Salons de coiffure: Québec coupe le décret

Dominique Brisebois maintient que le décret mine la... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Dominique Brisebois maintient que le décret mine la croissance d'entreprises comme la sienne en raison de la concurrence des salons d'Ottawa qui peuvent ouvrir plus tard le soir et le dimanche.

Étienne Ranger, LeDroit

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C'est la fin d'une époque en Outaouais. Mardi, à en conférence de presse à Québec, le ministre du Travail Sam Hamad a annoncé le dépôt d'un projet de loi abolissant un décret qui régissait depuis 81 ans toutes les activités inhérentes à l'exploitation des salons de coiffure de la région.

L'Outaouais est la seule et dernière région où ce type de décret gouvernemental a force de loi. Le reste du Québec s'en est libéré il y a plus de 30 ans, sauf la Montérégie, qui l'a aboli en 1994.

«C'est une des plus anciennes lois dans les relations de travail au Québec, a rappelé le ministre Hamad. Donc, il n'y a plus des prix fixés. [...] Ça va être le libre marché dans la région de l'Outaouais.»

Les salons de coiffure pourront donc ouvrir le dimanche et les soirs en début de semaine.

Ils seront aussi libres d'établir le prix d'une permanente, ou d'une coupe de cheveux, qui était de toute façon généralement plus élevé que le prix minimal fixé par Québec depuis 1934. Le marché déterminera aussi le salaire des coiffeuses.

L'annonce du ministre Sam Hamad a pris de court la propriétaire du salon Atmosp'hair, Dominique Brisebois, pourtant le fer de lance de la mobilisation contre le décret en Outaouais.

«Je suis sous le choc, commente-t-elle. C'est gros tout ça. C'est de l'inconnu. Mais ça nous donne de la liberté. J'espère juste que ça ne nuira pas à d'autres.»

Mme Brisebois s'attendait à ce que le décret tombe éventuellement à la suite d'un vote au Comité paritaire des coiffeurs de l'Outaouais. Québec en aura décidé autrement, notamment à cause des pressions exercées par la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), présente lors de l'annonce.

Mme Brisebois maintient que le décret mine la croissance d'entreprises comme la sienne en raison de la concurrence des salons d'Ottawa qui peuvent ouvrir plus tard le soir et le dimanche.

Cette dernière n'a aucune intention d'augmenter ses prix ou de diminuer le salaire de ses employés.

Elle prédit d'ailleurs que l'industrie de la coiffure connaîtra un regain de vie, car plus d'emplois seront disponibles pour les jeunes qui commencent dans le métier.

«On a perdu beaucoup d'argent à cause du décret. Ça coûte cher faire rouler un commerce. Je suis persuadée qu'à long terme on va créer des emplois dans l'industrie», s'enthousiasme-t-elle.

En cas de litige avec l'employeur, Mme Brisebois rappelle qu'un employé pourra toujours faire appel à la Commission des normes du travail.

Guerre de prix

La fin du tarif minimum créera peut-être des frictions en milieu rural. Pour attirer de la clientèle, de petits salons pourraient être tentés de se livrer une guerre de prix, qui leur nuirait en bout de piste, estime Mme Brisebois.

«C'est le temps que les coiffeurs se tiennent debout. On vaut plus que 10 $ la coupe!» s'exclame-t-elle.

Cette histoire de décret avait attisé la curiosité du Canada entier et même du Royaume-Uni en 2013, lorsque LeDroit avait rapporté que Québec haussait le prix minimum des coupes de cheveux en Outaouais.

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