Des Syriens accueillis chaleureusement

Philippe Al-Khouri et sa femme Rola Jreij Jrei... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Philippe Al-Khouri et sa femme Rola Jreij Jrei sont arrivés à Ottawa mercredi avec leurs garçons Ghadi et Madj après un long périple depuis la Syrie.

Etienne Ranger, LeDroit

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Après avoir été aux premières loges des horreurs du conflit syrien, la famille Al-Khouri a été accueillie à Ottawa à bras ouverts par les membres de la paroisse Sainte-Marie-de-Montfort, mercredi après-midi.

Épuisés, mais ravis, Philippe Al-Khouri, Rola Jreij Jreij et leurs garçons Ghadi et Madj ont descendu les marches de l'escalier mécanique de l'aéroport d'Ottawa sous une salve d'applaudissements de la part de la quinzaine de paroissiens présents. C'était pour la famille syrienne la fin d'un long trajet. Depuis Beyrouth, d'où ils ont décollé lundi avant de passer par Amman, puis par Montréal pour enfin se poser en sol ottavien. Mais aussi depuis leur village, qu'ils ont quitté en 2012 à cause de la guerre civile.

En Syrie, la famille résidait dans un village chrétien près de Homs, à la frontière du Liban. C'est là que se passaient les batailles entre les forces syriennes et Daesh. «C'était tout le temps bombardé, explique May Azzi en traduisant les propos de Philippe. Tu sais, les décapitations? Ils ont vu ça.»

À l'aube du conflit, un ultimatum a été posé au père de famille: soit il s'armait pour combattre avec Daesh, soit il se faisait couper la tête. Le choix n'a pas été difficile. Un jour de 2012, Philippe a quitté pour le Liban avec rien d'autre que les vêtements qu'il portait sur le dos.

Loin des bombes, tous les quatre se sont frottés aux défis posés par une migration trop grande. Déjà aux prises avec un problème de manque d'emplois pour sa population relativement petite, le Liban n'avait que peu d'opportunités de travail à offrir aux quelque 1,2 million de réfugiés syriens enregistrés qui s'y sont entassés depuis le début du conflit. Dépourvus de permis de travail, Philippe et Rola n'ont pas fait exception. Pendant trois ans, toute la famille a dû compter sur l'aide d'associations internationales et sur la charité des églises locales pour éduquer leurs enfants, trouver à manger, et débourser les 600 $ que leur coûtait leur logement de Beyrouth.

Devaient-ils se déplacer à Amman? Aller en Turquie? Les pays limitrophes à la Syrie avaient peu de plus à leur offrir que le Liban. La seule option viable: l'immigration internationale. C'est par un heureux hasard que les Al-Khouri sont tombés sous la tutelle des paroissiens de Sainte-Marie-de-Montfort, qui avaient commencé à préparer leur arrivée dès septembre.

Des donateurs anonymes

C'est Jacques Legendre qui a lancé l'idée après avoir vu la photo du petit Alan Kudi retrouvé noyé sur une plage grecque. L'initiative a immédiatement reçu une réponse qui dépassait toutes les attentes. Un couple de retraités, qui désire demeurer dans l'anonymat, a offert de tout financer. Absolument tout. «Le gouvernement indiquait sur son site Web que pour parrainer une famille de quatre, il fallait mettre 27, 30 000 $. Le couple qui finançait le tout, il trouvait que c'était trop bas», raconte M. Legendre.

Pas besoin de faire de collecte de fonds, donc. En plus du soutien financier du couple en question, d'autres paroissiens se sont manifestés de part et d'autre pour offrir divers services aux nouveaux venus. Une dame a même offert de remeubler l'appartement des quatre Syriens au complet, jusqu'aux fourchettes et à la machine à café. «Quoique ce soit, ils n'ont pas besoin de s'inquiéter, a rassuré Jacques Legendre. On est prêts.»

Les Al-Khouri sont maintenant équipés pour faire face au défi de l'intégration. «Avec le soutien de la paroisse, on a espoir que ça se passe bien», ajoute Philippe via May Azzi avant d'ajouter lui-même, en français: «merci».

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