Une maison patrimoniale rayée du paysage

Le 234, rue O'Connor pourrait bien être réduit... (Étienne Ranger, Le Droit)

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Le 234, rue O'Connor pourrait bien être réduit en poussière pour laisser place à un parc public temporaire.

Étienne Ranger, Le Droit

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Une maison victorienne abandonnée dont la construction remonte à la fin du 19e siècle dans le quartier Centretown à Ottawa ne sera pas sauvegardée et risque de passer sous le pic des démolisseurs.

Endommagé par un incendie en 2006, le bâtiment en briques rouges sis au 234, rue O'Connor, situé dans un district de conservation du patrimoine du centre-ville, pourrait bien être réduit en poussière pour laisser place à un parc public temporaire, comme le proposait Gemstone Developments, propriétaire des lieux. La Ville exige toutefois que le promoteur érige un nouveau bâtiment sur ce site au plus tard en 2022.

C'est ainsi qu'en a décidé le Comité de l'urbanisme mardi, rejetant du même coup les recommandations formulées à la fois par le Sous-Comité du patrimoine bâti et l'administration municipale. 

Vacante depuis 15 ans, la propriété située à l'intersection de la rue Somerset, a vu son état se détériorer ces dernières années. Même si Gemstone a procédé à certains travaux de stabilisation, la charpente et les fondations accusent le poids des ans. Les dégâts causés par le feu étaient considérables et la municipalité n'a pas agi, alléguait l'entreprise. 

Le promoteur immobilier estime que des travaux de 1,3 million $ seraient nécessaires pour espérer sauvegarder l'immeuble.

« Une telle facture pour 4000 pieds carrés, c'est disproportionné, n'est-ce pas ? On aurait voulu aller de l'avant, mais on ne peut pas, alors on demande au comité une certaine souplesse. [...] Vous ne faites pas face ici à un propriétaire délinquant qui a acheté quelque chose pour le laisser dépérir ensuite », a plaidé Miguel Tremblay, de la firme d'urbanisme et de design urbain Fotenn, qui représentait Gemstone. 

Ironiquement, cette décision survient au moment où la capitale fédérale vient de procéder à l'inventaire des bâtiments patrimoniaux vacants sur l'ensemble de son territoire. 

Seuls les élus Jeff Leiper et Tobi Nussbaum, qui est à la tête du Sous-comité du patrimoine bâti, se sont opposés à la motion proposée par le conseiller Tim Tierney. 

Le président de Patrimoine Ottawa, David Jeanes, a tenté en vain de convaincre le comité de ne pas démolir la maison. 

« Je crois qu'il faut garder les maisons victoriennes qui caractérisent ce quartier, surtout qu'il en existe très peu », a-t-il lancé. 

Même son de cloche pour la conseillère du secteur, Catherine McKenney, qui croit qu'aucun bâtiment historique ne devrait ainsi disparaître. 

« Plusieurs démolitions ont eu lieu au centre-ville et on se retrouve avec des stationnements qui n'ont aucune qualité esthétique et qui enlève de la valeur aux propriétés avoisinantes. Et ce n'est pas non plus un endroit pour y installer un parc. À un moment donné, il faut dire qu'assez c'est assez », a-t-elle dit.

La décision devra maintenant être entérinée par le conseil municipal le 26 avril.




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