En guerre contre les «prêteurs prédateurs»

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Dans le secteur Vanier, plus de 30 commerces de prêts sur salaire ont pignon sur rue dans un rayon de 5 km.

Etienne Ranger, LeDroit

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La Ville d'Ottawa part en guerre contre les «prêteurs prédateurs» qui pullulent dans des quartiers moins favorisés.

La municipalité pourrait bientôt contraindre les entreprises de prêts sur salaire à respecter certaines exigences pour éviter leur prolifération, un peu comme les bars de danseuses nues.

On pense notamment leur interdire de s'implanter en masse dans un quartier en fixant une distance à respecter entre chaque adresse.

Dans le secteur Vanier, par exemple, plus de 30 commerces de ce genre ont pignon sur rue dans un rayon de 5 km. La loi ontarienne leur permet de facturer jusqu'à près de 550% d'intérêt par année.

Une résidente du quartier, Amber Slejtenherst, croit que cette mesure aurait pu l'empêcher de vivre un véritable cauchemar.

«C'est comme si tu mettais un bol de crème glacée devant un obèse, c'est sûr qu'il va en prendre. Mais s'il faut qu'il se lève et fasse quelques kilomètres, il va peut-être décider de chercher une autre option», croit-elle.

Les déboires de Mme Slejtenherst ont commencé en 2006, lorsqu'elle encaisse un premier chèque d'environ 350$. Elle a finalement remboursé quelque 1200$ pour ce premier prêt. Mère de six enfants, dont certains ont des problèmes de santé, elle a recours aux prêteurs sur salaire pour acheter des médicaments, mettre de l'essence dans sa voiture, acheter de la nourriture ou payer son loyer. Sa banque, où elle a ouvert un compte il y a une vingtaine d'années, refuse de lui prêter de l'argent. Mme Slejtenherst déclarera faillite en 2013.

Mathieu Fleury, un des porteurs du dossier à l'hôtel de ville, croit que les clients devraient avoir une meilleure idée du service qu'offrent les prêteurs sur salaire. En forçant les commerçants à afficher les taux d'intérêt annuels dans leur vitrine, on croit pouvoir dissuader des personnes vulnérables d'entrer dans une spirale d'endettement.

M. Fleury était accompagné de trois autres conseillers à une conférence de presse organisée par ACORN, des militants du milieu communautaire: Keith Egli, Tobi Nussbaum et Jeff Leiper.

La Ville croit aussi pouvoir freiner la progression des prêteurs sur salaire en leur imposant l'achat d'un permis annuel.

Les avocats de la municipalité évaluent actuellement la portée de la réglementation municipale. Ils feront bientôt rapport aux conseillers. M. Fleury croit avoir l'appui des autres membres su conseil municipal dans ses démarches.

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