Un drapeau pro-vie sème la colère à l'hôtel de ville d'Ottawa

Le drapeau gris à la droite de l'image... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Le drapeau gris à la droite de l'image est celui de l'organisation pro-vie National March for Life.

Etienne Ranger, Le Droit

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Le drapeau d'une organisation anti-avortement hissé, puis descendu, jeudi à l'extérieur de l'hôtel de ville d'Ottawa cause l'émoi dans la communauté et sur les réseaux sociaux.

S'insurgeant contre la situation, sept conseillers municipaux ont signé une pétition pour exiger son retrait immédiat, soit les quatre élues féminines, Catherine McKenney, Diane Deans, Marianne Wilkinson et Jan Harder, ainsi que leurs collègues masculins Mathieu Fleury, Tobi Nussbaum, Jeff Leiper. David Chernushenko n'a pas initialement signé la missive, mais a annoncé son appui à l'initiative de ses collègues sur les médias sociaux.

« Nous sommes outrés qu'un drapeau représentant une conviction personnelle visant à restreindre le droit des femmes à l'avortement flotte au-dessus des terrains de l'hôtel de ville, et ce, pour la première fois de l'histoire », indiquent-ils dans leur déclaration commune.

Plus tard, en entrevue avec Le Droit, le conseiller Mathieu Fleury n'a pas caché son soulagement de savoir que le Bureau du protocole ait fait marche arrière. 

« En tant que municipalité, on a le devoir d'être inclusif, c'est une responsabilité collective. Ce n'est pas une opinion personnelle, c'est un devoir face aux résidents. Et nous avons un fait qui est très visible : les quatre femmes qui siègent au conseil ont signé la pétition, ça envoie un message pas mal clair. En plus, elles sont de différentes générations. [...] Je ne crois pas que c'est un enjeu politique, c'est simplement que la politique actuelle doit être révisée. Quand une politique créé des exclusions, c'est inacceptable », soutient-il. 

Le maire Jim Watson a réagi sur Twitter et par communiqué en affirmant qu'il avait demandé au Bureau du greffier et chef des contentieux de faire une révision de la politique de proclamations et de levée du drapeau. Il veut que l'administration lui fasse part de recommandations d'ici un mois.

«Mon opinion personnelle a toujours été que les femmes ont le droit de choisir. Je partage vos préoccupations et j'ai demandé qu'on révise la politique de levée du drapeau», a-t-il ajouté.

La course conservatrice s'invite à la manifestation annuelle contre l'avortement

L'adversaire principal de Maxime Bernier dans la course au leadership du Parti conservateur tente de faire le plein de votes chez ceux qui militent contre l'avortement.

Andrew Scheer a délégué à la manifestation annuelle anti-avortement, sur la colline parlementaire à Ottawa jeudi après-midi, des députés qui l'appuient afin qu'ils le présentent comme «un des trois candidats pro-vie».

M. Scheer a pourtant assuré, dès le début de cette course, que s'il était élu à la tête du Parti conservateur, puis éventuellement premier ministre du Canada, il n'ouvrirait pas à nouveau un débat sur le droit à l'avortement, ni ne proposerait de loi pour interdire la pratique.

Alors que les deux candidats qui font de cette question leur cheval de bataille principal - Pierre Lemieux et Brad Trost - se sont présentés devant les quelques milliers de manifestants pour se faire applaudir, M. Scheer n'y était pas. Six députés de son camp ont défilé, l'un après l'autre, pour l'identifier à la foule comme un des candidats qui portent leurs causes.

Garth Genuis y est même allé d'une lecture d'un court discours du candidat Scheer à l'intention des manifestants.

«Comme quelqu'un qui est pro-vie, je remercie chacun de vous d'être ici», a lu le député avant d'inviter les manifestants à voter pour son candidat en le plaçant «au haut ou près du haut» de leur bulletin de vote préférentiel.

«J'ai une pancarte ici avec trois candidats pro-vie et je vous demande de mettre les trois noms sur votre bulletin de vote», a lancé Arnold Viersen, brandissant l'affiche avec les noms de Lemieux, Scheer et Trost.

Ses collègues ont, tour à tour, répété qu'il y avait «trois candidats pro-vie» dans cette course et qu'eux avaient choisi M. Scheer.

Ce n'est pas que le candidat compte sur le vote des militants anti-avortement pour le faire gagner, a expliqué M. Genuis après la manifestation.

«Andrew sera un chef qui unira différents types de conservateurs. Il ne va pas seulement permettre tous les types de conservateurs, il va plutôt construire un programme qui fera que tous les types de conservateurs seront ravis de faire partie de cette formation», a-t-il expliqué au cours d'une mêlée de presse.

Les groupes qui militent contre le droit à l'avortement ont identifié MM. Lemieux et Trost comme des leaders souhaités pour le Parti conservateur. Mais M. Scheer, même s'il est le seul des trois à avoir de réelles chances de remporter cette course, ne fait pas l'unanimité chez ces groupes.

Quelques milliers de manifestants et une contre-manifestation

La foule, qui a l'habitude de ce genre de rendez-vous, était moins fournie que par les années passées. On y retrouvait les slogans habituels sur les banderoles: «Protégez les droits des enfants à naître» et, en cette année de 150e anniversaire du Canada, une variation sur le thème de l'hymne national: «Car ton bras sait porter la vie».

Un petit groupe de contre-manifestants était maintenu à l'écart, grâce à des clôtures et des policiers. Dans les mains de cette centaine de manifestants, des cintres avec l'inscription «plus jamais» et des affiches où on pouvait lire «Ne touchez pas à nos droits».

Lina Dib, La Presse canadienne




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