Freiner les «prêteurs prédateurs»

On dénombre 10 commerces d'avance de fonds à... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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On dénombre 10 commerces d'avance de fonds à Vanier et une soixantaine dans la capitale.

Martin Roy, Archives LeDroit

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Le conseiller de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, a bon espoir de faire adopter une motion qui donnera des pouvoirs accrus à la Ville d'Ottawa pour encadrer la prolifération de commerces d'avance de fonds, comme c'est le cas dans son secteur.

La Ville souhaite être en mesure d'agir au plus tard au premier trimestre de 2017.

Pour que cela se concrétise, il faudra que la province accepte de modifier la Loi sur les municipalités en conséquence. La Ville d'Ottawa sera alors en mesure de modifier ses règlements pour limiter le nombre de ces commerces sur son territoire et réglementer les endroits où ils peuvent s'installer. C'est un peu comme on fait avec les bars de danseuses qui ne peuvent s'installer près d'une école ou d'une garderie, a précisé M. Fleury.

Il n'y aura rien à faire pour ce qui est des commerces d'avance de fonds existants, mais les nouveaux auront la vie plus difficile.

Selon le groupe ACORN, cette motion est un pas dans la bonne direction pour freiner la prolifération de commerces d'avance de fonds tels que les Money Mart. À Vanier, on dénombre 10 commerces du genre et une soixantaine dans la capitale.

Le conseiller Fleury estime que la chose a assez duré, car les personnes vulnérables qui ont peu de moyens financiers sont prises dans un cercle vicieux, car elles doivent souvent s'y présenter pour arrondir les fins de mois.

« Ces commerces ciblent les résidents à faible revenu qui ont un mauvais crédit, par exemple, ou qui ont besoin d'argent immédiatement », a-t-il déploré lors d'une entrevue.

Puisqu'ils n'ont pas accès au dépôt direct, ils se tournent vers ces « prêteurs prédateurs », qui exigent des taux d'intérêt faramineux. D'où le besoin, affirme M. Fleury, de règles bancaires plus souples.

M. Fleury propose de modifier les règles bancaires fédérales pour s'assurer que les personnes à faible revenu puissent avoir accès à une carte débit, par exemple.

«Je dois manger et je dois survivre»

Mère monoparentale de deux garçons, Tina Ford utilise les services des commerces tels que Money Mart presque tous les mois. Elle vient d'être mise à pied et reçoit un chèque de 700 $ par mois, tout en cherchant du travail.

Elle se rend dans ces commerces pour acheter de la nourriture ou pour payer une facture qu'elle ne peut éponger avec son maigre revenu.

« Lorsque vient le moment de rembourser, je suis fauchée. Je n'ai pas accès au crédit, donc, je ne peux pas aller à la banque. Il n'y a aucun autre endroit, ils sont les seuls à m'aider, malheureusement. »

C'est une situation déplorable, dit-elle, mais elle n'en a pas le choix.

« Chaque fois que je me présente chez ce prêteur, cela me soulage, mais quand je quitte, je me sens malade... Je sais que ce sera difficile de rembourser ce prêt, mais je dois manger et je dois survivre. »

Une autre résidente, Cordelia Daniels, vient d'arriver à Vanier. Elle trouve impensable que les heures d'ouverture de ces commerces d'avance de fonds soient meilleures que les heures des banques.

« Si je veux acheter un pain, il n'y a pas de dépanneur, mais par contre, il y a plusieurs de ces commerces. »

C'est tout ce qu'elle voit lorsqu'elle se promène sur le chemin Montréal.

« C'est dégoûtant », conclut-elle.

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