«Pour ne plus avoir nos langues dans nos poches»

La marche citoyenne organisée dans le but de... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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La marche citoyenne organisée dans le but de réclamer le statut bilingue officiel de la Ville d'Ottawa a ressemblé près d'un millier de personnes dont plusieurs jeunes des écoles de la capitale.

Patrick Woodbury, Le Droit

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Pancartes, sifflets et trompettes en main, plus d'un millier de personnes ont convergé vers l'hôtel de ville de la capitale mercredi avant-midi lors d'une marche citoyenne pour réclamer le statut bilingue officiel de la Ville d'Ottawa, puis se sont rassemblées en soirée à l'École secondaire publique De La Salle.

« Pour ne plus avoir nos langues dans nos poches » ou encore « Watson tête dure, Ottawa culture » : les slogans disaient tout.

Accompagnés de nombreux acteurs du milieu franco-ontarien et d'autres citoyens, quelques centaines d'élèves des conseils scolaires francophones avaient délaissé leurs classes en avant-midi pour faire entendre leur voix lors de ce rassemblement orchestré à la fois par la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), l'Association des communautés francophones d'Ottawa (ACFO), le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) et les organismes partenaires de l'initiative #OttawaBilingue. 

Scandant haut et fort « Qu'est-ce qu'on veut ? Ottawa bilingue ! », les marcheurs ont pris le départ du parc Strathcona en avant-midi, dans le secteur Côte-de-Sable, pour se diriger vers l'hôtel de ville via la rue Laurier, un trajet de 1,5 km sous escorte policière.

Récemment élu président de la FESFO, Pablo Mhanna-Sandoval ne compte pas lâcher le morceau et pense que le maire Watson finira tôt ou tard par changer son fusil d'épaule. 

« On ne va pas attendre, c'est le temps approprié de le faire et c'est ce que la nouvelle génération souhaite. Ce serait un symbole puissant. Et il faut aussi garder en tête l'aspect communautaire, on le fait principalement pour les résidents d'ici qui méritent une pérennité de leurs droits, d'accès à leurs services. [...] Je crois que M. Watson et nos adversaires sont motivés par une peur bleue de rouvrir encore le débat sur le bilinguisme à Ottawa, sans compter qu'il y a une manipulation des faits », soutient-il.

Élève de 12e année à l'école secondaire catholique Béatrice-Desloges, Dada Muhobo avait soigneusement encerclé la date du 31 mai dans son agenda.

« Le bilinguisme est important pour moi parce que ça fait partie de ma culture. Je suis francophone non seulement car je suis Ontarienne mais j'ai aussi des origines africaines, du Congo. J'ai grandi avec la francophonie, donc le fait qu'il y a des services ou des programmes qui ne sont pas toujours offerts en français, je trouve ça injuste. Même à Orléans, contrairement à ce que les gens pensent, nous ne sommes pas toujours bien desservis dans notre langue », a lancé la jeune femme de 18 ans. 

Ralliement citoyen

Alors que la foule scandait « Ottawa bilingue ! », des représentants des organismes partenaires du mouvement #OttawaBilingue ont tour à tour pris la parole plus tard dans la journée, à l'auditorium de l'École secondaire De La Salle. La plupart d'entre eux ont profité de l'occasion pour s'adresser au maire Watson.

« La politique actuelle du bilinguisme d'Ottawa ne fonctionne généralement pas bien, monsieur le maire », déclare la membre du Conseil d'administration de l'ACFO, Soukaina Boutiyeb.

« Oui, il y a une politique de bilinguisme. Un bilinguisme pratique, qui "fonctionne bien", selon notre maire. Une politique dont il se dit fier. Alors pourquoi ne pas officialiser cette pratique en la transformant en loi ? », ajoute le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin.

Cette journée d'action citoyenne était une opportunité pour les Ottaviens de célébrer la francophonie et de se mobiliser en faveur du projet de bilinguisme officiel de la ville d'Ottawa.

« C'est un projet d'avenir. C'est s'assurer que les générations futures pourront vivre en français », mentionne Mme Boutiyeb. 

« Les francophones sont à Ottawa pour y rester. Demain, ils continueront de se battre », conclut M. Jolin.

Le coprésident du RÉFO, Yacouba Condé, considère que la journée a été une réussite.

« C'est le temps de montrer au maire qu'on est vraiment solidaire et qu'on travaille ensemble, les organismes et la communauté, dit-il. Il y avait des personnes de tous les âges qui étaient réunis aujourd'hui. On va continuer de travailler en ce sens pour finir par obtenir gain de cause. »

Et plusieurs militants partagent son avis.

« On fait des progrès. Des rassemblements de 1 000 personnes à l'hôtel de ville, il n'y en a pas toutes les cinq minutes ! », s'exclame un des militants, Lucien Bradet.

Meilleur de la partie

L'ex-ministre déléguée aux Affaires francophones de l'Ontario, Madeleine Meilleur, tenait à être sur place pour confirmer son appui à la cause, esquivant par ailleurs toute question des journalistes au sujet de la controverse liée à sa nomination par le premier ministre Trudeau en tant que commissaire aux langues officielles.

« Ça fait longtemps que je travaille au dossier d'Ottawa ville bilingue. J'espère que le message va être très clair, c'est ce que la jeunesse veut. Je suis ici comme citoyenne et je n'arrêterai pas tant et aussi longtemps que nous n'aurons pas notre capitale bilingue. Ce serait un beau message à envoyer à tous les Canadiens mais également aux gens de l'étranger », a-t-elle commenté. 




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