Villes francophones et francophiles: Ottawa brille par son absence

Le maire de Hearst invite son homologue ottavien... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Le maire de Hearst invite son homologue ottavien Jim Watson à ouvrir ses portes aux francophones.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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La Ville d'Ottawa devrait redoubler d'efforts pour présenter un visage francophone au monde, signale le maire de Hearst, Roger Sigouin.

Selon lui, la capitale fédérale vient de rater une occasion en or de le faire. Ottawa brille par son absence au Réseau des villes francophones et francophiles de l'Amérique, alors que des villes comme Calgary, Winnipeg, Kingston et Plattsburgh, aux États-Unis, en sont membres.

«Ouvrez vos portes aux francophones. Vous-mêmes, Monsieur le maire, vous allez en profiter», a lancé le maire Sigouin à son homologue Jim Watson, l'enjoignant à adhérer au Réseau des villes francophones et francophiles.

Selon M. Sigouin, la ville ne s'en portera que mieux. Lui-même n'a pas hésité à inscrire Hearst, petite ville de 5200 habitants du nord de l'Ontario, comme membre de ce regroupement.

Que la Ville de Calgary participe au réseau des villes francophones, cela ne le surprend pas, car il y a une certaine ouverture, dit-il, vis-à-vis de la communauté francophone qui y prend de l'ampleur. Il n'est pas prêt à en dire autant pour ce qui est d'Ottawa, qui tarde à devenir une ville officiellement bilingue et à adhérer aux associations de villes bilingues ou francophones.

Selon le maire Sigouin, la capitale fédérale devrait jouer un rôle d'ambassadeur et se faire valoir comme ville bilingue. Le maire Watson devrait prêcher par l'exemple, a-t-il laissé entendre lors d'une entrevue au quotidien LeDroit.

«C'est triste de voir ça. Le gouvernement fédéral est à Ottawa, il devrait faire preuve d'une plus grande ouverture d'esprit», déplore le maire de Hearst.

«Cela n'envoie pas le bon signal. C'est définitivement quelque chose qui manque», a relevé pour sa part le conseiller de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury. Selon lui, Ottawa devrait faire partie de ce réseau, mais puisqu'il n'y a pas eu de discussions autour de la table des élus municipaux, il n'en sait pas davantage.

C'est un peu bizarre, acquiesce Ronnie LeBlanc, le greffier de la petite municipalité acadienne de Clare, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Il se serait attendu à ce que la capitale fédérale profite de l'occasion pour reconnaître l'apport des francophones.

Se joindre au réseau

Du côté de la Ville d'Ottawa, Michèle Rochette, gestionnaire de la direction des services en français, a rappelé que le conseiller Jean Cloutier avait participé à la réunion de fondation du réseau à Québec en octobre 2015.

«La Ville étudie présentement une proposition pour se joindre au réseau», a-t-elle déclaré par voie de communiqué. Une décision à cet effet sera prise tôt en 2016.

En proie aux critiques, le maire Watson préfère parler de bilinguisme pratique, c'est-à-dire, offrir des services bilingues lorsque cela s'impose sans y donner un caractère officiel. Les communiqués et avis au public sont bilingues. De plus, il y a de la traduction simultanée lors des délibérations des réunions du conseil municipal.

Lancé en octobre par trois villes fondatrices - Moncton, au Nouveau-Brunswick; Lafayette, en Louisiane; et la Ville de Québec -, le réseau veut valoriser le patrimoine francophone et les cultures d'expression française dans les Amériques. Il n'exige aucun investissement de la part d'une municipalité. Ce réseau - une initiative du maire de Québec, Régis Labeaume - vise notamment la création de circuits touristiques virtuels où le caractère francophone des villes, régions et quartiers sera mis en valeur. Le réseau a 11 millions de touristes francophones dans sa mire.

Cela ne peut être que bénéfique pour les petites régions isolées, avance M. Sigouin.

La communauté de Clare, en Nouvelle-Écosse, y croit. Selon le préfet Ronnie LeBlanc, le réseau va mettre l'accent sur le tourisme, ce qui attirera sûrement des visiteurs dans la région et une nouvelle clientèle, les Louisianais, peut-être, à l'Université Ste-Anne, plaque tournante des cours de français langue seconde.

«Quand on entrera dans Clare, il y aura des enseignes. On saura qu'on fait partie du réseau.»

Jusqu'ici, quelque 80 villes ont adhéré au réseau. Ni Toronto ni Vancouver ne sont de la partie.

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