Budget à Ottawa: des élus veulent taxer davantage

La volonté du maire d'Ottawa, Jim Watson, de limiter la hausse des impôts... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

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Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

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La volonté du maire d'Ottawa, Jim Watson, de limiter la hausse des impôts fonciers à 2% pourrait se buter à de l'opposition jeudi à Ottawa alors qu'il sera question du prochain budget municipal à l'hôtel de ville.

Des conseillers municipaux pourraient militer pour un plus grand taux d'imposition en vertu du trou financier auquel fait face la municipalité.

À la fin de l'été, un déficit anticipé de 52,5 millions $ a été annoncé pour 2015.

Qui plus est, une baisse de revenus de l'ordre de 36,3 millions $ est prévue l'année prochaine, ce qui inquiète certains élus de la table décisionnelle.

Quelques-uns des conseillers municipaux estiment que le temps est peut-être venu de renoncer à la promesse électorale du maire Watson pour éviter des compressions importantes dans les services aux citoyens.

La conseillère du quartier Somerset, Catherine McKenney est du nombre. À son avis, la cible de 2% est louable, mais elle ne veut pas non plus se lier les mains si jamais ce taux d'imposition est insuffisant. «Je ne suis pas prête à abandonner des services essentiels», dit-elle.

Toutefois, M. Watson tient mordicus à son 2%.

«La chose la plus simple pour un gouvernement est de hausser les taxes foncières. Cela ne prend aucun effort, aucune imagination et aucune initiative. Ce n'est pas quelque chose que je suis prêt à faire, a-t-il déclaré récemment. Lors de la dernière campagne fédérale, le conseil municipal s'est engagé à respecter une majoration maximale de 2%.»

Or, cette position tranchée froisse certains des décideurs de la Ville d'Ottawa.

«Je n'ai jamais fait campagne promettant un taux d'imposition de 2%», peste la conseillère de Gloucester-Southgate, Diane Deans.

Une autre doyenne du conseil municipal, Marianne Wilkinson du quartier Kanata Nord, abonde dans le même sens: «C'est sa promesse, pas la mienne.»

Watson prêt à convaincre

M. Watson mise toutefois sur des mesures enclenchées plus tôt cette année pour absorber le déficit et convaincre les récalcitrants d'adopter sa vision.

En tête de liste, la Ville a décidé d'imposer une «diète camion». Les quelque 23 millions $ consentis au préalable pour l'achat de nouveaux véhicules ont été révisés. Seuls les cas urgents seront considérés. Cette décision devrait permettre d'économiser 11,5 millions $. Par ailleurs, un gel d'embauche a été imposé et un frein a été mis à toute nouvelle dépense. La municipalité pige également dans les surplus de divers projets d'immobilisation complétés pour combler l'écart.

«Nous devons régler cette situation non seulement cette année, mais pour les prochaines aussi. Il semble exister un déficit structurel dans l'appareil municipal. Est-ce que cela veut dire qu'une hausse de 2% des taxes foncières par année est trop serrée?» se questionne le conseiller d'Alta Vista, Jean Cloutier, un comptable de formation.

La décision de limiter la hausse de taxes à 2% et un manque à gagner important pourrait donc forcer les élus à sabrer les services essentiels. C'est ce que les prochains budgets préliminaires de fonctionnement et d'immobilisations de la Ville d'Ottawa ainsi que ceux de la Commission de services policiers d'Ottawa et de celle du transport en commun, déposés jeudi, permettront de constater.

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