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The Beer Store: les microbrasseries ontariennes se méfient

Le copropriétaire de Beau's All Natural Brewing déplore... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Le copropriétaire de Beau's All Natural Brewing déplore que The Beer Store ne permet pas un accès équitable aux bières de microbrasseries ontariennes sur ses tablettes.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Les microbrasseries ontariennes voient peu de valeur dans les changements proposés par The Beer Store afin de mettre en valeur les bières du terroir sur les tablettes du détaillant privé.

«Ils n'adressent aucunement l'enjeu principal d'améliorer l'accès de nos produits aux clients», commente Cam Heaps, président de l'Association des brasseurs artisanaux de l'Ontario (ABAO).

The Beer Store - propriété des brasseries étrangères Molson-Coors, Anheuser-Busch InBev et Sapporo - a annoncé mercredi qu'il ouvrait ses portes aux producteurs ontariens de bières artisanales en leur offrant l'occasion de détenir des parts dans l'entreprise. Les petits et moyens brasseurs devront payer 100 $ annuellement. Les droits des plus gros brasseurs s'élèvent à 1000$.

De plus, seuls les producteurs de bières artisanales vendant moins qu'un million de litres de bière par année (un peu plus que 488000 caisses standard de six bouteilles) pourront distribuer gratuitement deux de leurs broues dans les cinq succursales situées à proximité de leurs installations. Ceux produisant plus de cinq millions de litres de bière paieront le plein prix. Des rabais seront accordés aux microbrasseries dont la production se chiffre entre un et cinq millions de litres. «The Beer Store est un excellent réseau de distribution de bière. Aujourd'hui, nous prenons des mesures pour l'améliorer davantage», a déclaré mercredi Ted Moroz, président de la compagnie.

Le copropriétaire du Beau's All Natural Brewing, situé à Vankleek Hill, dans l'Est ontarien, ne partage pas cet opinion.

«The Beer Store ne donne pas un accès égal aux bières de microbrasseries. Ils ne nous mettent pas en valeur, peste Steve Beauchesne. D'ailleurs, dans les plus récentes succursales, ils ont carrément enlevé les logos de leurs murs et il faut espérer que les clients nous connaissent quand il fouille le catalogue de la tablette numérique.»

Pourtant, le brasseur de la région, qui produit trois millions de litres de bière par année, a déboursé 80000$ pour accéder à leur réseau de vente, une grosse somme pour une petite entreprise rappelle-t-il. Steve Beauchesne s'est dit quelque peu forcé de payer le gros prix, car The Beer Store refusait de leur remettre leurs bouteilles consignées, une nécessité pour les petits brasseurs. «Et dire que seulement 5% de nos ventes annuelles totales proviennent de là.»

«Et combien avez-vous payé pour vendre vos produits sur les tablettes de la LCBO, une société d'État ? lui a demandé LeDroit.

- Zéro dollar.»

Un «écran de fumée»

À son avis, les changements annoncés hier par The Beer Store s'avèrent plutôt un écran de fumée en réaction aux récentes révélations du Toronto Star. Le quotidien de la Ville-Reine a récemment mis au grand jour l'entente secrète de longue date du détaillant privé lui permettant d'avoir le monopole sur la vente de bières des caisses de plus de six bouteilles.

« N'oublions pas aussi que le Beer Store demeure une entreprise privée et non publique. Rien ne les empêche de changer les modalités de cette entente du jour au lendemain. Il n'y a aucune garantie. Il faut plutôt un changement à la structure de la distribution de la bière en Ontario.

Des promesses de changement

Le quasi-monopole de la vente de bière en Ontario par The Beer Store pourrait bientôt prendre fin, au grand plaisir des microbrasseries de la province, qui tentent de prendre du galon dans le monde brassicole.

En décembre dernier, la première ministre Kathleen Wynne avait promis de se pencher sur la question dans la nouvelle année après qu'il fut révélé qu'une entente spéciale garantissait au détaillant privé la majorité des parts du marché de la vente de bière.

«Attendez-vous à des changements», avait-elle lancé afin de briser cette tendance.

Plusieurs scénarios sont envisagés. Mme Wynne refuse toutefois catégoriquement de vendre de la bière dans les dépanneurs, comme au Québec.

«Elle pourrait toutefois nous permettre d'ouvrir un magasin au détail où l'on offre non seulement nos bières, mais celle d'autres microbrasseries», suggère Steve Beauchesne, copropriétaire de Beau's All Natural Brewing, de Vankleek Hill, dans l'Est ontarien. «On pourrait alors ouvrir un commerce au centre-ville, par exemple», précise l'homme d'affaires.

La mise sur pied d'entrepôts de la LCBO spécialisés dans la vente de bières artisanales rares pourrait s'avérer une autre option à son avis. «Et pourquoi ne pas forcer The Beer Store de maintenir un certain nombre de nos bières sur leurs tablettes?» ajoute Steve Beauchesne.

«Le gouvernement réinvente le modèle actuel. La première ministre s'est d'ailleurs engagée à effectuer un vrai changement.»

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