L'industrie du taxi d'Ottawa fulmine

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N'en déplaise aux chauffeurs de taxi qui ont vociféré leur déception vendredi, les chauffeurs d'Uber ne seront pas obligés d'équiper leur voiture d'une caméra de surveillance sur le territoire de la ville d'Ottawa.

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Plusieurs dizaines de chauffeurs de taxi ont assisté à la réunion à l'hôtel de ville d'Ottawa, bon nombre d'entre eux quittant les lieux très frustrés.

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En colère, un groupe de chauffeurs de taxi a quitté la salle de réunion en s'adressant à la présidente du comité des services communautaires et de la protection, la conseillère Diane Deans.

«Vous ne devriez pas présider cette réunion, a lancé un chauffeur. Vous avez une position tendancieuse.»

«Vous chambardez la réunion!» a coupé Mme Deans.

L'air dépité, plusieurs chauffeurs de taxi ont crié que cette motion allait chambarder leur vie.

Pour l'un des représentants du syndicat des chauffeurs de taxi d'Ottawa, Amrik Singh, la nouvelle est tombée comme un coup de fouet.

«Nous sommes des citoyens de cette ville, a-t-il lancé lors d'un point de presse. Nous avons des droits et nous n'allons pas permettre à qui que ce soit de nous abattre et de nous dire de ne pas pleurer.»

Selon lui, les élus municipaux ont récompensé la délinquance, car le représentant d'Uber, Chris Schafer, les a traités avec mépris lors de sa comparution devant le comité jeudi. De plus, les voitures d'Uber circulent dans les rues d'Ottawa depuis près d'un an et demi sans être autorisées légalement à le faire.

M. Singh estime que le vent a changé depuis 24 heures.

Jeudi, lors du témoignage de M. Schafer, le ton était plutôt négatif, voire agressif de la part de quelques conseillers à l'égard d'Uber. Sans dévoiler ses intentions, il a souligné qu'il ferait tout en son pouvoir pour tenter de renverser cette décision.

Traitement inéquitable?

Du côté de l'industrie du taxi, Hanif Patni, pdg de Coventry Connections, s'est dit abattu par cette décision qui porte un dur coup à l'industrie et traite les taxis de la ville et les «taxis» d'Uber différemment.

«Pour un groupe de voitures qui est plus ou moins des taxis, car ils prennent et déposent des gens, ils n'auront pas besoin de caméras alors que pour l'autre groupe qui a déjà des caméras, il sera obligé de les avoir.»

L'industrie espérait également que le comité oblige les chauffeurs d'Uber à suivre un cours au collège Algonquin «mais cela a été abandonné», a-t-il déploré. M. Patni a souligné que son entreprise allait peut-être envisager d'offrir elle aussi un service de transport semblable à celui d'Uber.

Il n'a pas voulu dire si Mme Deans était favorable à Uber dès le départ, mais il a répété que l'industrie s'attendait à être traitée équitablement.

«Nous avons des droits et nous n'allons pas permettre à qui que ce soit de nous abattre et de nous dire de ne pas pleurer.»

Amrik Singh
représentant du syndicat des chauffeurs de taxi

Le conseiller Rick Chiarelli s'était porté à la défense des chauffeurs de taxi, en faisant valoir que ces caméras devaient être obligatoires pour tout le monde.

Invité en catastrophe à témoigner au sujet de l'utilité de ces caméras, l'inspecteur John Maxwell du Service de police de la Ville d'Ottawa, avait souligné que ces celles-ci s'étaient avérées très valables, car elles contenaient des éléments de preuve.

Au moment du vote, toutefois, ces arguments n'ont pas porté.

En début de journée, Mme Deans avait indiqué qu'il n'était pas question de diluer les normes de sécurité pour favoriser Uber, mais qu'en même temps, il ne fallait pas faire obstacle «à l'entrée d'un nouveau joueur dans le marché».

«On ne peut pas dire que l'on appuie ces compagnies de transport privé, puis se retourner de bord en les assommant de règles inutiles fondées sur des approches qui n'ont pas fonctionné par le passé», avait-elle déclaré.

Le conseil municipal se penchera le 13 avril sur le cadre réglementaire proposé, dont l'entrée en vigueur a été repoussée au 30 septembre.

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