Le français à Ottawa: le combat perpétuel des années 1980

Il fallait jouer du coude et être fin stratège à la table du conseil municipal... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Il fallait jouer du coude et être fin stratège à la table du conseil municipal d'Ottawa afin d'obtenir des gains pour les francophones dans les années 1980, se souvient Marc Laviolette.

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Marc Laviolette a siégé à la Ville d'Ottawa de 1980 à 1991.

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L'ancien élu se rappelle du temps où tout était à construire pour les Franco-Ontariens et que ses revendications faisaient l'objet de vifs débats entre les conseillers.

«Il y a eu un temps où j'étais le seul francophone sur le conseil. C'était ma responsabilité. Je défendais toujours la cause. Ce n'était jamais facile. J'étais toujours en train de me battre pour mes dossiers», confie l'ancien élu qui a siégé à la Ville d'Ottawa de 1980 à 1991.

Ses nombreuses demandes irritaient certains de ses collègues qui lui reprochaient de dilapider les fonds publics.

Aujourd'hui, M. Laviolette croit qu'il s'agissait d'une façon polie de remettre la communauté francophone à sa place.

«On me disait souvent de ralentir un peu, parce que j'étais constamment en train de demander des choses, dit-il. On connaissait ceux qui n'avaient pas d'ouverture du tout. Ils disaient toujours: "On n'a pas d'argent."»

Il a donc appris à tirer les ficelles à son avantage et à mettre de l'eau dans son vin. Il s'enorgueillit aujourd'hui d'avoir arraché d'importantes subventions pour le Festival franco-ontarien, La Nouvelle Scène et le Patro d'Ottawa, notamment.

«Il fallait que je sois gentil avec tout le monde. Il fallait que j'accepte de financer leurs projets dans leur quartier, dit celui qui s'est fait très discret depuis son départ de la politique, il y a plus de 25 ans. Mes relations avec les autres conseillers et le maire, c'était très important. Pour obtenir, il faillait que je sois sympathique à leurs attentes. J'étais très conscient de ça.»

Legendre prend la relève

À la suite du départ de Marc Laviolette, un autre conseiller francophone a pris la relève au conseil de l'ancienne Ville d'Ottawa. Jacques Legendre ne se doutait pas du défi qui l'attendait lorsqu'il est entré en politique en 1991. Défendre les dossiers francophones n'était d'ailleurs pas sa motivation première. 

C'est lorsqu'il a commencé à siéger sur l'ancêtre du Comité consultatif sur les services en français qu'il a pris la pleine mesure du travail à faire. 

«J'ai rapidement déterminé qu'il fallait améliorer les exigences des services en français et la politique de bilinguisme de la Ville d'Ottawa, car on n'était pas satisfait de cette politique à l'époque», souligne M. Legendre.

Trois ans plus tard, il a réussi un véritable tour de force; faire adopter, à l'unanimité, une nouvelle politique sur le bilinguisme. Il s'en étonne encore aujourd'hui.

«À l'unanimité! Quand j'y repense, je suis encore surpris», dit-il, soulignant que le travail en coulisses avec les syndicats a été la clé de la réussite.

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