le projet Zibi prend forme. Comme ç'a été fait pour les terrains du côté de Gatineau il y a quelques mois, Windmill a tenu un événement, samedi, afin d'accueillir les promesses d'achat pour les logements qui seront disponibles du côté ontarien.

Une étape cruciale pour le promoteur qui permet de confirmer l'intérêt des potentiels acheteurs pour les logements qui seront construits sur la rivière des Outaouais.

«On a fait un lancement privé cette semaine et on a vendu presque 10% des unités. Ça, c'est incroyable pour ce marché. On sait qu'on a beaucoup d'intérêt dans le projet», indique le cofondateur de Windmill, Jeff Westeinde.

Opposition grandissante

Le promoteur fait toutefois face à une opposition qui se fait de plus en plus persistante.

Des manifestants se sont massés devant les bureaux de Windmill, à l'entrée du pont Chaudières, pour distribuer des dépliants. Ce groupe, qui était notamment composé d'autochtones, dénonce le développement des îles Chaudières et Albert qu'ils considèrent comme un lieu sacré.

Les opposants viennent donc contredire la communauté de Kitigan Zibi dont les leaders se sont déjà prononcés en faveur du projet. Ces groupes croient plutôt que ces îles doivent être renaturalisées et devenir un parc.

Le cofondateur de Windmill, Jeff Westeinde... (Martin Roy, LeDroit) - image 2.0

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Le cofondateur de Windmill, Jeff Westeinde

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Pour Jeff Westeinde, cette option est improbable. Il rappelle qu'il faudrait investir des millions de dollars pour décontaminer le site et démolir les bâtiments industriels présents sur les îles, dont plusieurs bénéficient d'une reconnaissance patrimoniale.

«On a une stratégie pour prendre une vieille usine contaminée et en faire un édifice de classe mondiale. Ça, c'est notre stratégie. Avec un projet de cette ampleur, il y a toujours des opinions différentes», explique M. Westeinde.

«Si on regarde la rivière des Outaouais, autour de ce site, toutes les îles sont des parcs. Les berges sont des parcs. [...] Il y a beaucoup d'endroits où les gens peuvent profiter de la rivière dans ce secteur urbain.»

Le cofondateur de Windmill ne ferme pas la porte à des modifications au projet, mais prévient qu'elles doivent être «réalisables». Il rappelle au passage que le public aura un accès aux berges presque partout dans le nouveau quartier.

«C'est la première fois en 200 ans que les berges sont ouvertes au public dans cette région.»

Guerre de mots entre Windmill et un réputé architecte

L'architecte Douglas Cardinal... (Martin Roy, LeDroit) - image 4.0

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L'architecte Douglas Cardinal

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Alors que Windmill attendait de potentiels clients, samedi matin, des manifestants dénonçaient l'usage de terres ancestrales autochtones par l'entreprise. Parmi eux, il y avait l'architecte Douglas Cardinal, connu pour son design du Musée canadien de l'histoire et pour son implication avec Brigil pour son projet de gratte-ciel au centre-ville de Gatineau.

D'origine anishinaabe, M. Cardinal s'offusque du projet Zibi sur les îles Chaudières et Albert. Il l'avait fait savoir à la Commission des affaires municipales de l'Ontario et il continue de se faire entendre sur le sujet. Il considère qu'il s'agit d'un site sacré qui doit revenir aux Premières Nations.

«Quand je suis venu à Ottawa, je me suis immédiatement impliqué pour que les nations autochtones aient un endroit qui leur soit dédié dans la capitale nationale. Toutes les autres nations ont des ambassades ici, mais il n'y a aucune place ici pour les Premières Nations. Il est temps d'arrêter cet apartheid. Il est temps d'arrêter ce racisme», affirme l'architecte.

Alors, s'il croit que Windmill n'a aucun droit sur les îles Chaudières et Albert, que pense Douglas Cardinal de l'appui des leaders de la communauté de Kitigan Zibi depuis les débuts du projet?

«C'est de la bullshit, ils ont tout simplement acheté ces gens», lance M. Cardinal sans réserve.

En s'opposant au projet Zibi, Douglas Cardinal tente de protéger une parcelle du patrimoine autochtone au Canada. Cependant, la protection du patrimoine est aussi un argument des opposants au projet de tours de Brigil. L'architecte n'y voit toutefois pas de contradiction.

D'un côté, il dit défendre «sa terre sacrée», «sa Mecque». De l'autre, il affirme ne pas vouloir se mêler du débat. Il dit afficher sa vision du site détenu par Brigil et que la communauté gatinoise choisira ce qu'elle veut bien faire du projet.

Mauvaise foi

Le cofondateur de Windmill, Jeff Westeinde, doute toutefois des motifs de l'architecte de renom.

«Je crois qu'on peut affirmer sans risque de se tromper que si Douglas Cardinal est l'architecte d'un projet, il ne s'y opposera pas. Il est l'architecte pour la nouvelle station hydroélectrique à quelques pas d'ici, le projet ne soulève aucune controverse. Et pourtant, il creuse un tiers de l'île. [...] Tirez-en les conclusions que vous voulez», a-t-il affirmé en entrevue avec LeDroit.

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