« Les transactions de drogue suivront »

Des résidents ont manifesté, mercredi soir.... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Des résidents ont manifesté, mercredi soir.

Etienne Ranger, Le Droit

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Un client de l'Armée du Salut affirme que le déménagement du refuge dans le quartier Vanier entraînera un exode des revendeurs de drogues vers la nouvelle adresse.

« Je te garantis sans l'ombre d'un doute que ce que tu vois là-bas se déplacera vers cet endroit », a indiqué au Droit Mike, un client de l'Armée du Salut, en faisant référence à une transaction de drogue se déroulant devant l'immeuble de la rue George, dans le marché By.

« Y'a des gens ici parce qu'il y a des produits (drogues) ici. N'importe quel endroit où la nourriture est gratuite, il y a de la drogue. Ça attire. C'est simple », a continué l'homme.

La prédiction du sexagénaire, qui a tenu à ne pas dévoiler son nom de famille, vient corroborer les nombreuses craintes exprimées par des Vaniérois qui s'opposent à la proposition de centre multifonctionnel de l'Armée du Salut au 333, chemin Montréal. Plusieurs résidents du secteur craignent que le mégarefuge vienne nuire aux efforts de revitalisation du chemin Montréal, et qu'il attire une vague d'itinérants, de toxicomanes et des revendeurs de drogue.

« On ne veut pas que la rue Montréal devienne un ghetto. On veut qu'elle appartienne aux gens de Vanier, qu'ils aient des problèmes ou non. Il y a déjà beaucoup de services sociaux ici. Ce n'est pas qu'on veut se défaire des gens qui ont des problèmes, au contraire. C'est ça qui fait que notre communauté est vibrante, mais on trouve que la proposition est parachutée de l'extérieur. Elle est trop grosse et poussée trop rapidement », a expliqué Philippe Denault, un citoyen de Vanier.

M. Denault était parmi les quelque 200 personnes qui ont manifesté mercredi devant le Centre de conférences d'Ottawa sur le chemin Coventry où l'Armée du Salut tenait une journée portes ouvertes pour mieux faire connaître son projet, les services qui y seront offerts ainsi que les retombées économiques pour le quartier.

« Il y a beaucoup de commentaires très positifs et il y a beaucoup de gens qui appuient le projet, a réagi Marc Provost, directeur général de l'Armée du Salut. Ils sont peut-être un peu moins vocaux, un peu moins visibles, mais il y a beaucoup de personnes qui appuient notre initiative. Oui, il y a des gens qui s'opposent au projet et qui ne l'appuieront probablement pas. L'idée n'est pas de convaincre les gens, mais de partager la bonne information. Souvent ce que les gens ont en tête est basé sur de la mauvaise information ».

M. Denault demeure sceptique.

« Ils pensent qu'ils seront capables de contenir tous les problèmes à l'intérieur de leur installation. On en doute beaucoup puisque leur philosophie est de ne pas permettre à leurs clients de consommer sur place. Ces gens vont sûrement sortir dans le quartier. Ma préoccupation comme citoyen et père de famille, c'est la sécurité de mes enfants qui vont à l'école primaire dans le quartier », a expliqué M. Denault, croyant que le déménagement de l'Armée du Salut à Vanier vise à « déplacer un problème » puisque, avance-t-il, des gens à Ottawa voient le marché By comme un centre touristique et intéressant au chapitre du développement immobilier.

Le centre de ressources de l'Armée du Salut est d'une valeur de 53 millions $. 

Il offrira quelque 350 lits, dont 140 pour les situations d'urgence, avec plusieurs programmes pour les gens vivant différentes problématiques. Si le processus devant les autorités municipales se déroule sans anicroche, la première pelletée de terre pourrait avoir lieu en 2020.




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