Menaces de mort au Centre de prévention des surdoses

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« On a eu des menaces de mort », affirme l'initiatrice du projet d'implantation d'un centre de prévention des surdoses, Marilou Gagnon.

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« Quand on s'est présenté sur notre site, y a quatre hommes, qui se donnaient des airs menaçants avec deux chiens, qui ont décidé d'agripper nos tentes. (...) Ils ont cassé une de nos tentes, ils essayaient de nous intimider physiquement », raconte Marilou Gagnon, professeure agrégée en sciences infirmières à l'Université d'Ottawa et initiatrice du projet d'implantation d'un centre (non autorisé) de prévention des surdoses au parc Raphael-Brunet à Ottawa.

Projet qui soulève l'ire de certains voisins qui se disent privés d'un parc désormais envahi par une clientèle de toxicomanes qui consomment les services offerts par ce petit centre d'intervention installé sous chapiteau en plein air.

« On a eu des menaces de mort, d'ailleurs, qu'on a sur vidéo et que j'ai tweetées. (...) À la table d'accueil, ç'a été difficile (un certain soir) pour les bénévoles parce qu'ils se sont fait crier des obscénités pendant deux heures, vraiment des choses... (un homme) criait de son balcon ... c'était vraiment blessant », raconte Mme Gagnon.

Sur une vidéo dont l'image est souvent hors foyer, que Marilou Gagnon a partagé sur son compte Twitter, on entend assez clairement un voisin du parc où l'équipe de bénévoles a installé des tentes pour accueillir les usagers, crier en anglais des menaces : « Si vous revenez demain, eh bien... vous pourriez avoir des problèmes (...) Si jamais je trouve une seringue, je vais vous... »

373 visites en 14 jours

Le centre de prévention des surdoses du parc Raphael-Brunet à Ottawa est le 26e du genre au Canada à ouvrir ses portes pour endiguer cette vague sans précédent de surdoses mortelles au pays. Après deux semaines d'opération, l'équipe de bénévoles y avait reçu 373 visites d'usagers. Le centre est ouvert depuis le 25 août dernier et malgré les insultes d'une poignée de voisins mécontents, Marilou Gagnon n'a pas l'intention de plier bagage. 

« On est déterminé à rester là, tant et aussi longtemps que le service est nécessaire. »

« Il n'y a aucune alternative en ce moment à Ottawa, aucun endroit où ils (les usagers) peuvent aller pour s'injecter de façon sécuritaire et aussi recevoir les premiers soins en cas de surdose. »

Même si un site d'injections supervisées officiel est censé ouvrir en novembre dans la Côte-de-Sable, Mme Gagnon estime que ce « site ne répondra jamais à tous les besoins ». La professeure-chercheure estime qu'au moins trois sites d'injections supervisées, ouverts toute la journée, seraient nécessaires pour servir la communauté ottavienne.

Quant aux voisins qui vocifèrent : « C'est un quartier qui s'est gentrifié ; ces (citoyens mécontents) se sont fait vendre de beaux condos et là, ils veulent que tous ces gens-là (les usagers du centre) disparaissent de leur quartier. En fait, c'est à eux de disparaître », conclut Marilou Gagnon.




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