Des groupes surreprésentés dans les contrôles routiers

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Les conducteurs noirs et moyen-orientaux sont surreprésentés lors des contrôles routiers, selon un rapport sur le projet de collecte de données fondées sur la race de la police d'Ottawa.

Une équipe de chercheurs de l'Université York a présenté les résultats du projet d'analyse d'information recueillie lors de contrôles routiers à la police d'Ottawa, entre juin 2013 et juin 2015. 

En tout, 81 902 données ont été utilisées pour les fins de l'étude.

Les Moyen-Orientaux ont été interpellés 10 066 fois et les Noirs 7238 fois, soit un peu plus de 12% et de 8% du nombre global des contrôles effectués. Ces conducteurs représentent chacun moins de 4% de la population globale de conducteurs à Ottawa. Les chercheurs considèrent que ces deux groupes ont été interpellés respectivement 3,3 et 2,3 fois plus souvent « que ce à quoi on pourrait s'attendre par rapport à leur population ».

Les hommes âgés de 16 à 24 ans de tous les groupes raciaux subissent une fréquence plus élevée de contrôles routiers que les autres catégories d'âge. Les jeunes hommes moyen-orientaux ont été interpellés 12 fois plus souvent que ce à quoi on pourrait s'attendre par rapport à leur population. Les conducteurs noirs de la même catégorie ont été interceptés 8,3 fois plus souvent. De leur côté, les jeunes hommes blancs ont été arrêtés 1,7 fois plus souvent.

«Pas de profilage racial»

Les données publiées lundi ne prouvent pas qu'il y a du profilage racial, selon les chercheurs. 

« On sait que le profilage racial existe dans la société et peut exister dans le milieu policier, mais il n'a pas sa place dans l'un ou dans l'autre », affirme le chef de police d'Ottawa, Charles Bordeleau.

Il rappelle que les chercheurs de l'Université York n'émettent pas de conclusion quant au profilage racial, même si des anomalies au sein de l'analyse sont perceptibles. « Celles-ci devront faire l'objet d'une recherche supplémentaire », soutient-il.

Dans la grande majorité des cas, soit 97,19%, les contrôles routiers visaient à répondre à des « infractions provinciales et municipales ». 

Toutefois, la raison d'« activités suspectes » et celle d'« infractions criminelles » ont été évoquées de façon disproportionnée par les agents de police pour des minorités raciales.

Le président de la Commission des services policiers d'Ottawa, Eli El-Chantiry, rappelle que l'objectif est d'améliorer les services offerts à la communauté. Les conclusions de la recherche seront analysées et engendreront une discussion avec le chef de police afin d'établir un plan pluriannuel.

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