En mémoire des ouvriers décédés sur le pont du chemin Heron

Neuf roses ont été déposées au pied de... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Neuf roses ont été déposées au pied de la plaque commémorative sur laquelle sont inscrits les noms des travailleurs décédés dans la catastrophe.

Etienne Ranger, LeDroit

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Charles-Antoine Gagnon

Collaboration spéciale

Le Droit

Denis Malette a vu la mort de près, il y a 50 ans, lorsqu'il fut emporté dans l'effondrement du pont du chemin Heron à Ottawa. Un amas de bois le long de la rivière Rideau, quelque 20 mètres plus bas, a absorbé l'impact de sa chute.

M. Malette, de Lefaivre, en Ontario, était l'une des nombreuses personnes présentes à la cérémonie de mercredi marquant le 50e anniversaire de la tragédie qui a fait neuf morts et plus de 60 blessés. Une plaque identifiant le nouveau nom du pont, soit le Pont commémoratif des travailleurs du chemin Heron, a été dévoilée. 

Le 10 août 1966, vers 15h30, M. Malette, alors jeune signaleur de grue de 22 ans, était sur le pont avec deux autres travailleurs lorsque la structure s'est écroulée.

«Nous attendions les derniers coulages de béton. Quand on a entendu le bruit, je me suis retourné et c'était comme une grosse vague de ciment qui se dirigeait vers nous. Ça s'est produit très vite. On n'a pas eu le temps de réagir», s'est remémoré l'homme aujourd'hui âgé de 72 ans.

Denis Malette a été gravement blessé. Il s'est fracturé la mâchoire et le nez, a subi une commotion cérébrale, et n'a plus de sensation au toucher au menton. Après son hospitalisation, il est retourné sur le chantier et a continué sa carrière dans le monde de la construction, mais plus sur les grues. 

Omer Lamadeleine est l'un des neuf travailleurs qui sont morts dans ce qui est connu comme l'un des accidents industriels les plus tragiques de l'histoire du Canada. La journée de son enterrement, le menuisier de 51 ans devait marier sa fille. 

Mercredi, plusieurs membres de sa famille étaient présents, dont son fils Gilles, qui avait 21 ans à l'époque. La nouvelle appellation du pont et la cérémonie soulignant le 50e anniversaire de l'effondrement sont bien accueillies par M. Lamadeleine puisqu'elle permettra, a-t-il dit, aux plus jeunes générations de savoir qu'il y a eu une catastrophe lors de la construction du pont qui lie les chemins Heron et Baseline.

«C'est un bel hommage pour les personnes qui sont décédées, tous les blessés et les familles», a aussi souligné M. Lamadeleine, qui vit à Embrun.

La tragédie a entraîné des modifications législatives en matière de santé et sécurité au travail, ainsi qu'à l'amélioration des méthodes d'édification des ponts. Cependant, les accidents mortels au travail sont encore courants, ont souligné des intervenants lors de la cérémonie, rappelant celui survenu pas plus tard que lundi à Ottawa où un travailleur est décédé après être tombé à l'intérieur d'un camion de ciment.

«Malheureusement, nous voyons encore beaucoup trop de blessures et de mortalités au travail», a indiqué le maire d'Ottawa, Jim Watson.

Une minute de silence a été observée durant la cérémonie en mémoire des victimes. Neuf roses ont été déposées au pied de la plaque commémorative sur laquelle sont inscrits les noms des travailleurs décédés.

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