De plus en plus de familles sans logis dans la capitale

L'an dernier, 6825 personnes ont utilisé un lit... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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L'an dernier, 6825 personnes ont utilisé un lit dans un refuge de la capitale fédérale.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Le séjour moyen des sans-logis dans les refuges d'Ottawa a diminué l'an dernier, mais en revanche, le nombre de personnes qui y ont eu recours a augmenté. Les familles sont également plus nombreuses à se loger dans les refuges, faute de mieux.

Tel est le constat d'une étude réalisée à Ottawa pour le compte de l'Alliance pour mettre un terme à l'itinérance.

Pour la première fois depuis 2006, la durée moyenne des séjours dans les refuges pour toutes les catégories d'usagers a connu une baisse de 6,4%, chutant de 78 à 73 jours. Selon le directeur général de l'Alliance, Mike Bulthuis, cette diminution est en partie le résultat de la stratégie de logement de la Ville d'Ottawa, qui vise à éliminer l'itinérance chronique chez les adultes sur une période de 10 ans. L'an dernier, la construction d'un immeuble de 34 appartements a permis à des itinérants chroniques de quitter les refuges pour s'établir dans un logement permanent.

L'an dernier, 6825 personnes ont utilisé un lit dans un refuge, soit 317 personnes de plus par rapport à l'année précédente, une hausse de 4,9%.

Cette augmentation est attribuable en grande partie aux familles qui s'y réfugient, car elles n'ont pas de toit. En 2015, il y a eu un bond de 10,8% du nombre de familles ayant recours à un refuge, soit 782 familles contre 706 en 2014. Au sein de ces familles, il y avait 1479 enfants de 17 ans ou moins.

Difficile à expliquer 

En croissance à Ottawa, ce phénomène des familles sans-abris est difficile à expliquer, reconnaît le chercheur John Sylvestre, directeur du Centre de recherche sur les services éducatifs et communautaires de l'Université d'Ottawa. Peu d'études existent à ce sujet.

Or, d'après ses recherches fondées sur le cas de 75 familles à Ottawa, certaines caractéristiques émergent. «Il y a un facteur en commun, c'est la pauvreté, a expliqué M. Sylvestre lors d'un entretien. Ils n'ont pas assez d'argent pour se procurer un logement de bonne qualité. Ils paient beaucoup, au-delà de 30% de leur revenu sur le logement.»

Autre facteur de l'itinérance qui revient souvent: avant d'aboutir dans un refuge, ces familles ont connu une période d'instabilité au cours des deux années précédentes «et ils ont changé de logement souvent», signale M. Sylvestre.

Il peut y avoir eu de la violence conjugale, un parent qui a perdu son emploi ou encore la famille a dû quitter le foyer d'un proche lorsque les rapports personnels se sont détériorés.

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