Les opposants poursuivent le combat

Pancartes en main, les protestataires étaient bruyants, et... (Simon Séguin-Bertrand, Le Droit)

Agrandir

Pancartes en main, les protestataires étaient bruyants, et de nombreux automobilistes les ont appuyés à coups de klaxon.

Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Plus de 200 personnes ont crié haut et fort leur opposition au projet de refuge et centre multifonctionnel de l'Armée du Salut sur le chemin Montréal lors d'une manifestation mardi soir près des lieux où doit être érigé l'immeuble de 50 millions $. Certains craignent que le caractère francophone du quartier soit dilué si un tel établissement voit le jour dans le secteur.

La manifestation s'est déroulée au pied d'un immeuble à condominiums à l'angle du chemin de Montréal et de l'avenue Lafontaine dans lequel des représentants de l'Armée du Salut ont donné une séance d'information aux occupants de l'édifice sur le projet.

Pancartes en main, les protestataires étaient bruyants, et de nombreux automobilistes les ont appuyés à coups de klaxon.

Philippe Denault, un citoyen de Vanier, craint que le quartier perde son caractère francophone avec l'arrivée du complexe de l'Armée du Salut.

« Le chemin de Montréal, c'est l'artère vitale du fait francophone à Ottawa. Ça va disparaître ça aussi, s'inquiète M. Denault. Les francophones iront vivre en banlieue parce que le quartier deviendra un lieu de refuge de gens venant d'un peu partout en Ontario ».

Huguette Trépanier elle aussi craint le déménagement de l'Armée du Salut du marché By au 333, chemin de Montréal. Elle possède une propriété dans le secteur. Elle a indiqué que le secteur s'est amélioré alors qu'il y a moins de prostitution et de revendeurs de drogue, mais elle se dit « absolument horrifiée » à l'idée de voir l'organisme s'établir près de chez elle, avec un refuge comptant 350 lits, dont 140 pour les courts séjours.

« C'est beaucoup trop gros. Ce sont seulement des hommes qui ont différents problèmes. Ça fait peur. Ça fait peur pour Vanier, pour l'avenir de Vanier. Il y a beaucoup de gens qui ont travaillé fort pour essayer de remonter notre réputation, le statut social », a expliqué Mme Trépanier, qui croit qu'il serait plus efficace d'avoir de plus petits refuges dans la ville qu'un seul gros centre.

Drew Dobson, propriétaire du Finnigan's Pub et l'individu à la tête du mouvement S.O.S. Vanier, a déploré que la direction de l'Armée du Salut ait mené une séance d'information « encore une fois derrière des portes closes », mardi soir.

« Le processus s'est fait dans le secret. On a laissé tomber ça sur la communauté de Vanier il y a environ quatre semaines alors qu'ils disaient qu'ils convoitaient ce site depuis un an ou deux. Personne n'était au courant », a déploré M. Dobson.

Selon M. Dobson, les résidences situées à côté du terrain, l'artère commerciale qu'est le chemin Montréal et le quartier Vanier sont les principales raisons pourquoi les résidents du secteur rejettent la proposition.

« Vanier est fragile aux chapitres social et économique, et 350 lits nous feront reculer de dix ans. C'est un projet trop gros. C'est trop gros pour n'importe quel quartier d'Ottawa », a ajouté M. Dobson.

Cheryl Green, une autre résidente de Vanier signale que le quartier abrite déjà des maisons de transitions, et que l'arrivée de nouvelles personnes vulnérables dans le secteur pourrait contribuer à faire rechuter celles qui tentent de se sortir de leur infortune. 

Mme Green croit en outre que la pression populaire pourrait faire reculer l'Armée du Salut.

« Si nous pouvons envoyer des gens à toutes les réunions, s'ils peuvent nous écouter, puisque nous payons des taxes, il y a de l'espoir. Je ne serais pas ici s'il n'y avait pas d'espoir », a-t-elle expliqué.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer