Ottawa penche du côté d'Uber

Les voitures de la flotte Uber, par exemple,... (Martin Roy, Archives LeDroit)

Agrandir

Les voitures de la flotte Uber, par exemple, seraient limitées aux courses réservées grâce à une application et ne pourraient pas prendre de passagers dans les rues d'Ottawa ou dans les stations de taxis.

Martin Roy, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La Ville d'Ottawa songe à autoriser les entreprises de transport privé telles que la compagnie Uber sur son territoire. Les citoyens sont largement en faveur d'une mesure pareille, a rappelé jeudi la présidente du Comité des services communautaires et de protection de la ville, la conseillère Diane Deans.

Si le conseil municipal y consent, ces compagnies privées auront certaines obligations. Leurs clients devront être aux aguets, car les tarifs seront négociés entre les parties. Les autorités municipales ne se mêleront pas de ces « transactions privées », a fait valoir Mme Deans.

L'arrivée à Ottawa de compagnies comme Uber a changé la donne. Grâce à une application sur leur téléphone intelligent, les gens peuvent commander une voiture, négocier le prix de la course d'avance et payer à même leur téléphone. Or puisque ce genre de service n'était pas réglementé, la société d'experts-conseils KPMG s'est penchée sur l'industrie du taxi, des limousines et des exploitants de transport privé à l'intérieur des limites municipales.

Dans son rapport, KPMG recommande d'autoriser ce genre de transport privé à certaines conditions : que les exploitants soient assurés pour la somme de 5 millions $, que les frais annuels varient entre 807 $ pour une flotte de 1 à 24 véhicules et jusqu'à 7253 $ pour une flotte de 100 véhicules, et qu'il n'y ait pas de transactions en comptant.

De plus, les voitures de la flotte Uber, par exemple, seraient limitées aux courses réservées grâce à une application et ne pourraient pas prendre de passagers sur la rue ou dans les stations de taxis. Les chauffeurs de la compagnie Uber seraient obligés de produire un rapport policier sur leurs antécédents judiciaires, chaque année, alors que pour les chauffeurs de taxi, c'est aux trois ans.

Le Comité des services communautaires propose au conseil municipal d'adopter ces lignes directrices, lesquelles pourraient entrer en vigueur dès le 30 juin, au grand dam de l'industrie du taxi.

Gagne-pain « menacé »

Scandalisé, le président de Coventry Connections, Rafani Patni, a souligné jeudi que l'ouverture du marché aux exploitants privés fera mal aux chauffeurs de taxi de la capitale. Leur gagne-pain est « menacé », a-t-il dénoncé. Coventry exploite plusieurs flottes de taxi à Ottawa.

Bon nombre des chauffeurs ont dû hypothéquer leur maison pour payer les frais de permis qui coûtent au-delà de 300 000 $. 

Or, avec l'arrivée de Uber, ce permis vaut beaucoup moins, a déploré M. Patni.

Pour l'heure, aucune forme de compensation financière n'a été proposée en contrepartie.

Le rapport propose également que l'industrie du taxi élimine les frais de 1,50 $ exigés aux passagers qui paient avec une carte de crédit ou de débit. 

Par contre, les frais de permis de chauffeur baisseraient de 170 $ à 96 $. Contrairement à la flotte Uber, les taxis devraient respecter des tarifs maximaux fixés par la ville.

Les citoyens pourront en savoir davantage lors d'une réunion publique, le 7 avril.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer