Les multiples visages de l'achat local

Le visage de l'achat local, c'est aussi parfois... (Dominique Binoist, LeDroit)

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Le visage de l'achat local, c'est aussi parfois celui de l'importation privée de produits comme l'huile d'olive Oro di Cleto, que le propriétaire de l'épicerie fine La Bottega Nicastro, Rocco Nicastro fils, montre à la caméra.

Dominique Binoist, LeDroit

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Les campagnes poussant les consommateurs à acheter « localement » se multiplient depuis quelques années, particulièrement dans le temps des Fêtes. S'agit-il véritablement d'un nouveau phénomène ? « Pas particulièrement », répond un expert de l'école de gestion Telfer de l'Université d'Ottawa.

« Dans les années 1980 par exemple, le gouvernement fédéral avait lancé une campagne 'Achetez Canadien' pour renforcer l'identité canadienne », rappelle Michael Mulvey.

Le professeur adjoint avoue toutefois que la tendance a évolué avec le temps, surtout au cours des dernières années. « Les raisons ont changé. Les gens magasinent maintenant avec une conscience sociale. À Noël, certains pensent aux implications de leurs cadeaux. Toutefois, en général, ils sont conscients de l'environnement, des conditions de travail du producteur et de la qualité du produit, notamment au chapitre de la fraîcheur des articles en épicerie. »

Une étude de la Banque de développement du Canada publiée en 2013 démontre d'ailleurs que 97 % des consommateurs qui achètent des produits dans leur patelin choisissent de le faire pour encourager l'économie locale. De plus, 87 % des personnes sondées croient qu'une telle pratique est meilleure pour l'environnement. Finalement, 45 % des répondants confirment avoir fait un effort pour acheter de la marchandise 100 % canadienne au cours de l'année.

Mais au-delà de la production locale, l'exclusivité d'un produit attire de plus en plus les foules, peu importent les frontières d'un quartier. Les boutiques du Glebe et de la rue Wellington accueillent des gens des quatre coins de la région. Les villages d'Almonte, de Manotick et de Chelsea aussi.

« Les magasins de ces endroits sont plutôt des boutiques spécialisées et sont menés par de bons propriétaires. Ils offrent des trucs que l'on ne peut trouver ailleurs. Ces exclusivités leur donnent une meilleure occasion de vendre leurs biens, mais surtout d'offrir leur expertise. »

Achat local... d'outre-mer

Néanmoins, l'« achat local » mise beaucoup sur les importations privées pour satisfaire à la population de plus en plus cosmopolite d'Ottawa.

L'épicerie fine La Bottega Nicastro, dans le marché By, est très courue par les Italiens de la région - et les amoureux de leur culture -, non seulement parce qu'elle offre des produits artisanaux d'ici, mais aussi une gamme unique d'aliments italiens. Des desserts de la Toscane, des pâtes « maison » de la Calabre et de l'huile d'olive exclusive de la même région du sud de l'Italie retiennent l'attention.

Diverses ententes avec ces producteurs font en sorte que leurs commandes outrepassent les distributeurs habituels. Ainsi, la plus récente commande de l'Oro di Cleto est déjà sur les tablettes à Ottawa. Pourtant, l'huile d'olive du village d'origine des propriétaires du commerce a été pressée en novembre dernier. « Il n'y a probablement pas d'huile d'olive plus fraîche que celle-là en ville. », avance le propriétaire de l'établissement, Rocco Nicastro fils.

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