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Partenariat transpacifique: l'UPA se fait entendre

Les agriculteurs québécois espèrent mieux du PTP que... (Yan Doublet, Archives Le Soleil)

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Les agriculteurs québécois espèrent mieux du PTP que de l'accord de libre-échange avec l'Union européenne, martèle Marcel Groleau, président de l'UPA.

Yan Doublet, Archives Le Soleil

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne

Le ministre du Commerce international, Ed Fast, a été averti que les agriculteurs québécois espèrent mieux du Partenariat transpacifique (PTP) que de l'accord de libre-échange avec l'Union européenne.

C'est le message que dit lui avoir livré le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, dans le cadre d'une rencontre à Atlanta, où se tiennent les négociations du PTP.

«Je l'ai dit à M. Fast: "Si pour vous, une négociation réussie c'est une négociation comme celle que vous avez conclue avec l'Europe, ce n'est pas du tout notre interprétation d'une négociation réussie"», expose-t-il en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne, jeudi.

Car les producteurs de lait, d'oeufs et de volaille ne veulent pas d'une compensation financière en échange de concessions au système de gestion de l'offre, insiste M. Groleau.

«Perdre un marché, il n'y a pas de compensation possible pour ça. On ne peut pas compenser par un chèque une perte de marché récurrente. C'est impossible», résume-t-il.

Le président de l'UPA fait référence à la compensation qui doit être versée aux producteurs fromagers du Québec dans le cadre de l'Accord économique et commercial global (AECG) intervenu l'an dernier - mais pas encore ratifié - entre le Canada et l'Union européenne.

«La négociation avec l'Europe, c'est l'équivalent de la disparition de 400 fermes au Québec en termes de volume de lait produit au Canada», illustre-t-il.

Marcel Groleau se montre satisfait de l'attitude du ministre Fast, qui a «très bien compris», selon lui, l'importance que revêt le maintien intégral de ce système pour l'industrie agricole du Québec.

«Il nous a dit que c'était son mandat et qu'il n'avait fait aucune offre de quelque concession que ce soit aux Américains pour l'accès au marché du lait, de la volaille et des oeufs», indique le président de l'UPA.

Les détracteurs de la gestion de l'offre soutiennent que ce système de quotas mis en place dans les années 1970 entrave la libre concurrence en plus de faire hausser les prix à la consommation.

Une étude du Conference Board parue en mars 2014 concluait qu'une famille canadienne moyenne payait annuellement 276$ de plus pour les produits laitiers que celle vivant dans un des pays n'étant pas soumis à un tel système.

«Perdre un marché, il n'y a pas de compensation possible pour ça. On ne peut pas compenser par un chèque une perte de marché récurrente. C'est impossible.»

Marcel Groleau
président de l'UPA

L'Institut économique de Montréal (IEDM), qui prône le démantèlement du système, soutient pour sa part qu'il s'agit d'une politique «néfaste» qui «frappe les pauvres cinq fois plus durement que les riches».

Les analyses qui vont dans ce sens sont contestées par Daniel-Mercier Gouin, professeur d'agroéconomie à l'Université Laval, selon qui la déréglementation aurait un impact négligeable sur le montant de la facture d'épicerie.

Il suffit d'aller voir ce qui s'est passé dans des pays où les quotas ont été abandonnés, notamment en Europe, pour en avoir la preuve: «On l'a vu au Royaume-Uni; ce sont les détaillants qui ont accru leur marge sur la vente de lait», fait-il remarquer.

La vaste majorité des producteurs laitiers canadiens tiennent... (Etienne Ranger, Archives LeDroit) - image 4.0

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La vaste majorité des producteurs laitiers canadiens tiennent à la pérennité du système.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

«Il ne faut pas oublier que le consommateur est habitué à payer un certain prix pour ses produits. Quel est l'intérêt pour le détaillant de baisser drastiquement le prix de ces produits-là sachant qu'il n'en vendra pas beaucoup plus?» enchaîne M. Gouin.

Un démantèlement du système de la gestion de l'offre entraînerait «volatilité et incertitude» tandis que son maintien permettrait la continuité de la «prévisibilité» et de la «stabilité», tant pour les consommateurs que pour les producteurs, signale l'économiste.

La vaste majorité des producteurs avicoles et laitiers tiennent à la pérennité du système, et ils l'ont clairement fait savoir au cours des derniers jours, organisant notamment des manifestations devant le parlement, à Ottawa, en début de semaine.

Pendant ce temps, à Atlanta, les négociateurs des 12 pays impliqués dans le PTP, dont le Canada, les États-Unis et le Japon, sont impatients d'en arriver enfin à un accord.

Ed Fast a signalé que le gouvernement conservateur était prêt à négocier «jusqu'à ce qu'un accord soit conclu», se disant confiant que cela puisse se réaliser. «Nous devons nous assurer que le Canada adhère au PTP», a-t-il réitéré jeudi par voie de communiqué.

La ronde de négociations qui se déroule actuellement à Atlanta pourrait bien être la dernière. En théorie, les pourparlers doivent prendre fin vendredi, mais ils pourraient bien se poursuivre pendant la fin de semaine, selon diverses sources.

Cette entente commerciale mènerait à la création d'une vaste zone de libre-échange entre des nations représentant 40% de l'économie mondiale et 800 millions de personnes.

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