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Forum socioéconomique: à la recherche d'une vision commune

Antoine Normand, président de la Chambre de commerce... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Antoine Normand, président de la Chambre de commerce de Gatineau, est d'avis que le rural et l'urbain doivent se donner des missions en commun.

Martin Roy, Archives LeDroit

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Ce n'est pas d'hier que l'Outaouais parle de l'importance de se doter d'une identité régionale et d'une vraie complémentarité entre le monde rural et l'urbain. L'économiste Franco Materazzi, décédé en 2010, aimait rappeler que la région excelle dans la réflexion, mais que c'est dans l'application concrète de ses propres solutions quelle échoue trop souvent.

Tout le milieu économique et politique de l'Outaouais a une chance de se reprendre samedi. Le Forum socio-économique de l'Outaouais qui se tient à l'Université du Québec en Outaouais (UQO) est probablement la plus grande porte ouverte en près de deux décennies à une unification régionale autour d'une seule et même vision du développement économique.

Les derniers mois ont été le théâtre de quelques accrochages bien sentis entre le milieu rural et l'urbain. Le dossier du train à vapeur en est un bel exemple. Les organisateurs du forum ne veulent pas de débats sur les structures, mais la base de la discussion qu'ils souhaitent lancer sera probablement à elle seule génératrice de vives discussions.

Le scénario de développement proposé projette l'Outaouais en 2030. Les discussions d'aujourd'hui doivent faire de l'Outaouais, d'ici environ 15 ans, une «région unifiée qui a su atténuer les conflits de l'espace urbain-rural qui la compose, propose le document de travail du forum. Ses stratégies de complémentarité rurale-urbaine ont permis à la région de se doter de liens forts qui amènent une diversification économique tant rurale qu'urbaine.»

Le président de la Chambre de commerce de Gatineau (CCG), Antoine Normand, est d'avis que la situation ne peut pas être pire qu'elle ne l'est actuellement. «Nous ne travaillons déjà pas vraiment ensemble et ça, c'est quand on ne se fait pas directement compétition», dit-il.

Redéfinir les structures

Québec a déjà annoncé qu'il abolissait les CLD. Les structures et l'organisation du développement économique qui sont en place dans la région sont appelées à changer au cours de la prochaine année.

Le Forum socio-économique de l'Outaouais ne peut pas mieux tomber, selon lui.

«Il faut qu'on sorte de là tous prêts à se donner des missions en commun et les montants d'argent pour les remplir», lance M. Normand. Selon lui, l'exportation, la prospection et l'incubation doivent devenir des responsabilités régionales, tout comme le tourisme et l'agroalimentaire, dans une autre mesure. Cela ne doit toutefois pas empêcher des actions locales qui demeureront primordiales.

La vision 2030 développée dans le cadre du forum identifie les contributions régionales que devront faire le rural et l'urbain. Gatineau doit jouer son rôle de métropole régionale et profiter de la proximité avec Ottawa pour y arriver. Elle doit investir dans la tertiarisation de ses activités et développer son économie autour de l'innovation, du savoir et des compétences, notamment dans le secteur des technologies de l'information, des communications, de la santé, de l'environnement et de la culture. Sa diversification économique doit répondre à la demande régionale, mais être également tournée vers le secteur de l'exportation.

Les territoires ruraux doivent générer une dynamique «complémentaire, cohérente et unifiée», peut-on lire dans cette vision 2030.

Les discussions s'ouvrent samedi matin, à 9h15, à l'Université du Québec en Outaouais.

«Le défi, c'est d'avoir une vision partagée par tous», estime le maire Maxime Pedneaud-Jobin

Le maire de Gatineau ne le propose pas formellement, se laissant la latitude voulue afin d'évaluer le niveau d'adhésion de la région à un tel projet, mais il juge «tout à fait intéressant» le scénario qui mènerait à un rassemblement autour d'une seule instance régionale de développement économique. «J'espère qu'on va en parler», dit-il.

En entrevue avec LeDroit, Maxime Pedneaud-Jobin a affirmé que le Forum socio-économique de l'Outaouais doit aboutir sur une vision commune du développement économique de la région. «Il faut mieux travailler ensemble, mieux se concerter et avoir des priorités plus claires, a-t-il dit. Le défi dans la région est d'avoir une vision partagée par tous.»

Le forum d'aujourd'hui revêt une importance encore plus grande, alors que Québec a annoncé, il y a quelques semaines, qu'il abolissait les CLD. «Nous devrons prendre des décisions en 2015 par rapport à notre service de développement économique, ajoute le maire. Le contexte accélère la nécessité de prendre une décision rapidement et ce forum va nous aider à le faire.»

M. Pedneaud-Jobin est d'avis que la région aurait avantage à éliminer les dédoublements de mission et à éclaircir les mandats des institutions en place sur le terrain. «Il y a actuellement une trentaine d'organisations qui font du développement économique dans la région, note-t-il. Le développement peut se faire chacun de notre bord, mais je pense qu'ensemble on serait plus fort.»

Le maire de Gatineau est conscient que les besoins diffèrent d'un endroit à l'autre dans la région et que le rural et l'urbain se tiraillent souvent pour le même argent. «Mais si on commence par une vision, un programme commun, on peut finir avec un budget où tout le monde s'y retrouve, avance-t-il. On pourrait ainsi développer une bien plus grande solidarité régionale.»

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