Plus de crimes haineux à Ottawa

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Le Service de police d'Ottawa (SPO) a déclaré deux fois plus de crimes haineux que la moyenne des autres corps policiers municipaux du pays, selon les plus récentes données fournies par Statistique Canada.

Selon un rapport rendu public en novembre, le SPO a déclaré 64 incidents criminels de ce type en 2013.

Il s'agit d'un taux de 6,6 crimes par 100 000 habitants, le double du taux canadien, qui est de 3,3. Même les grandes villes cosmopolites comme Montréal et Toronto font meilleure figure, avec des taux de 3,0 et 4,9 respectivement.

La police de Gatineau a quant à elle rapporté cinq crimes haineux en 2013.

Des données à analyser avec précaution

La police d'Ottawa soutient qu'il faut analyser ces données avec précaution. La constable Lila Shibley explique que les forces de l'ordre de la capitale, plus qu'ailleurs, sont très actives sur le terrain. Elle voit d'un bon oeil que les victimes sont nombreuses à porter plainte, car plusieurs décident de se taire.

«Nous travaillons étroitement avec les différentes communautés. On encourage activement les gens à nous signaler les incidents», dit Mme Shibley, de la Section de la diversité et des relations interraciales.

Le signalement de crimes haineux débouche toutefois rarement sur des accusations criminelles, souligne un juriste de l'Université d'Ottawa, Errol Mendes.

Le Code criminel canadien est ainsi écrit qu'il est très difficile de prouver que le suspect avait l'intention de «fomenter volontairement la haine» contre «un groupe identifiable».

«Les personnes diront que c'était une façon de s'exprimer, surtout s'ils sont jeunes», explique le professeur à la faculté de droit.

Une contradiction

Par ailleurs, M. Mendes comprend mal que le Service de police d'Ottawa donne des directives contraires à l'esprit de transparence et d'ouverture qu'il promeut en d'autres circonstances. Rappelons que les policiers d'Ottawa ont demandé à un révérend dont l'église a été la cible de vandales présumément racistes de taire l'affaire, le 10 janvier dernier.

«Je ne comprends pas cette stratégie. Il me semble que plus on en parle, mieux c'est. Ça permet à la communauté de se mobiliser pour que ces actes soient condamnés haut et fort», croit M. Mendes.

Le SPO n'a pas voulu confirmer si elle avait bel et bien offert cette directive au révérend Bailey.

La constable Shibley souligne que de nombreux incidents rapportés ne constituent pas nécessairement un crime. Elle donne l'exemple d'insultes verbales à caractères racistes. Les femmes portant un hijab sont particulièrement visées, dit Mme Shibley.

Le travail de la police consiste alors à tracer des liens entre les incidents et agir dans les quartiers sensibles. Le suivi est assuré lors de rencontres mensuelles entre les services policiers et des groupes communautaires.

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