Les 150 ans du Canada risquent de coûter cher à la police d'Ottawa

Les huit meurtres commis sur le territoire de... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

Agrandir

Les huit meurtres commis sur le territoire de la Ville d'Ottawa durant les six premiers mois de l'année 2016, jumelés aux 33 fusillades, ont occasionné de nombreuses heures additionnelles d'enquêtes. Et on sait déjà 2017 ne sera pas de tout repos.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Charles-Antoine Gagnon

Collaboration spéciale

Le Droit

Le Service de police d'Ottawa prévoit terminer 2016 avec un budget équilibré malgré les pressions fianncières causées par le nombre élevé de meurtres et de fusillades dans les six premiers mois de l'année. Mais 2017 s'avère déjà un défi, alors que les nombreuses activités entourant les festivités du 150e anniversaire de la Confédération lui entraîneront d'importantes dépenses.

«Si les festivités de la fête du Canada durent deux semaines, ce sera un énorme défi pour nous, un défi très coûteux pour nous», a illustré le chef de la police d'Ottawa, Charles Bordeleau, lundi, devant le comité des finances et de la vérification des services policiers de la Ville d'Ottawa.

Le gouvernement fédéral verse une somme de 2 millions $ par année au Service de police d'Ottawa (SPO) afin d'éponger certaines dépenses encourues lors d'événements comme la fête du Canada, le 1er juillet.

Le problème pour le SPO est qu'il ne connaît pas encore toutes les activités que le fédéral organise dans la capitale, des activités qui seront différentes de celles que prévoit Ottawa 2017, avec qui la police travaille présentement pour se préparer dans sa gestion des effectifs.

«Tout dépendamment de la grosseur et de la fréquence des événements, nous pourrions devoir examiner la possibilité d'imposer des restrictions additionnelles sur les congés de nos membres en 2017», a prévenu le chef Bordeleau.

Le Red Bull Crashed Ice qui aura lieu en mars sera un événement de taille pour la police, a précisé le chef Bordeleau.

«Ça va nécessiter de la sécurité, et je ne m'attends pas à ce que nous absorbions cela avec notre budget. Je crois que cela devra être subventionné avec des services rémunérés. Qui paiera pour ça? Ottawa 2017? La Ville d'Ottawa? Red Bull? Je l'ignore pour le moment», a indiqué M. Bordeleau, tout en soulignant que les festivités du 150e se dérouleront sur l'ensemble de l'année 2017.

Le SPO présentera à la Ville d'Ottawa les pressions que le corps policier anticipe en 2017.

Beaucoup d'heures supplémentaires en 2016

Le service de police estime que son budget d'heures supplémentaires sera dans le rouge de 2 millions $ en 2016. Les huit meurtres commis sur le territoire de la Ville d'Ottawa durant les six premiers mois de l'année, jumelés aux 33 fusillades, ont occasionné de nombreuses heures additionnelles d'enquêtes.

«C'est un niveau extraordinaire dans un court laps de temps pour la ville, qui connaît de 10 à 12 meurtres sur 12 mois», a indiqué la police dans un rapport présenté lundi devant la Commission des services policiers d'Ottawa.

Les revenus projetés par le déploiement d'agents à services rémunérés (paid-duty), l'introduction progressive des indemnités salariales de 2015 à la suite d'une décision d'un arbitre et les économies sur l'essence viennent compenser, en partie, les dépenses accrues en heures supplémentaires.

Deux meurtres ont été commis depuis le 1er juillet à Ottawa, ajoutant au fardeau des enquêteurs.

Le budget de fonctionnement de la police d'Ottawa pour 2016 est de 308 millions $.

Police communautaire: les réductions proposées inquiètent

Un projet qui ferait passer de 15 à 10 le nombre de policiers communautaires à Ottawa crée du mécontentement dans la population.

Le SPO prépare une mise à jour de ses services pour améliorer son efficacité et avoir plus de membres dans les services de première ligne. Une des mesures verrait cinq postes de policiers communautaires réaffectés ailleurs au sein de la force.

Le conseiller municipal Keith Egli affirme que les citoyens qu'il représente sont heureux avec le modèle actuel, et croient que la proposition du SPO est un pas dans la mauvaise direction puisqu'on craint que la police soit en mode réactif au lieu de maintenir son approche préventive.

Awad Loubani, du comité d'intervention policière et communautaire, estime que la proposition serait une mesure régressive si elle devait aller de l'avant. Selon lui, la police communautaire doit être renforcée, pas affaiblie.

«Nous croyons qu'il y aura moins d'occasions pour des interactions informelles avec les policiers, qui sont nécessaires pour bâtir des relations et des liens de confiance», a argumenté M. Loubani devant la Commission de services policiers d'Ottawa.

«Nous encourageons toujours les policiers à sortir de leur véhicule et parler aux gens afin de bâtir des relations», a-t-il ajouté.

La chef adjointe de la police d'Ottawa, Jill Skinner, a voulu se faire rassurante devant les changements anticipés.

«Le fait qu'il n'y ait personne d'affecté aux bureaux de police communautaire ne changera pas notre habileté à répondre (aux appels). Le nouveau centre des opérations stratégiques de la police d'Ottawa nous donnera les capacités d'être plus stratégiques dans nos déploiements», a indiqué la chef adjointe.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer