Les coupes à Radio-Canada affecteront la francophonie

Le Québec et l'Ontario à la défense de la SRC

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La Presse Canadienne

Le sous-financement de Radio-Canada par le gouvernement conservateur remet en question le fondement même de la francophonie au pays et a réduit la couverture des nouvelles en français, ont affirmé les ministres responsables de la francophonie au Québec et en Ontario.

En point de presse hier à Toronto, Jean-Marc Fournier et Madeleine Meilleur ont joint leurs voix pour exprimer leurs inquiétudes par rapport aux vagues de compressions budgétaires qui ont été imposées au diffuseur public par Ottawa.

Les communautés francophones en situation minoritaire vont en souffrir et seront même en péril, a insisté Mme Meilleur, qui rappelle que le diffuseur public est souvent le seul média radio et télé en langue française dans certains coins du pays.

« Il faut donner à Radio-Canada les outils pour continuer son mandat national : l'avenir même des communautés francophones en situation minoritaire en dépend », a-t-elle déclaré, dans la salle de presse de l'Assemblée législative ontarienne, avec son homologue québécois.

L'effet net de ces compressions est qu'il y a - et qu'il y aura - moins de couverture des nouvelles en français, a de son côté fait valoir M. Fournier, aussi ministre des Affaires intergouvernementales, qui croit que « l'image et le destin du Canada est d'en avoir plus ». Et selon lui, la couverture doit aussi être plus pertinente : il a ainsi souligné que les nouvelles au sujet de la circulation sur le pont Champlain ne le sont pas réellement ailleurs au Québec et au pays.

Les deux ministres interpellent le gouvernement fédéral, soulignant qu'il doit respecter la loi sur la radiodiffusion, qui donne à la société d'État un mandat unique, notamment la mission d'aider la francophonie à s'épanouir.

« Il (le fédéral) doit respecter ses obligations légales et morales de financer Radio-Canada pour qu'elle puisse remplir son mandat », soutient Mme Meilleur. Elle juge aussi que Radio-Canada a été plus affectée par les compressions que son pendant anglophone CBC.

Cette sortie d'hier fait suite aux discussions ayant eu lieu en juin dernier entre les ministres responsables de la francophonie. L'Ontario et le Québec ont pris les devants sur ce dossier délicat des compressions à Radio-Canada, ont déclaré les deux ministres.

Ils ont l'intention de solliciter des rencontres avec le commissaire aux langues officielles Graham Fraser, avec la direction de Radio-Canada et avec le groupe les Amis de Radio-Canada.

« Nous allons espérer un écho du fédéral mais nous n'allons pas arrêter notre marche même si l'écho ne venait pas », a prévenu le ministre Fournier.

Il n'envisage toutefois pas d'avoir recours aux tribunaux pour obliger Ottawa à respecter la loi, voulant plutôt chercher des solutions avec le fédéral. Mme Meilleur n'exclut pas une action en justice mais déclare « qu'on en est pas rendu là ».

Radio-Canada voit son budget fondre et a subi plusieurs rondes de compressions, soit quatre en cinq ans. En juin dernier, le président de CBC/Radio-Canada, Hubert Lacroix, avait annoncé des mises à pied de 25 % de ses employés d'ici cinq ans. Cette annonce avait été précédée de compressions d'environ 130 millions $, à peine quelques mois plus tôt.

La ministre du Patrimoine canadien, Shelly Glover, qui est responsable du diffuseur public, n'était pas disponible pour une entrevue lundi, a fait savoir son bureau.

Mais dans une déclaration écrite, Mme Glover a indiqué que « Radio-Canada reçoit déjà des fonds importants des contribuables et ils peuvent opérer avec leur budget actuel ».

Se servant des mêmes phrases utilisées récemment lorsqu'il s'agit de Radio-Canada, sans référence à la nouvelle du jour, Mme Glover dit comprendre le rôle important que joue Radio-Canada dans les communautés éloignées et les communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Ceci dit, « c'est à Radio-Canada d'offrir aux Canadiens une programmation qui satisfait leur mandat et que les Canadiens veulent voir », ajoute-t-elle.

Plus tôt, lors du point de presse à Toronto, la ministre Madeleine Meilleur avait accusé Ottawa d'équilibrer son budget « sur le dos des provinces », en effectuant de nombreuses compressions comme celles imposées à Radio-Canada. Les provinces doivent compenser en offrant plus de services pour que la francophonie reste bien vivante, a-t-elle ajouté.

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