Ottawa donne le feu vert à Uber

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Le conseil municipal d'Ottawa a décidé mercredi d'autoriser Uber sur son territoire, au terme de longues délibérations.

Patrick Woodbury, LeDroit

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C'est officiel. Uber pourra circuler légalement dans les rues d'Ottawa à compter du 30 septembre prochain.

Le conseil municipal en a décidé ainsi mercredi au terme de longues délibérations, mais non sans susciter de la grogne de la part des chauffeurs de taxi, qui ont promis de revenir à la charge.

«Nous analysons toutes nos options», s'est vivement objecté Amrik Singh, président du syndicat des chauffeurs de taxi, en évoquant la possibilité d'un recours en justice. Selon lui, les élus se sont montrés injustes à l'égard des chauffeurs de taxi tout en accommodant Uber qui les méprisent.

Uber qui est déjà en marche dans la ville depuis une quinzaine de mois, s'est engagé à respecter les nouvelles règles à compter du 30 septembre. D'ici là, cette compagnie va poursuivre ses activités comme si de rien n'était, a réitéré mercredi le directeur général d'Uber Canada, Ian Black. En l'occurrence, elle s'expose à des amendes, a signalé le maire Jim Watson lors d'un point de presse.

«Nous allons continuer à faire appliquer les règles existantes jusqu'à l'entrée en vigueur du nouveau cadre réglementaire en septembre. Ils le savent.» Selon lui, il faudra attraper les chauffeurs d'Uber en flagrant délit. Jusqu'ici, cette compagnie a déjà écopé d'au moins 175 infractions.

En colère, un chauffeur de taxi, Tony Hajjar, a qualifié Uber d'«organisation criminelle», car elle fait fi des règlements municipaux. Son permis de chauffeur de taxi qu'il avait payé 160 000$ il y a une vingtaine d'années ne vaut pratiquement plus rien, a-t-il protesté. Il devra maintenant reporter sa retraite.

Le maire Jim Watson n'a pas voulu utiliser cette étiquette d'«organisation criminelle», mais il a reconnu que les «tactiques» d'Uber laissaient grandement à désirer. Il n'a guère apprécié que la compagnie s'installe de façon cavalière à Ottawa en ignorant les règlements municipaux. «Mais en même temps, j'ai constaté que ce service était en demande et que cela allait forcer l'industrie du taxi à participer au jeu de la concurrence».

Selon le maire, les élus municipaux ont fait beaucoup de «concessions» à l'industrie du taxi pour l'aider à évoluer dans ce nouveau contexte, a-t-il ajouté.

Sa position a évolué par rapport au genre de modèle d'entreprise que propose Uber. Tout se fait à partir d'une plateforme qui permet, grâce à une application sur un téléphone intelligent, de réserver une voiture en ligne. Il n'y a pas d'échange d'argent. Beaucoup de jeunes ont indiqué au maire qu'ils préféraient Uber aux taxis traditionnels.

«L'industrie du taxi est encore profitable dans la capitale», a renchéri Diane Deans, la présidente du comité des services communautaires et de protection de la Ville d'Ottawa. Les chauffeurs de taxi conservent le contrat municipal d'OC Transpo et le privilège de prendre des clients dans la rue et dans les endroits réservés aux taxis.

«Le ciel ne va pas leur tomber sur la tête.»

Pas de caméra obligatoire dans les voitures Uber

À plusieurs endroits au pays, dont à Ottawa... (Erick Labbé, Archives Le Soleil) - image 3.0

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À plusieurs endroits au pays, dont à Ottawa les caméras de surveillance sont obligatoires dans les voitures de taxi.

Erick Labbé, Archives Le Soleil

Les caméras de surveillance ne seront pas obligatoires dans les voitures d'Uber, mais cette question sera réexaminée par la Ville d'Ottawa d'ici un an.

Ainsi en a décidé le conseil municipal au terme de longs échanges sur cette question qui fait encore couler beaucoup d'encre.

Plusieurs conseillers ont exprimé des doutes mercredi au sujet de la décision du Comité des services communautaires et de protection à cet égard. La semaine dernière, le comité proposait de ne pas imposer l'installation de ces caméras dans les voitures d'Uber comme c'est le cas pour les chauffeurs de taxi. Mais pour plusieurs, ce dossier était loin d'être clos.

Pour sa part, le conseiller Michael Qaqish a souligné qu'il était important «de ne pas plier» aux demandes d'Uber qu'il a qualifié de «voyou corporatif».

«Au moins une fois par semaine, la police demande de visionner les vidéos (dans les taxis) pour essayer de comprendre ce qui s'est passé lorsqu'un incident est rapporté», a rajouté le conseiller Keith Egli. Il a exhorté ses collègues à y penser deux fois avant d'éliminer cette restriction dont Uber ne voulait pas.

Le maire Jim Watson a admis toutefois que l'imposition de caméras de surveillance aurait tué dans l'oeuf toute possibilité d'en arriver à une entente avec Uber. Il n'est pas possible, a-t-il expliqué aux journalistes, de forcer la compagnie à installer ces caméras dans des voitures privées.

En fin de compte, une majorité de conseillers ont maintenu cette décision du comité des services communautaires. Jusqu'à nouvel ordre, ces caméras ne seront donc pas obligatoires.

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