Un comité d'accueil pour Coiteux

Le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux,... (Patrick Woodbury)

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Le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, est venu participer à un diner-conférence de la Chambre de commerce de Gatineau.

Patrick Woodbury

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Pour un second vendredi d'affilée, un ministre a bruyamment été accueilli à Gatineau par des syndiqués qui s'indignent face aux compressions imposées par le gouvernement Couillard. Après Gaétan Barrette, le même sort a été réservé vendredi au président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, venu vulgariser la réforme des finances publiques à une centaine de gens d'affaires de la région.

Orchestrée par le Conseil central des syndicats nationaux en Outaouais (CCSNO), la manifestation réunissant une trentaine de personnes s'est cependant déroulée dans le calme et n'a point perturbé le dîner-conférence de la Chambre de commerce de Gatineau (CCG), le ministre Coiteux ayant même accepté de discuter avec le syndicat quelques minutes. 

D'emblée, le ministre responsable de l'Administration gouvernementale et de la Révision permanente des programmes a dit que Québec a pour objectif de rétablir l'équilibre budgétaire dès 2015-2016 et le maintenir par la suite, question entre autres «de ne plus hypothéquer l'avenir de nos enfants». Selon lui, le gouvernement aura forcément des choix ardus à faire, mais l'heure n'est plus aux changements «cosmétiques». 

«Notre plan de match est ambitieux, essentiel pour la prospérité du Québec», a-t-il lancé au parterre de gens d'affaires, précisant que le déficit pourrait atteindre la barre des 5 milliards $ si rien n'était fait. Il a par contre juré que les services à la population, tout domaine confondu, ne seront pas affectés. 

Le président de la CCG, Antoine Normand, s'est montré satisfait de l'événement, et ce même si le discours de M. Coiteux ne contenait que peu d'allusions aux enjeux de l'Outaouais. Selon lui, il faudra continuer à cogner sur le même clou.

«Nous ne sommes pas déçus, car on était là pour passer des messages et je crois que ça a marché. [...] On aurait aimé que l'incertitude ne perdure pas aussi longtemps que ça, le gouvernement a lancé plusieurs ballons. Pour savoir à quoi s'en tenir, il va falloir que ça soit rapide. [...] Dans un autre sens, est-ce qu'on pense qu'il y a trop de structures dans l'appareil gouvernemental? Oui. On comprend qu'il faut trouver des solutions», a-t-il indiqué. 

Ajoutant que l'Outaouais a d'importantes particularités, à commencer par son contexte frontalier avec l'Ontario, il espère que les décideurs n'auront pas uniquement recours à des mesures mur à mur.

«Ça ne peut pas être juste noir ou blanc. Pensons par exemple à un étudiant qui traverse étudier à l'Université d'Ottawa ou à La Cité et qui ne revient pas travailler au Québec ensuite. Il aura coûté cher à l'État depuis l'époque où il était à la garderie, mais il ne paiera pas d'impôts ici, ne nous rapportera rien», dit-il. 

La CCG a l'intention d'inviter d'autres ministres dans les prochains mois. M. Normand rencontrera par exemple la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, à la mi-novembre. L'un des prochains événements d'importance au calendrier est le Sommet socio-économique de l'Outaouais, prévu le 29 novembre à l'UQO.

La disparition des CRÉ fait jaser en Outaouais

Alors que Québec répète ne pas avoir statué sur l'avenir des Conférences régionales des élus (CRÉ), plusieurs intervenants de la région sont unanimes au sujet de l'avenir de celle de l'Outaouais. À leur avis, sa structure peut être remodelée de fond en comble, mais son existence même n'est pas à discuter.

Lors de sa visite à Gatineau vendredi, le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, n'a pas confirmé l'information selon laquelle un décret ministériel visant à abolir les CRÉ aurait été adopté par Québec jeudi. «Je répète que dans tous les programmes, l'heure des décisions approche. Elle n'est pas encore arrivée. Bientôt, on va pouvoir annoncer des choses. Ultimement, ce qui est important de retenir ici, ce n'est pas la manière dont on s'y prend, mais les résultats», a-t-il dit, précisant que maintes rumeurs circulent ces derniers temps.

Si elle s'était faite plutôt avare de commentaires cette semaine, la présidente de la CRÉO, Paulette Lalande, s'est montrée un peu plus loquace vendredi. «Rien n'est décidé encore, ils réfléchissent à savoir de quelle façon ils vont couper dans les structures. Ça sera peut-être les mêmes ou elles auront un aspect différent, je n'ai pas de problème avec ça. Mais il faut qu'il reste une structure régionale, c'est essentiel, surtout dans le monde rural. Sinon, on ne s'en sortira pas. [...] On retomberait dans les mêmes patrons qu'avant, soit de travailler en silo.»

De son côté, le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin abonde dans le même sens, même s'il préfère ne pas trop ajouter son grain de sel dans ce dossier.

«Ça prend une instance régionale, sinon les décisions se prennent dans des tours à Québec et ce n'est pas l'idéal», dit-il, ne voulant pas s'enliser dans un débat de structure.

- Avec Mathieu Bélanger

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