Austérité du gouvernement Couillard

L'Outaouais rouge... de colère

La militante libérale de longue date et président... (Martin Roy, LeDroit)

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La militante libérale de longue date et président de la CRÉO, Paulette Lalande, craint même la « révolte sociale » et remet fortement en question son adhésion au Parti libéral du Québec (PLQ).

Martin Roy, LeDroit

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L'Outaouais, château fort libéral, est en train de se braquer contre le gouvernement de Philippe Couillard. Le rural et l'urbain cherchent à s'unir pour bloquer les aspirations austères de Québec.

L'émotion et la poids des décisions du gouvernement pesaient lourd, hier, autour de la Conférence régionale des élus de l'Outaouais (CRÉO). Le conseil d'administration a même refusé d'adopter le « plan de fermeture » de l'organisme prévu par Québec. Les élus souhaitent se donner jusqu'à la mi-décembre pour présenter une autre solution, maison celle-là, au gouvernement.

Après les syndicats ainsi que les milieux de l'éducation et de la santé, c'est au tour du monde municipal de l'Outaouais de sermonner Québec. Les maires de Gatineau, La Pêche et Maniwaki, ainsi que les préfets de la MRC Vallée-de-la-Gatineau et Pontiac montent tous au créneau.

La militante libérale de longue date et président de la CRÉO, Paulette Lalande, craint même la « révolte sociale » et remet fortement en question son adhésion au Parti libéral du Québec (PLQ). Le lien de confiance entre Mme Lalande et la ministre responsable de la région, Stéphanie Vallée, en sort aussi grandement affaibli.

« Est-ce qu'elle (Stéphanie Vallée) travaille pour l'Outaouais ou pour Québec ? Je pense qu'elle travaille beaucoup plus pour Québec, lance Mme Lalande. Son message, c'est le plan du gouvernement et c'est à peu près ça. C'est la ligne de parti. »

C'est la deuxième fois en deux semaines que Paulette Lalande attaque de front le gouvernement Couillard. « Je ne reconnais plus du tout mon gouvernement, celui qui devait être juste et équitable et qui devait écouter les régions, admet-elle. On nous a dit qu'on était des partenaires extraordinaires. Je suis désolée, mais je ne suis plus un partenaire du gouvernement. Il m'impose ses volontés. Le manque de respect pour les régions est épouvantable. Le gouvernement veut abolir des structures. Pourtant, le gouvernement, c'est une structure ça. Est-ce qu'on a pensé l'abolir ce gouvernement ? Je me dis qu'il faudrait peut-être le faire et en élire un autre. »

La mort des régions

Paulette Lalande a passé sa carrière politique à défendre, à sa manière, le monde rural. En ce sens, elle a toujours été une interlocutrice des gouvernements en poste à Québec. Aujourd'hui, la préfète de la MRC Papineau craint que le parti qu'elle a toujours appuyé ne fasse mourir des régions entières avec ses réformes et ses mesures d'austérité.

« On se dirige peut-être vers quelque chose que le Québec n'a encore jamais vécu parce que le gouvernement n'aura pas été capable de prendre les bonnes décisions, s'inquiète Mme Lalande. J'ai l'impression que Québec veut détruire les MRC, qu'il voudrait que certaines régions disparaissent. Des régions vont mourir si ça continue. »

Le PLQ joue avec le feu

Est-ce que le PLQ serait en train de perdre l'appui historique dont il dispose en Outaouais ? Selon Paulette Lalande, une chose est claire. « Le gouvernement joue avec le feu, dit-elle. J'ai échangé avec beaucoup de gens dans la région et plusieurs partagent mon point de vue. Je suis déchirée parce que j'ai toujours cru en ce gouvernement, mais là, ce n'est pas le message qu'ils nous ont donné en campagne. Là, c'est le message de la Coalition avenir Québec (CAQ) que le gouvernement nous sert. Les gens n'ont pas voté pour la CAQ parce qu'ils n'étaient pas d'accord avec ce qui était proposé. »

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